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Analyse

Tourisme: Fès gagne ses galons à l’international

Par L'Economiste | Edition N°:4432 Le 31/12/2014 | Partager
La ville classée dans top 50 de «travelandleisure.com»
Eductours, voyages de presse, publicité institutionnelle… 150 millions de DH pour la promotion
Une liaison avec Marrakech pour vendre un produit complémentaire

Quelque 150 millions de DH vont être investis pour mettre en oeuvre les axes prioritaires de la stratégie de l’ONMT. Celle-ci vise l’amélioration de la considération du territoire Maroc Centre (Fès-Ifrane-Meknès) ainsi que le renforcement de la desserte aérienne, la promotion auprès des distributeurs, et la communication

Tout est fait pour que Fès devienne une destination de référence, et des marques d’attention internationales commencent déjà à poindre. La capitale spirituelle vient d’être chaudement recommandée par le magazine de voyages américain «travelandleisure.com», parmi les 50 destinations à visiter absolument en 2015. Fès côtoie dans ce classement des villes prestigieuses comme Rotterdam ou encore New York. Pour le magazine qui a répertorié, le 22 décembre dernier, la capitale Idrisside au top 50, «Fès, classée patrimoine mondial de l’Unesco, a de nombreux atouts pour attirer les touristes et faire partie des plus belles régions du monde tant par ses douze siècles d’histoire, ses monuments, son patrimoine architectural et son rayonnement universel». Son musée vivant -la médina-, ses tanneries (Chouara, Sidi Moussa, Aïn Azliten), ses médersas et sa Qaraouiyine -la plus vieille université au monde (datant du IXe siècle)-, mais aussi ses hôtels de charme, ses remparts, ses places mythiques, et surtout l’âme de Fès qu’il faut vivre et découvrir. Une nouvelle qui réconforte les professionnels du secteur et qui devrait booster l’activité touristique. Déjà, depuis la révélation du classement de «travelandleisure», la ville reçoit des milliers de touristes pour les fêtes de fin d’année.
Les hôteliers (principalement les propriétaires de riads) et les restaurateurs affichent une grande satisfaction. Leurs clients dépensent entre 200 et 500 euros/jour. Il en est de même chez les bazaristes de la médina chez qui l’activité tourne à plein régime. A lui seul, le richissime homme d’affaires américain, David Rockefeller, qui était dernièrement en visite à Fès, aurait dépensé plus de 4 millions de DH pour des achats de produits d’artisanat en médina. L’hôte de marque, âgé de 99 ans, était à son 2e séjour au Palais Faraj à Fès après une première escapade en février 2014. «C’est ce genre de touristes que Fès cherche à séduire… des amoureux d’authenticité, d’artisanat et de culture», affirme Driss Faceh, fraîchement élu président du Conseil régional du tourisme (CRT de Fès-Boulemane). «Nous devons profiter pleinement de notre classement au top 50 et promouvoir notre prestigieuse destination par tous les moyens», renchérit le nouveau patron du CRT qui dit «avoir du pain sur la planche». A ce titre, de nombreuses actions seront menées en ce début d’année. Pour commencer, la promotion de Fès sera relancée en multipliant les éductours pour les agents de voyages et journalistes de la presse spécialisée. Les marchés émetteurs traditionnels ainsi que les principaux pays africains, gros réservoirs du tourisme religieux (tijanes) figurent au programme du nouveau président du CRT. Pour mettre en œuvre ses actions, ce dernier mise énormément sur l’apport de différents acteurs. En tête, l’ONMT (Office national marocain du tourisme) dont l’appui en matière de publicité institutionnelle est vivement sollicité. Le bureau d’Abderrafie Zouitene devrait financer la promotion de Fès à hauteur de 40 millions de DH. En effet, le plan marketing-communication CRT-Office prévoit des campagnes d’affichage publicitaire dans les métros, abris bus, aéroports… un peu partout dans les pays émetteurs. Essentielle pour installer de nouveaux positionnements pour la destination, la promotion sur les sites de voyages sera réactivée. En outre, Fès sera bel et bien présente dans les principaux salons et foires du tourisme. Son CRT envisage aussi la réalisation d’un plan d’information destiné aux touristes et d’un guide touristique. En attendant, les professionnels se réjouissent du lancement imminent d’une ligne aérienne reliant Fès à Marrakech, soutenue par l’Office. «Pour démarrer, nous prévoyons 3 dessertes hebdomadaires qui seront assurées par RAM. Par la suite, on pourrait avoir des fréquences quotidiennes», annonce Faceh qui qualifie ce vol d’une importante avancée visant à promouvoir deux destinations complémentaires (Fès et Marrakech). Enfin, le président du CRT propose l’augmentation du budget du plan triennal de l’ONMT. Au lieu d’une enveloppe initiale de 131 millions de DH, la destination «Maroc Centre» aurait besoin d’au moins 150 millions de DH afin d’atteindre les 700.000 touristes à l’horizon 2016. «A cet égard, nous comptons, en plus de l’ONMT, sur l’appui du ministère du Tourisme et les conseils élus», conclut-il.

Insécurité... une idée reçue?

AU-delà des clichés, Fès a longtemps souffert d’insécurité, comme elle a aussi souvent été le foyer de vives tensions au niveau estudiantin et salafiste. Une situation que les nombreux sécuritaires qui défilent «régulièrement» à la tête du commandement ont toujours du mal à redresser. Et qui pourrait créer des tracas à l’élan touristique. Toutefois, les autorités rassurent: «Fès est surtout victime de l’amplification des faits divers dans la presse. Sa médina, la plus grande du Maroc (300 ha), est gérée avec prudence. Ses habitants sont pauvres. Le secteur touristique leur apporte le développement économique et social et surtout  l’emploi. En plus, l’interaction avec la société civile et les comités de quartiers a généré un climat de sérénité et de sécurité», souligne, avec ardeur, Mohamed Dardouri, wali de Fès-Boulemane.
Selon lui, contrairement aux idées reçues, la situation sécuritaire à Fès «n’est pas plus grave qu’ailleurs». Les incidents qu’on y enregistre peuvent se produire dans n’importe quelle ville. Mais à Fès, la rumeur est plus intense. Ceci contribue à installer une psychose parmi des citoyens très politisés», ajoute le wali.

Vivement un palais de congrès

A Fès, les professionnels du tourisme réclament un palais des congrès de plus de 2.000 places. Leur ville pourrait, ainsi, devenir une destination de congrès et attirer une nouvelle clientèle. A cet effet, la réouverture de l’hôtel Jnane Fès, dont la salle de séminaire pouvant accueillir jusqu’à 1.000 personnes, est très attendue. L’établissement hôtelier pourrait abriter le 4e sommet de la Fédération mondiale des villes touristiques (World Tourism Cities Federation-WTCF). L’événement international est prévu pour septembre 2015. Cette manifestation aurait des retombées positives sur la destination Maroc dans son ensemble, si par chance le Royaume en était le récipiendaire.

Youness SAAD ALAMI

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