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Rétrospective 2014

Les illusions perdues de Benkirane

Par L'Economiste | Edition N°:4432 Le 31/12/2014 | Partager
Quelques prouesses en économie, mais beaucoup de déceptions en politique
Retour de la censure avec l’épisode d’Exodus
Retard sur le calendrier électoral

LE chef du gouvernement termine l’année, avec le moral en berne. La perte de son ami et compagnon de route Abdallah

L’alliance entre Salaheddine Mezouar et Abdelilah Benkirane a donné un nouveau souffle à l’exécutif, après la sortie de l’Istiqlal en 2013. Les ministres RNI ont réussi à imprimer du rythme à l’action économique du gouvernement, notamment via des plans de relance de l’Industrie ou du Commerce extérieur

Baha l’a secoué. Mais sur le plan politique, deux mauvaises affaires ont plombé l’image du pays au niveau planétaire. La première concerne la responsabilité de Mohamed Ouzzine dans l’hécatombe de la pelouse du stade Moulay Abdellah de Rabat. Le cauchemar des raclettes et des éponges pour absorber les eaux de pluie du stade hante les esprits. Dans la gestion de ce dossier, Abdelilah Benkirane n’a pas pris la véritable mesure de la catastrophe. C’est la riposte royale qui l’a sorti de sa léthargie. C’est d’ailleurs cette négligence à prendre les choses au sérieux qui avait fini par couvrir le « scandale du chocolat » il y a près d’une année. Pourtant, la bonne gouvernance dont il se prévaut exige une autre démarche, qui lie la responsabilité à la réédition des comptes, une disposition centrale de la Constitution de 2011.
L’autre affaire qui a fait le tour des médias au niveau international porte sur l’interdiction du film « Exodus, Gods and Kings » de Ridley Scott, dont une grande partie a été tournée dans la région de Ouarzazate. Avec l’annulation de sa programmation, après une première autorisation, Benkirane signe le retour de la censure au Maroc. D’ailleurs, beaucoup pensent que se cette réactivité s’étendait au traitement des dossiers économiques, le Maroc aurait franchi de nouveaux pas en avant. Le dossier de la réforme du système des retraites est un parfait exemple. Alors qu’il devait être

Les centrales syndicales ont tenu la dragée haute à l’équipe de Benkirane, avec différentes manifestations et un dossier revendicatif qui s’articule autour de plusieurs dossiers, dont celui de la réforme des retraites. Elles s’opposent à tout scénario qui porte atteinte au pouvoir d’achat des travailleurs

adopté au cours de cette année, juste après l’avis du Conseil économique, social et environnemental, le projet semble s’enliser. Pourtant, le chef du gouvernement a du réaliser les effets des réformes économiques sur les finances publiques. En instaurant l’indexation partielle sur les carburants, avant de les libéraliser, les charges de la Caisse de compensation ont été soulagées de près de 10 milliards de DH. La moitié de cette économie réalisée a servi à alléger le déficit budgétaire. L’autre moitié est partie pour financer des programmes sociaux.
Le bilan à mi-parcours du chef du gouvernement n’a pas été un moment fort de cette législature.
Cependant, la dernière prestation du chef du gouvernement, devant la Chambre des conseillers, début décembre, a semé le doute dans les esprits. Alors que Abdelilah Benkirane a annoncé l’arrivée de la décompensation du gaz butane et du sucre, Mohamed Louafa l’a contredit le soir même dans une émission de télévision. Un ministre qui désavoue publiquement son chef sans être rappelé à l’ordre, c’est surprenant. Le plus grave est qu’aucune décision n’est venue éclairer l’opinion publique.
Au cours de cette année qui s’achève, Abdelilah Benkirane a confirmé son goût prononcé pour la politique. Il a tenu à assister aux réunions, même régionales, de son parti le PJD. D’ailleurs, il sera servi en 2015, puisque le ministère de l’Intérieur a annoncé un calendrier électoral qui devra démarrer en mai prochain pour finir en septembre, avec le renouvellement de la chambre des conseillers. Ce processus comprendra également l’organisation des élections communales, régionales et celles des chambres professionnelles. Mais pour cela, il faudra adopter les projets de loi

Le scandale de la pelouse du stade Moulay Abdallah à Rabat, à l’occasion du Mondialito, est l’une des affaires qui a écorné l’image du Maroc à l’international. Mais le quiproquo qui a marqué la réaction du gouvernement a porté un coup à la crédibilité de l'équipe de Benkirane

organique sur la régionalisation et celle des assemblées territoriales. Sur ce dossier, le gouvernement enregistre un retard certain, surtout qu’il avait promis de sortir les textes suffisamment à l’avance pour que les partis politiques puissent bien s’y préparer.
Benkirane aura passé plus d’une année avec sa nouvelle majorité. Ses chefs se réunissaient mais pas aussi régulièrement que la charte de la majorité le prévoyait. Pour justifier ces manquements, on invoquait des prétextes comme les déplacements fréquents à l’étranger de Salaheddine Mezouar (ministre des Affaires étrangères), la préparation des congrès du MP et du PPS,…Mais une chose est sûre : l’entrée du RNI au gouvernement devait donner un coup d’accélérateur à l’action de Benkirane II. Des portefeuilles confiés à des ministres de ce parti ont finalement dynamisé le volet économique. En effet, Moulay Hafid El Alami a donné un coup de fouet au plan Emergence industrielle, en convaincant le gouvernement de le doter d’un fonds de développement industriel, avec une mise de départ de 3 milliards de DH. Mohamed Boussaid a d’abord fait adopter la réforme de la loi organique des finances, même si certains de ses articles sont rejetés aujourd’hui par le Conseil constitutionnel. Il a également permis le retour de la normalité dans l’exécution de la loi de finances, sans coupure dans le budget d’investissement public ni l’arrêt des

Si le calendrier électoral a été dévoilé il y a quelques mois, avec des échéances étalées sur l’année prochaine, entre mai et septembre, la mise en place des lois réglementant cette opération accuse encore du retard

paiements deux mois avant la fin de l’année. Cette action s’est accompagnée d’une réduction programmée du déficit budgétaire et le retour progressif des équilibres macro-économiques. Mohamed Abbou a élaboré une nouvelle stratégie de promotion des exportations, après une caravane qui a sillonné le pays à la rencontre des exportateurs dans les régions du Maroc. Anis Birrou a soigneusement mis en oeuvre de la stratégie royale en matière de régularisation des émigrés clandestins. Avec à la clé, la préparation de trois projets de loi dont l’un sur le droit d’asile, la traite et l’immigration. Mbarka Bouaida a relevé le défi de l’organisation du 5ème édition du sommet global de l’entreprenariat à Marrakech, avec la présence du vice-président américain Joe Biden.


M. C.

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