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Tribune

Une deuxième génération de réformes
Par Khalil EL FASSI

Par L'Economiste | Edition N°:4388 Le 28/10/2014 | Partager

Dans un contexte international marqué par une crise économique profonde qui participe

Khalil El Fassi est gérant de Sia Partners Maroc, cabinet de conseil en stratégie et management (Ph. K.E)

depuis 2008 à la reconfiguration des rapports de force à l’échelle mondiale, le Maroc voit émerger les prémices d’un débat fondateur pour son avenir, celui de l’évolution de son modèle économique portant l’ambition d’émergence de toute une nation.
En effet, si le Maroc a réussi depuis le début des années 2000 à générer un cycle de croissance positif construit sur le triptyque Infrastructure, Logement, Agriculture, force est de constater que depuis la fin de l’année 2011 l’économie nationale est impactée à son tour par les conditions économiques difficiles, qui découlent de la crise.
Le Maroc s’est pourtant doté d’un cadre riche, englobant des stratégies sectorielles (plan Azur, Emergence, etc.) qui projetaient de donner de la visibilité aux opérateurs économiques nationaux et internationaux afin de les inciter à accompagner l’ambition du pays à diversifier et à valoriser son économie. Que s’est-il donc passé?
Sans prétendre opérer une évaluation exhaustive des politiques publiques, il semble aujourd’hui qu’un certain nombre de réalités fassent consensus.  
1-La difficulté d’une mise en œuvre concrète de visions stratégiques qui n’ont peut-être pas assez anticipé les réalités liées au contexte de leur déploiement. 
2-La nécessité d’outiller le Maroc au niveau de sa gouvernance pour améliorer la convergence des objectifs stratégiques recherchés et ainsi limiter l’effet «silo» au niveau de leur mise en œuvre. (Que faire concrètement quand le plan Azur met en avant le balnéaire et que la Stratégie nationale d’efficacité énergétique promeut la préservation de l’eau...).
3-La nécessité d’accompagner efficacement l’administration dans sa capacité à porter des projets à l’ambition structurante (lever les rigidités associées à certains statuts, sécuriser une meilleure diffusion de la culture projet,…).
4-Le rôle pivot que joue la dépense publique au niveau des conditions de développement du secteur privé (cf. l’épisode des coupes liées au budget 2013).
A ce titre, le contexte de crise actuel pourrait paradoxalement constituer une opportunité plutôt qu’un frein pour notre pays: la conjonction des chocs exogènes et des lourdeurs endogènes font aujourd’hui de la réforme une nécessité partagée par tous.

Si le Maroc a réussi depuis le début des années 2000 à générer un cycle de croissance positif construit sur le triptyque Infrastructure, Logement, Agriculture, force est de constater que depuis la fin 2011 l’économie nationale est impactée à son tour par les conditions économiques difficiles, qui découlent de la crise

Néanmoins la réforme, concept souvent galvaudé au niveau du débat public, revêt plusieurs formes et recouvre plusieurs objectifs.
Les réformes paramétriques à l’instar de celle des retraites en France ou de la réforme de la Caisse de compensation au Maroc visent avant tout à créer les conditions d’une viabilisation d’un schéma préexistant. Les réformes de structures telles que la prochaine réforme de la Régionalisation avancée par exemple visent plutôt à consacrer dans la durée une nouvelle réalité favorisant le développement économique, enfin les réformes de fonctionnement visent quant à elles à moderniser l’Etat au service du développement économique.
Le Maroc pourrait donc préparer les conditions de sa sortie de crise en tirant les enseignements des difficultés passées et en mettant en œuvre une nouvelle génération de réformes, plus immatérielles par essence mais toutes aussi porteuses en termes d’impact sur le développement du pays.
A ce titre, si la séquence électorale qui s’ouvrira en 2015 et 2016 porte le risque de favoriser une forme de prudence excessive dans la conduite du changement, elle n’en demeure pas moins une fenêtre de tir réelle pour fluidifier les points de blocage qui auraient pu entraver une mise en œuvre idoine de l’ambition stratégique nationale.

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