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Economie

Entrepreneuriat/Innovation
Le changement viendra des jeunes

Par L'Economiste | Edition N°:4388 Le 28/10/2014 | Partager

Pour Jeff Hoffman, les temps changent. Selon lui, les jeunes sociétés marocaines ont tout pour réussir à condition qu’elles persévèrent et qu’elles innovent

Optimiste à toute épreuve, Jeff Hoffman, entrepreneur à succès et conseiller du président Barack Obama, trouve que les entreprises marocaines doivent s’ouvrir sur le monde et partir à la conquête de nouveaux marchés. «Sans risque, il n’y pas d’opportunité», martèle-t-il. Présent lors de la CEED Global Annual Conference à Casabalnca la semaine dernière, il pense également que la génération actuelle des jeunes peut, grâce à sa capacité de communiquer, accélérer la croissance.

- L’Economiste: Dans le contexte actuel de crise, beaucoup d’entreprises ont du mal à investir et produire. Que préconisez-vous à ces entreprises mises à mal par le manque de liquidité et de confiance?
- Jeff Hoffman: Elles doivent persévérer, continuer de travailler sans relâche  pour trouver des solutions. Elles doivent se faire confiance entre elles d’abord. Bien sûr, il est toujours risqué de faire confiance aux autres. Mais la récompense est bien plus importante que la prise de risque. Les entrepreneurs ne doivent pas hésiter à saisir les opportunités qui se présentent sur leur chemin. C’est d’ailleurs la plus grande caractéristique du bon entrepreneur: la capacité de saisir les opportunités. Si vous ne prenez pas de risque, vous n’êtes pas un bon entrepreneur.

- Au Maroc, une bonne partie du PIB se cache dans l’informel: des sociétés qui sont généralement mal organisées et n’ont pas beaucoup d’ambition ou ne savent pas comment grandir…
- C’est un problème mondial qui n’est pas propre au Maroc. La jeune génération marocaine n’a pas ce profil. J’en ai rencontré beaucoup lors de la CEED Global Annual Conference. Ils ne sont pas dans cet esprit. Au plan démographique, la planète est très jeune aujourd’hui. Et c’est le cas aussi au Maroc. Il y a une immense différence entre cette génération et celles qui ont précédé. Dans le passé, les gens qui ont grandi au Maroc ne connaissaient que leur pays avec ses limites, ses problèmes et ses possibilités, etc. Après l’avènement des réseaux sociaux, ces problématiques se sont unifiées et, avec elles, les solutions. Ils savent maintenant qu’il y a plusieurs façons pour traiter un problème. Un entrepreneur marocain parle à ses semblables partout dans le monde et communique avec eux.

- Cette «hyper-connectivité» accentue aussi la concurrence…
- C’est vrai. Et ce n’est pas le seul risque: nous allons perdre beaucoup de ces entreprises qui vont partir ailleurs. C’est une problématique à laquelle le Maroc doit trouver une solution. Comment empêcher les jeunes de partir là où il fait mieux d’investir? C’est un débat qu’il faut lancer dans votre pays.

- En même temps, ce sont les entreprises marocaines qui souffrent de l’arrivée de grands groupes internationaux…
- Les conglomérats ne connaissent pas le Maroc quoi qu’elles puissent dire. Elles ne sont pas imprégnées par sa culture et ne parlent pas le même langage que leurs clients. Donc, il y aura toujours une place pour les petites sociétés marocaines qui veulent innover parce qu’elles sont nées ici, savent ce que veulent leurs clients et connaissent leurs valeurs. Les conglomérats ont leurs moyens mais les petites entreprises marocaines ont leur proximité culturelle du client.
- Inversement, trouvez-vous que les entreprises marocaines peuvent aller sur d’autres marchés?
- Nous avons rencontré ici des entreprises marocaines qui construisent des technologies très impressionnantes et qui iront rivaliser avec des entreprises américaines sur d’autres marchés. C’est la même globalisation dont le Maroc a peur qui fera que ses entreprises iront grandir ailleurs. Les entrepreneurs doivent penser à une économie globale. Il faut choisir sagement les marchés pour éviter les mauvaises surprises. Mais ces entreprises marocaines vont mûrir et croître. Ce n’est même pas question de volonté, elles n’ont que ce choix. 

- Les différences culturelles ne constitueront pas des obstacles à leur réussite?
- Il est vrai qu’il faut du temps pour qu’elles s’adaptent. J’ai voyagé un peu partout dans le monde, et je peux vous dire que de jeunes dirigeants prennent les rênes dans le monde. Et ils sont différents de leurs prédécesseurs. Du coup, la question n’est pas de savoir si les barrières culturelles vont un jour s’estomper, mais combien de temps aura-t-on besoin pour s’en débarrasser?. Toutefois, les entreprises marocaines doivent trouver des réponses aux besoins de leurs clients ici avant d’aller ailleurs.  Si elles tardent à le faire, ce sont d’autres entreprises qui vont le faire. Le consommateur, lui, ne demande qu’une réponse à ses besoins. La nationalité de l’entreprise l’importe peu.

Bio-express

Jeff Hoffman est un entrepreneur à succès. Il a été le fondateur de plusieurs start-up et PDG d’entreprises publiques et privées dont Priceline.com. uBid.com, CTI, ColorJar, entre autres. Il est également conseiller de Barack Obama en entrepreneuriat et innovation.

Propos recueillis par Mehdi LAHDIDI

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