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    Justice

    Affaire Drapor
    Jakhoukh contre Jakhoukh

    Par L'Economiste | Edition N°:4386 Le 24/10/2014 | Partager
    Un rapport d’audit à l’origine de l’accusation
    Après la saga africaine, la saga judiciaire
    La défense demande la liberté provisoire

    L’affaire Drapor se tient dans la petite salle d’audience n°4 du tribunal correctionnel de Casablanca. Celle-là même où se déroulent plusieurs procès très suivis: détournement des trafics télécoms à l’international, l’effondrement des immeubles de Bourgogne, affaire KIA…

    L’affaire Drapor intrigue! Le procès en cours et qui a repris le 22 octobre devant le tribunal correctionnel de Casablanca s’apparente plus à une tragédie familiale. Jakhoukh père, acquéreur en 2007 de la société marocaine de dragage des ports (Drapor), a fini par assigner son fils Tarik en justice. Le patriarche, Lahcen Jakhoukh, a émigré dans les années 1970 au Gabon et y a fait fortune.
    Deux autres prévenus, Mohamed Bachiri et Redouan Roudabi, comparaissent avec son fils  en détention préventive depuis début juillet 2014. 8 autres personnes sont embourbées dans ce procès pénal. La plupart des mis en cause avaient de hautes fonctions managériales au sein du Groupe Drapour World et ses filiales (Drapor, Rimal, Medocéan). Chacun en ce qui le concerne est accusé d’abus de biens sociaux, d’abus de confiance, de faux et usage de faux, d’atteinte au système automatisé de traitement des données…
    Face au juge, Me Abdelkbir Tabih évoque «un dossier bizarre: un père qui porte plainte contre sa femme et son fils qu’il met en prison». Qualifié de «falsificateur» par la défense, un rapport d’audit constitue la pièce-maîtresse de l’accusation. Mandatés par Lahcen Jakhoukh, les consultants du cabinet français Segec épluchent les comptes. C’est sur la base de présumées incohérences de gestion et pertes financières subies par Drapor qu’une plainte est déposée auprès du parquet de Casablanca. La machine judiciaire se met en branle pour donner in fine une affaire énigmatique. Quel est le vrai du faux dans cette histoire? L’une des grandes leçons apprises dans les prétoires est de ne jamais prendre pour argent comptant tout ce qui est écrit et dit. Les débats de fond entre les protagonistes finissent  souvent par dégonfler l’accusation ou l’inverse.
    Ce face-à-face entre la défense d’un côté, la partie civile et le procureur du Roi de l’autre n’est qu’à ses débuts. La défense s’interroge malicieusement: «Pourquoi n’a-t-on pas pris en compte la contre-expertise judiciaire?» Celle-là même qui aurait mis à plat les prétendues conclusions «accablantes» relevées par les auditeurs initiaux. Le ministère public estime en revanche que «le rapport de Segec suffit dans la mesure où il est en relation avec l’affaire». L’accusation botte ainsi en touche la contre-expertise assurée par Mohammed Kabbaj.
    La défense n’en démord pas pour autant: «Les pertes accusées par Drapor? Il n’y a aucun moyen de les vérifier. De même, rien ne prouve que des sociétés ont été créées».
    Ces clins d’œil au fond du dossier ont un but. Soutenir une requête quasi classique en matière pénale: l’obtention de la liberté provisoire des trois personnes incarcérées au pénitencier d’Oukacha. L’un des avocats rappelle que leur interpellation remonte au 2 juillet alors que l’instruction n’a démarré qu’en septembre 2014!  L’enquêteur en chef, magistrat évidemment, «n’a pas tenu compte de l’expertise judiciaire. Décisive pourtant pour les droits de la défense». Le tout pour arriver à la conclusion suivante: «Vu la complexité financière et juridique de ce dossier, le tribunal doit prendre son temps. La détention préventive ne servira donc à rien», soutient la défense. Celle-ci demande la liberté provisoire sous caution de ses clients. Le tribunal compte délibérer sur cette demande le 27 octobre.
    Un fait a surpris l’assistance. La partie civile n’a pas été présente. Elle qui a remué ciel et terre pour en arriver au prétoire. L’absence des avocats de Drapor ne fait pas obstacle à la tenue de l’audience. En matière pénale, le ministère public demeure la voix de l’accusation. L’affaire qui rappelle le roman «Le nœud de vipères», de François Mauriac, reprendra fin octobre 2014.
    Faiçal FAQUIHI

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