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Economie

El Malki: Le gouvernement croit encore au miracle

Par L'Economiste | Edition N°:4310 Le 03/07/2014 | Partager
«Les hypothèses de la loi de finances n’étaient pas réalistes»
Le chômage et la précarité pourraient exploser

Habib El Malki, président du Centre marocain de conjoncture: «Les hypothèses à partir desquelles la loi de finances a été élaborée n’étaient pas réalistes»

Au lendemain de la confirmation par le Haut commissariat au plan (HCP) d’une croissance plus que molle (voir L’Economiste du vendredi 27 juin 2014), Habib El Malki, président du Centre marocain de conjoncture (CMC), dit ne pas être surpris parce que son institut avait été le premier à prédire au printemps ce ralentissement de l’économie. Le CMC indiquait alors que le PIB ne croîtrait pas au-delà de 2,6%, taux confirmé dans ses prévisions actualisées fin avril. Faut-il y voir l’«effet deuxième mi-temps» de difficultés rencontrées par nos partenaires européens?
Toujours est-il que les trois principaux organismes qui fabriquent les prévisions économiques -Bank Al-Maghrib, HCP et CMC- ont confirmé leurs premières projections dans une fourchette qui varie de 2,5 à 3%, bien loin des 3,5 à 4% qu’espère encore le gouvernement. La loi de finances a été bâtie sur l’hypothèse de 4,2% de croissance, soit un écart de 1,5 point par rapport aux calculs du HCP et du CMC. «Le gouvernement est encore le seul à croire au miracle», ironise le président du Centre marocain de conjoncture. Le coup de froid actuel sur la croissance était prévisible car les hypothèses de la loi de finances n’étaient pas réalistes, observe Habib El Malki. Que la croissance ne décolle pas veut dire surtout que la politique économique ne donne pas des résultats escomptés et que le temps est venu pour accélérer la mise en œuvre des plans sectoriels, insiste le patron du Centre marocain de conjoncture qui est aussi une des figures de l’USFP, aujourd’hui dans l’opposition.
Dans la grille de notation des performances de l’économie, le CMC accorde une note B- à la croissance sur une échelle décroissante qui va de A à C. Pour ses analystes, c’est tout le modèle de croissance basé sur l’impulsion d’une demande intérieure, elle-même nourrie par des importations massives de biens de consommation courante, qui montre ses limites. Il ne fait qu’accentuer le mécanisme de transfert d’une grande partie des effets emplois et revenus vers l’étranger, soulignent les analystes du CMC.  
Avec une croissance atone et pauvre en emplois (56.000 postes seraient créés cette année dont une grosse partie non qualifiée), El Malki redoute une remontée du chômage, 10% actuellement, et une extension de la précarité. Au 1,1 million de personnes sans emploi viendront s’ajouter des dizaines de milliers de jeunes fraîchement diplômés attendus sur le marché dans quelques semaines.

La grille de notation du CMC

En plus de ses publications régulières, le Centre marocain de conjoncture porte une appréciation qualitative sur des secteurs et/ou thématiques économiques. Son évaluation est basée sur une grille de notation allant de A à C, elle-même étalonnée en trois niveaux. Dans son dernier «tableau de bord» de juin 2014, le Centre passe au crible six principales thématiques: les réformes structurelles, la croissance, les échanges extérieurs, le tourisme, l’industrie et le marché du travail.
De tous ces domaines, le marché du travail et les réformes structurelles sont ceux qui décrochent la plus mauvaise note, C-. Pour le premier cas, le CMC justifie sa notation par la persistance des dysfonctionnements structurels auxquels les pouvoirs publics ont du mal à apporter une réponse concrète. Les fractures sectorielles et territoriales du marché de l’emploi s’alimentent d’une forte asymétrie entre le secteur dit protégé et le secteur informel d’une part, et entre secteur public et privé d’autre part. Il y a de fortes chances que le chômage continue d’augmenter, car il faudra au moins 7% de croissance pour espérer réduire le nombre de demandeurs d’emploi.
Les réformes structurelles n’avancent pas assez vite, souligne le CMC. La décompensation des produits pétroliers est un beau succès du gouvernement, elle a permis de relâcher la pression sur le budget. Mais pour le Centre, c’est peut-être l’arbre qui cache la forêt de l’inaction sur d’autres chantiers: l’éducation nationale, la parité homme-femme, l’élargissement de l’espace démocratique, etc. Le tourisme dont les performances résistent à la crise chez nos partenaires européens (+13% attendus au 1er semestre), se voit gratifier avec l’industrie de la note B, la plus élevée de tout le tableau de bord décrypté par le CMC. Reste à mobiliser les ressources pour mettre sur orbite la Vision 2020. Les échanges extérieurs avec la note C+ pâtissent d’un déficit commercial chronique qui neutralise pour l’instant les bonnes performances à l’export de quelques secteurs, l’automobile et le phosphate.

A. S.

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