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    Competences & rh

    Inspecteurs du travail
    Le métier toujours menacé «d’extinction»!

    Par L'Economiste | Edition N°:4200 Le 28/01/2014 | Partager
    Très peu de postes budgétaires accordés et pas de relève
    Aucune formation dédiée à ce jour
    Les inspecteurs de la CNSS et ceux de l’Emploi, bientôt en tandem?

    Source: Ministère de l’Emploi
    Il n’existe que 385 inspecteurs du travail opérant dans les différentes délégations du travail des 16 régions du pays. Chacun d’entre eux doit effectuer 15 à 20 visites dans les entreprises par mois

    LES inspecteurs du travail ne sont pas au bout de leurs peines. Ils devront encore une fois travailler en effectif réduit. Cette année, à peine 5 postes budgétaires ont été accordés au ministère de l’Emploi. En 2013, le département de Abdeslam Seddiki n’avait décroché que 9 postes, tous réservés aux médecins du travail, sur un total de 24.290. En 2012, aucun ne lui avait été octroyé, alors que 26.204 postes étaient prévus par la loi de Finances. Le gouvernement s’était pourtant engagé, suite au round de dialogue social d’avril 2011, à attribuer beaucoup plus de places sur 2 ans, afin de remédier au déficit flagrant dans la profession. Il n’existe que près de 385 inspecteurs opérant dans les différentes délégations (voir tableau). Trop peu pour couvrir tout le territoire.
    Il n’y a pas vraiment eu de recrutement depuis 2003, mis à part quelque 24 ingénieurs inspecteurs du travail formés durant le mandat du ministre Jamal Aghmani (2007-2012). Dix ans après, les syndicats parlent toujours de menaces «d’extinction» du métier, puisque les recrutements se comptent sur les doigts de la main et il n’y a aucune relève après les départs à la retraite. 
    Il faut dire qu’à la base, il n’existe aucun institut ni formation dédiés aux inspecteurs du travail. Il n’y a donc pas de profils préparés pour assurer cette fonction nécessitant plusieurs compétences en droit, sécurité, hygiène,… Aucun critère de recrutement n’est exigé, si ce n’est un diplôme en droit. L’apprentissage se fait sur le tas, et chacun se débrouille comme il le peut! «Des actions de formation sont organisées de temps à autre, mais il n’y pas de dispositif solide», regrette Abdessamad Assim, secrétaire général du syndicat national des inspecteurs et des fonctionnaires du ministère de l’Emploi, affilié à l’UMT.
    Des initiatives ont par ailleurs vu le jour, mais ont fini par être arrêtées. Ce fut le cas du Réseau des inspecteurs formateurs (RIF) lancé en 2005 dans le cadre d’un programme américain. Le projet, qui avait profité à quelque 13 inspecteurs et qui avait abouti à l’élaboration d’un guide de méthodologie des visites, a fini par être abandonné. «Cette situation est surtout le fait des restrictions budgétaires. Le département de l’Emploi fait partie des plus pauvres du gouvernement!» confie le ministre de l’Emploi, Abdeslam Seddiki. «Nous comptons faire plus d’efforts en matière de formation, notamment à travers la coopération internationale», assure-t-il. Seddiki annonce également une réflexion autour d’une mise en commun des RH du ministère avec celles de la CNSS. Les inspecteurs des deux organismes pourraient ainsi procéder ensemble à des tournées. «Envoyer 2 ou 3 inspecteurs dans les visites permettrait de prévenir les abus. D’autant plus que les entreprises qui ne respectent pas la protection sociale ne respectent pas non plus la législation du travail», explique le ministre.
    Toutefois, cela n’arrangerait pas vraiment la situation, selon les inspecteurs du travail, qui contestent également leurs conditions d’exercice. La profession a bénéficié en 2008 d’un statut particulier, mais qui reste à ce jour largement contesté. «Ce statut n’a apporté aucun avantage aux inspecteurs du travail», estime un inspecteur à Casablanca. Une mesure à «zéro dirham», selon les syndicats, qui n’a pas non plus résolu les principales difficultés rencontrées sur le terrain. Surtout en matière de rédaction des PV liés aux infractions du travail (voir interview). «Le seul point positif était l’introduction du grade d’inspecteur général du travail en 2008. Mais personne n’en a profité à ce jour», précise Assim.
    Les syndicats du secteur ont d’ores et déjà envoyé des courriers au ministre de l’Emploi en vue d’organiser des rencontres autour de toutes ces questions. Mais aucun rendez-vous n’a encore été accordé.
    Dans ces conditions, difficile d’assurer le respect de la législation du travail. La majorité des entreprises enfreignent le code du travail sans pour autant être inquiétées.

    Des délégations sans statut juridique!

    «IL existe plusieurs délégations de l’Emploi créées sans statut juridique, parfois même sans siège», dénonce Abdessamad Assim. Du coup, ses responsables ne perçoivent pas d’indemnités. Une situation surprenante qui dure depuis 20 ans pour certaines d’entre elles. C’est le cas de celles de Dakhla, Ifrane, Berkane, Taroudant,  Bernoussi-Zénata,… Le ministère serait donc lui-même en situation d’infraction.

    Ahlam NAZIH

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