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    La mission laïque défend ses priorités

    Par L'Economiste | Edition N°:4200 Le 28/01/2014 | Partager

    Jean-Christophe Deberre, DG de l’Osui: «Il ne faut, bien évidemment, pas entraîner les parents vers des tarifs excessifs, car il y aurait un risque d’éviction pour certaines familles»

    La Mission laïque française, plus connue sous le nom d’Osui, constitue avec l’AEFE la deuxième composante de l’offre éducative française au Maroc.
    Grèves des profs, hausse des frais de scolarité, transfert à Bouskoura... dans cet entretien, son DG, Jean-Christophe Deberre, fait le point sur les dossiers chauds.

    - L’Economiste: Les dernières grèves du 16 janvier semblent traduire un vrai malaise au niveau du corps enseignant...
    - Jean-Christophe Deberre: L’Osui a plus de 15 ans d’âge, c’est donc un organisme qui a atteint l’âge adulte. Son développement a été rapide, il a fallu en très peu de temps organiser, recruter des professeurs en grand nombre, concevoir des relations avec les parents, investir,… Mais aujourd’hui, même si le développement se poursuit, il faut stabiliser les choses, clarifier un certain nombre de points. Ces derniers mois, nous avons entrepris ce processus, notamment à travers l’élaboration de statuts de l’Education nationale française qui soient adaptés au contexte local.

    - C’est justement ce qui fait polémique aujourd’hui…
    - A partir du moment où l’on clarifie les choses, des questions se posent. Surtout en ce qui concerne les avantages sociaux qui diffèrent lorsque l’on passe d’un statut à l’autre. Or, comme vous le savez, l’organisation de l’enseignement en France et au Maroc est animée par des représentations syndicales exigeantes qui n’hésitent pas à exercer leur droit de grève. C’est ce qui s’est passé il y a quelques jours. Nous avons reçu les représentants du personnel, et il me semble qu’il est tout à fait possible de donner satisfaction à un certain nombre de demandes.

    - Quels sont les points sur lesquels il y a consensus?
    - Globalement, les revendications portent sur deux volets. Sur l’écart qu’il peut y avoir entre les dispositions s’appliquant aux fonctionnaires en France, et celles de mise pour les fonctionnaires évoluant dans un contexte privé étranger. Par ailleurs, nous avons un projet pédagogique qui exige une organisation particulière différente de celle que l’on trouverait en France. Les professeurs souhaitent donc savoir comment nous pouvons rémunérer ces dispositifs. J’ai fixé plusieurs caps en vue de produire des résultats. Je pense que nous allons finir par tomber d’accord.

    - Avec cette contestation du statut des détachés français, les parents craignent que le système ne soit plus assez attractif pour les meilleurs profs…
    - Le traitement que nous réservons au personnel titulaire de l’Education nationale française, qui représente 40% de nos effectifs, est comparativement favorable, pour toute une série de raisons: la rémunération, les indemnités qui accompagnent la vie locale, les enveloppes pour les déplacements familiaux,... D’ailleurs, nous n’avons pas de crise de recrutement. C’est ce qui nous autorise aussi à être plus exigeants à l’égard des candidats. Nous ne les recrutons plus de manière anonyme.
    - Votre offre éducative semble saturée avec des classes de 30 élèves?
    - Les effectifs, que nous trouvons nous-mêmes parfois excessifs, notamment dans les petites classes, sont dus à l’énorme pression de la demande. C’est surtout le cas à Casablanca, Rabat, et peu à Tanger.  Ailleurs, dans des villes comme Agadir, Marrakech, ou encore El Jadida, la moyenne varie entre 22 et 27 élèves. Mais même si les parents aimeraient bien que les classes soient allégées, personne ne peut dire qu’il s’y fait un mauvais travail. Toutefois, nous avons pour objectif de baisser les effectifs.
    - Où en êtes-vous concernant votre projet de déménagement à Bouskoura?
    - Nous progressons. Après avoir signé le bail sur le terrain l’année dernière, une équipe de professionnels programmistes s’est mise au travail. Il reste à présent à trouver le bon montage financier. Pour l’instant, rien n’est arrêté.

    - Comment allez-vous financer ce transfert, sachant que vous êtes toujours redevables d’une contrepartie financière à la CFCIM qui vous a aménagé le site de Aïn Sebaâ depuis 2009?
    - En effet, nous avons commencé à discuter avec la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc à ce propos. Je suis persuadé que nous trouverons un bon terrain d’entente. Mais le vrai sujet c’est que l’immense majorité des effectifs de Massignon est dans la zone sud de Casablanca. Elle est obligée, tous les jours, de migrer vers la zone nord, ce qui s’avère extrêmement compliqué. C’est vrai que nous sommes bien installés dans le site que la CFCIM a construit pour nous, mais le malaise est depuis le départ assez important.

    - L’arrivée de l’enseigne Osui à Bouskoura peut faire l’affaire de la spéculation immobilière, doper le cours du foncier...
    - Tout établissement scolaire réputé qui s’installe quelque part a un effet immédiat sur l’immobilier. Nous n’y pouvons rien. Si nous étions des commerciaux, nous essaierions de voir quel bénéfice nous pouvons en tirer, mais ce n’est pas le cas. En revanche, cette délocalisation n’aura de sens que si nous avons un établissement de haute qualité environnementale, architecturale et pédagogique. Pour nous, c’est le vrai enjeu.

    - Vous offrez actuellement un dispositif perfectible peut-être mais qui marche. Ne craignez-vous pas de vous lancer dans l’inconnu avec un modèle «concentré», mais risqué, avec une population de 3.500 élèves sur un seul site?
    - Ce n’est pas un risque mais plutôt une chance. Ce sera un modèle intégré avec plus de confort pour les élèves, les familles et les équipes. Nous aurons tout dans le même espace. Nous comptons avoir des équipements sportifs de haut niveau, des laboratoires et des points de restauration plus étudiés,… Nous intégrons tous les risques dans la conception même de l’établissement, à la fois en termes de circulation, de séparation des classes d’âge,...
    Par ailleurs, nous saurons nous contenir en effectifs. Il existe un seuil qu’il n’est pas possible de dépasser. Nous nous sommes aussi préparés. L’équipe d’encadrement est désormais plus solide avec plusieurs directeurs d’écoles, plusieurs proviseurs adjoints et conseillers d’éducation. Les familles marocaines craignent finalement les effets de la vie moderne. L’insécurité, la circulation, la consommation de produits illicites lorsqu’il y a une grande concentration d’élèves… Les parents peuvent être sûrs que tout cela fera l’objet d’une concertation extrêmement forte.

    - Les parents sont surpris de découvrir à chaque trimestre une hausse des frais de scolarité...
    - Il ne faut, bien évidemment, pas entraîner les parents vers des tarifs excessifs, car il y aurait un risque d’éviction pour certaines familles. Cela dit, les parents ne rechignent pas devant le prix, pourvu que ils aient l’assurance d’un bon encadrement et d’un suivi des élèves jusqu’à la réussite finale. Ils veulent surtout de la visibilité, de la sécurité et de la justification. Désormais, les chefs d’établissement présenteront la programmation des augmentations sur les 3 ans à venir. C’est aussi bénéfique pour les établissements, car ça dédramatise le sujet et permet de se concentrer sur le projet d’éducation.

    Quatre sites en un

    L'OSUI compte près 8.000 élèves dont 3.000 rien qu'à Casablanca. A l'issue du projet de transfert à Bouskoura, lequel continue de nourrir des interrogations sur des modalités financières et techniques, le réseau doit y redéployer l'ensemble des 4 sites de la métropole économique: 3 écoles primaires à Mers Sultan, Aïn Sebaâ et Val d’Anfa, ainsi qu’un collège-lycée à Aïn Sebaâ. Un déménagement qui a obtenu au mois d'avril (cf. l'Economiste du 29/04/2013) l'aval officiel de Mohamed Boussaid, ex-wali, ainsi que du maire, Mohamed Sajid. Au terme de cet accord, l'Osui se voit mettre à disposition pendant 30 ans un terrain du domaine public de 6 hectares pour permettre au groupe d'y redéployer l'ensemble de ses sites casablancais.

    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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