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Economie

Sale temps pour la clémentine marocaine

Par L'Economiste | Edition N°:4169 Le 11/12/2013 | Partager
Le petit fruit vendu à perte sur plusieurs marchés
L’interprofession revoit à la baisse les prévisions d’exportation
Réunion aujourd’hui du Comité de coordination des agrumes

La production agrumicole devrait atteindre 2,2 millions de tonnes selon les statistiques officielles. Mais l’interprofession ne prend en considération que le volume qui transite par les stations de conditionnement (tout-venant). Cette année, il est estimé à 970.000 tonnes. Mais le volume export prévu initialement à 638.000 sera revu à la baisse d’au moins 20%.

LE produit phare de l’agrumiculture nationale, la clémentine en l’occurrence, est bradé. Jusqu’à la dernière semaine du mois de novembre, la tonne de ce petit fruit, a priori sans pépin, était cédée à peine à 300 dollars sur le marché russe, soit 2,50 DH/kg. Un niveau voisin de la moitié des frais d’approche supportés sur ce débouché. Et la perte a concerné quelque 40.000 tonnes. «Sur d’autres destinations européennes, la moyenne des cours ne couvrait guère le prix de revient», déplore un producteur du Souss. Sans oublier que le marché intérieur ne permet pas non plus une compensation des pertes. Certes, les prix au détail, restent d’un niveau assez élevé mais sans commune mesure avec la recette du producteur. «A titre d’exemple, les écarts de triage de la clémentine ont été commercialisés en moyenne entre 0,30 et 0,40 DH/kg contre 3 DH au niveau du marché de détail», précise un conditionneur casablancais. Le même rapport est également constaté pour les petits fruits vendus avec feuilles : 2 DH/kg maximum pour le producteur contre 7 DH minimum chez le détaillant. Pis encore, les oranges à jus de la campagne écoulée sont cédées dans les grandes et moyennes surfaces pratiquement au même prix que celui des bananes d’importation. Un signe manifeste de la suprématie des intermédiaires qui continuent d’imposer leur propre loi de l’offre et de la demande. Au grand dam bien évidemment du producteur et du consommateur.  Sinon comment expliquer le fait que le record de la production n’ait point impacté les prix sur le marché local. «Au contraire, même avec la perspective d’un volume de 2,2 millions de tonnes dont les trois quart y seront écoulés, le Maroc importerait l’équivalent de 50.000 tonnes d’agrumes sous forme de concentré et de jus. Derrière cet état des lieux des plus préoccupants, des sorties assez précoces avec des marchandises de qualité très faible en termes de coloration et de profil du calibrage. «Les chaleurs persistantes des mois d’août-septembre-octobre ont fortement entravé le grossissement des fruits», explique l’Association des producteurs d’agrumes. Les mêmes conditions climatiques ont également sévi dans les marchés d’importation et à leur tête le débouché russe. D’où la  contraction de la demande et l’effondrement des prix. Une situation qui aurait dissuadé les exportateurs à limiter les expéditions du moins jusqu’à le solde des stocks accumulés à l’extérieur. Mais l’arrêt des cueillettes n’est intervenu que vers la dernière semaine du mois de novembre. Au 19 novembre dernier, les exportations s’étaient déjà établies à 106.200 tonnes, soit plus que le double du volume réalisé à la même période de la campagne précédente : 52.120 tonnes.
Pourtant, pour l’interprofession, la situation était prévisible à la veille du lancement de l’export. La nécessité d’assurer une bonne gestion des sorties a été clairement énoncée via un écrémage plus serré au niveau du profil du calibrage et de la qualité de manière générale». Et pour cause, le développement de flux plus important à l’export n’est pas écarté, compte tenu de l’importance de la production disponible. Maintenant que le marché connaît un début de redressement grâce notamment au retour du froid, il est question d’affiner davantage cette stratégie en renforçant la coordination entre les divers intervenants. C’est le principal point à l’ordre du jour du Comité de coordination des agrumes qui doit se réunir ce mercredi 12 décembre à Casablanca. De source proche du dossier, cela devrait se traduire par une révision à la baisse d’au moins 20% des prévisions d’exportation de la clémentine. Celles-ci devraient porter sur un maximum de 240.000 tonnes au lieu de 300.000 prévues initialement. Le marché russe ne devrait absorber, quant à lui, que 120.000 tonnes de petits fruits contre 180.000. On serait donc loin de l’objectif de 638.000 tonnes export affiché par l’interprofession agrumicole.


A. G. 

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