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Analyse

Eau, électricité: Ce qui va changer dans la nouvelle stratégie

Par L'Economiste | Edition N°:4169 Le 11/12/2013 | Partager
La régionalisation de la distribution, une priorité
Les ménages gros consommateurs paieront le juste prix
Dessalement, transfert de la ressource, recyclage… les nouveaux procédés

Pourquoi regrouper l’ONE et l’ONEP sous la même entité? Réponse: permettre une meilleure planification pour assurer la pérennité de l’alimentation en énergie et en eau potable. Ali Fassi Fihri, directeur général de l’ONEE, explique les objectifs et les chantiers sur lesquels l’Office travaille.

■ ONEE: Un regroupement qui sert la planification
«Ce n’est pas une fusion d’entreprises cotées en Bourse, mais un regroupement dans le but de mettre en place des

D’ici 2017, la contribution du fioul dans la satisfaction de la demande sera en baisse. L’on assistera en parallèle à une augmentation progressive de la part des énergies renouvelables. De son côté, la demande en énergie poursuit son trend haussier

stratégies qui assurent la pérennité de l’alimentation en énergie et en eau». C’est en ces termes que Ali Fassi Fihri, directeur général de l’Office national de l’eau et de l’électricité, justifie le rapprochement entre l’ONE et l’ONEP. Un regroupement qui permet une  planification dans le domaine de l’eau et de l’énergie. Et ce, pour le transfert de l’eau, le dessalement ainsi que le traitement et l’utilisation des eaux usées. Car les problèmes auxquels le Maroc pourrait se heurter en 2030 sont liés à l’eau. «C’est un domaine où les solutions classiques ne pourraient plus suffire». Le regroupement est surtout lié au problème de l’eau en raison des changements climatiques. A tel point que le management de l’ONEE parle d’une course perpétuelle contre la montre: «Nous sommes réputés au niveau international pour avoir réussi cette planification. Et tout le regroupement est un nouveau soutien à la sécurisation de l’alimentation. Dans le domaine de l’eau, nous avons trois objectifs majeurs, sécuriser l’alimentation, généraliser l’accès à l’eau potable et protéger les nappes et les barrages par l’assainissement». L’ONEE investit plus de 3 milliards de dirhams pour renforcer l’alimentation de Casablanca et autant à Marrakech et à Agadir. «C’est beaucoup d’investissement à tarif constant».
Cette opération stratégique permet aussi de disposer d’une offre multiservices sur le marché africain où la branche électricité est déjà présente dans 11 pays. 
■ Un tarif d’opportunité pour le dessalement
Les synergies entre les branches électricité et eau permettent des gains importants. Pour  le projet de dessalement de l’eau de mer à Agadir, l’approche poursuivie est le partenariat public/privé. Comme l’énergie représente près de 70% du coût d’un projet de dessalement, la société en charge s’alimente auprès de la centrale de Mohammedia entre 1 heure et 5h du matin. Elle s’alimente aussi via l’énergie importée d’Espagne et qui est bon marché. Dans ces conditions, le coût de l’énergie est un tarif d’opportunité. Les synergies entre la branche eau et la branche électricité nous ont permis de gagner beaucoup d’argent», explique Ali Fassi Fihri. Il cite aussi l’exemple du turbinage à partir des barrages. Si auparavant la priorité était accordée à  l’ONE et ensuite à l’agriculture, aujourd’hui le mot d’ordre est l’optimisation. Le lâcher d’eau s’effectue en fonction des besoins en eau potable et en électricité. Ce qui permet un gain sur la consommation d’eau brute. 

■ Des filiales pour la distribution
«Nous avons une nouvelle Constitution qui parle de la régionalisation avancée. C’est important de commencer à envisager un transfert des responsabilités de l’Etat vers la région. C’est même l’esprit de la Charte des collectivités locales».  En clair, le management de l’ONEE est favorable à ce que la région soit responsable de la distribution. «Nous avons des zones ONEE qui sont des zones multiservices. Nous proposons la filialisation de nos activités de distribution et le regroupement avec les régies locales», révèle Fassi Fihri. Il explique que cela se traduirait par la mise en place de sociétés régionales qui auraient des contrats avec la région. «Ce sont des sociétés publiques qui vont se retrouver avec un contrat de gestion déléguée». Ce qui permettrait une péréquation entre «fluides»: l’on peut imaginer par exemple que l’électricité aide à financer les déficits de l’assainissement dans une région et l’on peut aussi jouer sur les tarifs

Ali Fassi Fihri, directeur général de l’ONEE: «Il est primordial de profiter de ce regroupement et de la nouvelle Constitution pour faire de grandes réformes. Si nous avons une grande zone, nous aurons des synergies importantes et en même temps, nous sortons du piège de confier au gouvernement la fixation des tarifs»

région. Ce qui veut dire aussi que la responsabilité des tarifs de distribution sera  transférée du gouvernement vers la région. Les élus seront amenés à prendre leurs responsabilités. «Il est primordial de profiter de ce regroupement et de la nouvelle Constitution pour faire de grandes réformes. Si nous avons une grande zone, nous aurons des synergies importantes et en même temps nous sortons du piège de confier au gouvernement la fixation des tarifs», soutient Fassi Fihri.

■ Un seul statut pour la distribution
Le projet de refonte de la distribution avance bien et il permettra aussi de régler le problème des statuts des effectifs. Car le statut des distributeurs existe et le personnel des sociétés filiales de l’ONEE et celui des collectivités locales vont s’y retrouver. Il restera le statut du personnel relevant de la production de l’eau et de l’électricité.
■ L’ONEE ne court pas à la faillite
«Nous sommes une entreprise publique spéciale et non classique. Nous sommes un démembrement fort et très proche de l’Etat. Les bailleurs de fonds l’ont très bien compris».
Pour Ali Fassi Fihri, l’ONEE n’est pas en faillite même si son déficit est important. Cet établissement public ne peut, selon lui,  raisonner sur les équilibres financiers comme c’est le cas pour les autres sociétés. «Nous ne sommes pas une entreprise qui fixe ses tarifs pour gagner sa vie. Notre objectif est d’assurer l’alimentation en eau et en électricité de tout le pays. C’est la nuance», soutient Ali Fassi Fihri. Et d’ajouter que «juridiquement, nous ne sommes pas un Epic classique. Nos produits sont de première nécessité, ils ont un impact sur l’économie et sur le social. L’Etat peut décider d’augmenter les tarifs comme il peut décider de ne pas le faire». Ceci étant, des ratios de gestion sont fixés dans le projet de contrat-programme qui fera l’objet d’une ultime réunion aujourd’hui, mercredi 11 décembre (voir également article page 3). «Le déficit est tellement important entre le coût de production et les tarifs qu’il faut un rattrapage. C’est une nécessité et c’est le gouvernement qui le dit», soutient le management de l’Office.
■ «Il faut des mesures rapidement»
«Depuis le début de l’année, nous avons levé 18,4 milliards de dirhams. Et nous sommes en train de lever près de 1,5 milliard de DH auprès de la Berd et la BID notamment». Pour Fassi Fihri, ces financements témoignent de la confiance des bailleurs de fonds. Il reconnaît néanmoins que la situation est difficile et qu’il faut prendre des mesures rapidement. «Nous sommes dans une vision de développement pour capter l’énergie qui sera produite dans toutes les zones. Idem pour l’eau. Mais tout cela n’est possible que si on reste en équilibre».
Sur les retards de paiement des entreprises, le DG de l’ONEE affirme que des efforts ont été fournis. «C’est sûr que nous ne sommes pas parfaits mais heureusement que nous sommes là pour ces entreprises. Nous les avons créées et il faut les maintenir. Nous les emmenons en Afrique aussi».
■ Les ménages gros consommateurs paieraient le juste prix
En négociation depuis plusieurs mois, le contrat-programme de l’ONEE pourrait voir le jour au cours des prochaines semaines. Le gouvernement compte ainsi agir sur la très haute tension, laquelle permet d’attirer les investissements dans le cadre de la loi 13 /09. Un rattrapage est également prévu au niveau de la moyenne tension. L’augmentation, si elle est validée, s’effectuerait sur 4 à 5 ans et ce, de manière à revenir à une logique industrielle. «Ce n’est pas normal que la très haute tension soit vendue plus chère que la moyenne tension alors que le coût de production de cette dernière est plus élevé», note Fassi Fihri. Sur la basse tension seule, 1,6% de la population devrait payer le juste prix. Il s’agit d’une catégorie «grande consommatrice» d’électricité. Mais ni le social ni les premières tranches ne seraient touchés.

■ Le gaz, une urgence
«Il y a urgence à régler le problème du gaz pour répondre à la demande d’électricité qui interviendra après 2018. Nous devons foncer comme nous l’avions fait pour l’électricité et, au fur et à mesure, nous pouvons adapter les règles et lois». Si le gaz est prévu dans le mix énergétique, il n’en reste pas moins que ce dossier a pris beaucoup de retard. Le ministre de l’Energie et des mines avait certes rappelé, lors de la conférence de la fédération de l’énergie sur la «transition énergétique», qu’une feuille de route était en préparation et devrait être rapidement soumise à l’appréciation des partenaires.  
Aujourd’hui, Fassi Fihri soutient que le terminal gazier devrait se faire rapidement en faisant appel au partenariat public/privé.

 

Khadija MASMOUDI

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