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Evénement

Sidérurgie: Les non-dits d’une tractation à huis clos

Par L'Economiste | Edition N°:4169 Le 11/12/2013 | Partager
La filière réunie au sein d’une commission ad hoc
«Une solution globale» encore introuvable
Le contingent, une option à double tranchant

Créé en 1975, Maghreb Steel est l’unique producteur de tôle laminée à chaud. La filiale du groupe Sekkat a lancé en 2007 un investissement de plus de 5 milliards de DH et doit faire face actuellement au «dumping européen et turc».

IL est recommandé de laver son linge sale en famille. En l’espace d’une semaine, les 3 et 5 décembre à Casablanca, la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (Fimme) et sa branche métallurgique ont tenu deux réunions à huis clos. Elles ont porté sur les mesures antidumping réclamées par Maghreb Steel contre la tôle laminée à chaud importée de l’UE et de la Turquie (cf. L’Economiste des 3 et 5 décembre 2013).
L’ambiance a été «chaude» lors de la première réunion et où la filiale du groupe Sekkat a dû faire face à ses contradicteurs composés de chaudronniers, tubistes et fabricants de structures métalliques. Avant que les langues ne se délient, le président de la Fimme, Abdelmjid Souiri, a dû sortir de ses gonds pour pousser les mécontents «à s’exprimer contre les prétentions monopolistiques» du seul producteur national d’acier plat. Accusation que Fadel Sekkat, PDG de Maghreb Steel - décrit par nos sources comme «un homme respecté dans le milieu» - a dû écarter en soulignant que certains opérateurs, tubistes notamment, font à la fois dans la production et le négoce. Manière de dévoiler le double discours que cache le mécontentement qui a enflé depuis l’entrée en vigueur le 14 novembre 2013 d’un droit antidumping provisoire. Suite à cette première réunion, où il a été décidé à la dernière minute de tenir la presse à l’écart, les protagonistes se sont mis d’accord pour créer une commission ad hoc en vue de «déblayer le terrain pour trouver une solution globale», déclare le président de la Fimme. 
Est-ce le début d’un apaisement dans le secteur? «Nous n’en savons rien mais le problème est toujours là», rétorque juste après ce premier tête-à-tête l’Association des fabricants de tubes (Afatube).
Rendez-vous que n’a pas manqué le ministère délégué au Commerce extérieur. Le directeur de la politique des échanges commerciaux, Saïd Maghraoui Hassani, a présenté la méthode à l’origine du résultat provisoire de son enquête antidumping d’ores et déjà fermement contestée par ArcelorMittal (cf. L’Economiste du 2 décembre 2013). Pour rassurer sur sa neutralité, le ministère de tutelle a aussi rappelé que l’OMC exerce un contrôle via son Organe de règlement des différends.
Par la suite, une 2e réunion s’est tenue jeudi 5 décembre à Casablanca. Elle a regroupé la Fimme, Maghreb Steel, l’Association des sidérurgistes du Maroc (ASM) et des entreprises, à savoir Delattre Levivier Maroc, la Société chérifienne de matériels industriels et ferroviaires (Scif), Comaprom (représentants des tubistes) et l’Association de construction métallique et chaudronnerie tôlerie. Les mesures antidumping toujours au cœur des tractations.
Mesures qui englobent, selon la Fimme, certains types d’acier non fabriqués par Maghreb Steel ou des tôles laminées à chaud de qualité spéciale. Le président de la fédération estime que «ces mesures ne conviennent pas et entachent la compétitivité de la filière. D’autant plus que la voie à l’import reste ouverte: Turquie, Etats-Unis et la Chine» (voir encadré).
L’Association des sidérurgistes du Maroc a visiblement manifesté son incompréhension vis-à-vis de la position de Maghreb Steel qui a opté pour l’antidumping au lieu des clauses de sauvegarde. Option que les sidérurgistes avaient actionnée pour l’importation de fil machine et rond à béton. L’histoire, elle, se répète. L’on se rappelle de la contestation de Plastima, autre filiale du groupe Sekkat, lorsque la Snep avait réclamé des clauses de sauvegarde contre l’importation de PVC (cf. L’Economiste du 11 novembre 2009).  Les contestataires d’hier sont désormais les plaignants d’aujourd’hui: Maghreb Steel est au cœur d’une tempête qui souffle sur le marché mondial de la sidérurgie.

Les incontournables?

UN début de solution se profile via l’instauration d’un contingent. Deux écueils à surmonter. D’abord l’éventuelle contestation d’ArcelorMittal et de Tata Steel nourrie par le fait d’être écartés de la solution maroco-marocaine. «Nous avançons main dans la main pour défendre l’industrie nationale: Maghreb Steel doit continuer à travailler tout en permettant à toute la filière de rester compétitive. Les autres n’ont qu’à se battre et à dire ce qu’ils veulent», estime le président de la Fimme, Abdelmjid Souiri. L’audition publique prévue pour janvier 2014 sera donc très animée et où sera présente la Commission européenne. Fréderic Michiels, de la DG Trade, confirme avoir «demandé une audition». Mais se garde de se prononcer «vu qu’il ne s’agit à ce stade d’une mesure antidumping provisoire». Pourtant, l’affaire prend, avec la création d’une commission ad hoc chapeautée par la Fimme, un tournant qui pourrait être défavorable aux Européens. Le contingent est une solution qui n’arrangera par ailleurs que les tubistes. Les autres opérateurs «n’utilisent pas de grand tonnage et leurs besoins annuels sont difficilement identifiables dans la mesure où ils dépendent des affaires conclues», commente une source proche du dossier. Et pour qui une solution «sera et doit être coûte que coûte trouvée».

Faiçal FAQUIHI

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