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    Politique Internationale

    Négociations de paix: Israël perd du terrain

    Par L'Economiste | Edition N°:4166 Le 06/12/2013 | Partager
    John Kerry tente de rassurer Benyamin Netanyahou
    Divergences notables sur les mesures de sécurité dans le Jourdain
    L’UE et la Palestine brandissent la menace des sanctions

    Un sourire forcé de la part de John Kerry, en échange d’un regard menaçant venant de Benyamin Netanyahou. Cette photo caractérise la nature des relations américano-israéliennes en ce moment

    LES Etats-Unis tentent encore une fois de se raccommoder avec Israël, après leurs «chamailleries» sur fond du dossier nucléaire iranien. John Kerry, secrétaire d’Etat américain, s’est rendu chez son «allié» israélien jeudi 5 décembre, pour la première fois depuis la confrontation publique autour de l’accord de Genève. Le parrain américain des négociations israélo-palestiniennes a déclaré que la sécurité de Tel Aviv figurait «en tête des priorités» quelles que soient les «divergences tactiques», arguant que «le lien entre les Etats-Unis et Israël est incassable».
    John Kerry a fait état d’une concertation entre Washington et Tel Aviv concernant l’accord du nucléaire iranien, en sachant que celui obtenu le 24 novembre est limité à six moi, et qu’un accord définitif devra être négocié ultérieurement.
    Cependant, le grand enjeu de cette réunion reste les pourparlers avec la Palestine, «auxquels les deux parties s’attellent», selon les dires de John Kerry qui dégage ainsi un peu Israël de ses responsabilités. En effet, l’Etat hébreu est accusé de «sabotage» des négociations par les Palestiniens. Là encore, le secrétaire d’Etat américain a tenu à préciser l’importance de la sécurité israélienne, et déclare avoir présenté «des idées» sur la question.
    Pour autant, Israël ne voit pas ces «idées» du même œil, et refuse, par exemple, la présence d’une force de l’ordre qui ne soit pas israélienne dans la vallée du Jourdain, le long de la frontière avec  la Jordanie. Benyamin Netanyahou refuse le compromis sur la question, que cette présence soit palestinienne, israélo-palestinienne, internationale ou même technologique. Pour la diplomatie israélienne, «même si les Américains sont nos amis, nous leur dirons «désolés», nous n’allons pas faire ce que vous voulez, même si cela veut dire que les négociations n’avanceront pas ou qu’il n’y aura pas de belle cérémonie à la Maison Blanche». 
    Il est clair que malgré les efforts diplomatiques déployés par les Américains, les deux pays ne sont pas sur la même longueur d’onde. Les relations bilatérales suintent la mésentente sous les sourires. Et tout semble indiquer qu’Israël se raccrochera du mieux qu’elle peut aux privilèges acquis au fil des années d’impunité.
    Toutefois, il est clair que  l’Etat hébreux ne peut plus se soustraire aux sanctions internationales sans lâcher du lest, que ces sanctions émanent directement de l’Etat palestinien ou de la Communauté internationale. Même ses alliés occidentaux supportent de moins en moins l’intransigeance du gouvernement israélien, et la Palestine trouve pour sa part de plus en plus d’échos à sa cause dans le monde.
    Pour commencer, Tel Aviv est contrainte par Washington, son plus fidèle allié jusque-là, à s’asseoir autour d’une table avec les négociateurs palestiniens, avec une obligation de résultat: la création de l’Etat palestinien.
    Les radicaux du gouvernement israélien ont bien tenté de faire jouer la carte de l’extension des colonies pour faire échouer le processus de paix en mettant cet échec sur le dos des Palestiniens, qui ont fait de l’arrêt des constructions une condition sine qua non du dialogue. Mais face à cette technique, Israël craint le recours de la Palestine aux instances internationales, comme le lui permet le statut de pays observateur à l’ONU obtenu en 2012. L’Autorité palestinienne brandit cette menace à chaque fois que les négociations sont menacées, et n’hésitera pas à en faire usage si les négociations n’aboutissent pas sur la délimitation d’un territoire palestinien autonome inviolable.
    Par ailleurs, des sanctions plus concrètes et sûrement plus «parlantes» aux dirigeants israéliens pèsent sur le pays en cas d’échec des négociations. Il s’agit de sanctions économiques qui sont d’ores et déjà prévues par l’Union européenne. En effet, les 27 ont unanimement décidé de stopper les aides financières en matière de recherche scientifique à toute institution israélienne située sur un territoire occupé. Au-delà des aides substantielles en elles-mêmes, les retombées économiques sont de taille, puisque chaque euro injecté par ce biais en rapporterait 4 à 13 à long terme. Par ailleurs, Andreas Reinidicke, représentant de l’UE pour le processus de paix, faisait savoir en début de semaine qu’un échec des négociations pour la paix entraînera une campagne pour un étiquetage sélectif (et donc un boycot des produits liés de près ou de loin aux colonies).
    Rime AIT EL HAJ

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