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    Les Cahiers de l'Émergence

    L’hybride peine à décoller

    Par L'Economiste | Edition N°:4166 Le 06/12/2013 | Partager
    Problèmes de culture ou manque de communication ?
    Les ventes ne dépassent pas les 240 unités en 3 ans
    Pas d’efforts en matière d’incitations fiscales

    Prius (Toyota) et Insight (Honda) figurent parmi les modèles hybrides disponibles sur le marché marocain. L’ensemble des ventes toutes marques confondues n’a pas dépassé les 240 unités depuis le lancement de l’hybride en 2011

    Malgré le succès des marques hybrides sous d’autres cieux, ces motorisations à faible émission de CO2 peinent encore à percer sur le marché local. A ce jour, quelque 240 unités ont été écoulées depuis le lancement en 2011. Ce manque d’engouement pour l’hybride pourrait s’expliquer tout d’abord par un problème de culture. En effet, les Marocains ne sont pas encore très sensibles aux préoccupations environnementales, sauf une certaine catégorie au fait de ce qui se passe ailleurs. De même, ils confondent encore hybride et électrique, selon les termes d’un professionnel. «Beaucoup de clients pensent qu’ils doivent charger les batteries des voitures hybrides, alors que celles-ci se rechargent toutes seules et gratuitement», témoigne un importateur.
    Les prix de l’hybride ne semblent pas non plus un frein de taille. A titre d’exemple, la différence entre une Auris diesel et une Auris hybride ne dépasse pas les 30.000 à 40.000 DH, explique-t-on auprès de Toyota Maroc.
    La peur de l’inconnu
    En plus, des efforts sur les tarifs ont été consentis par les constructeurs. Toyota offre ainsi des remises spéciales sur la Prius allant jusqu’à 35.000 DH. Et pourtant, les ventes hybrides cumulées de la marque nippone ne dépassent pas les 150 unités et ce depuis l’introduction officielle de cette gamme à l’échelle nationale. Alors que Toyota totalise plus de 5 millions de voitures hybrides vendues à travers le monde à ce jour.
    Un effort de communication et de sensibilisation reste donc à faire pour éduquer les consommateurs aux avantages de l’hybride. Une campagne dans ce sens a été entamée en 2012 par Toyota Maroc. «Nous avons constaté juste après un regain des ventes, mais toujours de la part de consommateurs avertis», témoigne Mamoune El Alaoui, Product Supervisor.
    La peur de l’inconnu pourrait expliquer aussi cette appréhension vis-à-vis d’une nouvelle technologie. «Les gens se méfient car ils croient à tort que l’entretien ou les pièces détachées de l’hybride coûtent plus cher», poursuit El Alaoui. En effet, les composants électriques d’un véhicule hybride ne nécessitent pas d’entretien spécifique ou onéreux. Au contraire, ils ont une durée de vie bien supérieure à celle du véhicule lui-même, selon les spécialistes. De plus, le moteur essence est entretenu comme n’importe quel véhicule conventionnel, à la seule différence au niveau de la fréquence des entretiens,  qui se voit réduite de moitié sur un véhicule hybride comparé à un véhicule essence à cylindrée égale. A titre d’exemple, s’il faut entretenir un véhicule à moteur essence tous les 5.000 km, un véhicule hybride semblable sera entretenu sur 10.000 km pour la simple raison que sur un système hybride le moteur essence est sollicité deux fois moins (vu que le moteur électrique le supporte lors de toutes les phases de conduite). En outre, la batterie est rechargée de façon autonome et automatique pendant les phases de freinage/décélération/pente (récupération d’énergie cinétique au niveau des roues et à la sortie du moteur à essence). 
    En clair, la technologie Hyrbid Synergy Drive (Un moteur essence couplé à un moteur électrique ainsi qu’une batterie) de Toyota permet de combiner les avantages d’un moteur électrique (aucun entretien, couple maximum à très bas régime, silence absolu et absence totale de vibrations) au mode de fonctionnement d’un moteur thermique conventionnel. L’adoption d’une boîte de vitesses automatique à variation continue CVT optimise à son tour la consommation de carburant et les rejets polluants, estiment les responsables de Toyota Maroc. A titre d’exemple, la Prius affiche la consommation la plus élevée de la gamme hybride TDM qui ne dépasse pas les 3,9 l/100 Km (en cycle mixte). S’agissant des prix, ils démarrent à 265.000 DH pour la Prius Terra et 300.000 DH pour la Prius Aqua. Quant à la Yaris Hybride, elle est disponible à 253.900 DH. Chez Honda, le modèle hybride «Insight», dont le prix démarre aussi à 269.000 DH, a été lancé sur le marché marocain en 2012.  Insight est  propulsée par un système d’assistance moteur intégré (IMA), associant une motorisation électrique à un moteur essence conventionnel. Un système plus économique avec une consommation mixte de 4.1 réduisant les émissions de CO2 à 96 g/km.
    Outre ces arguments techniques en faveur de l’hybride, les opérateurs s’attendent à des incitations fiscales afin de booster les ventes. «L’Etat ne fait aucun effort du point de vue fiscalité, les hybrides sont taxés comme n’importe quels véhicules essence à cylindrée égale», déplore un constructeur.


    A. E.

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