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Régions

Vallée de l’Ourika
Nouvel investissement dans le safran

Par L'Economiste | Edition N°:4160 Le 28/11/2013 | Partager
Une Suissesse relève le pari dans cette région
Le safran produit est classé catégorie 1 selon la norme ISO 3632-1
Création d’emplois, variété de produits, la ferme est aussi ouverte au public

Le mois de novembre est le temps de la récolte au Paradis du Safran. Sur la route de l’Ourika, plusieurs ont tenté leur

La cueillette du safran débute tôt le matin avec les femmes du Douar Takateret

chance dans la production de cette épice, la plus chère au monde. Tous semblent y trouver leur intérêt, produisant et commercialisant le safran. La Suissesse Christine Ferrari en est un bon exemple. Ayant choisi le Maroc comme terre d’accueil, il lui fallait alors imaginer un lieu, producteur d’emplois et de revenus. Après un an à rechercher le bon terrain, elle lance, en 2011, sa safranière biologique, à une trentaine de kilomètres de Marrakech.
Deux années à planter, creuser les puits, bâtir, en termes de surface, une humble demeure, pour arriver aujourd’hui à un domaine abouti. Christine Ferrari emploie trois personnes à l’année et à plein temps, et plusieurs dizaines de saisonniers pour l’entretien et la récolte. Vingt hommes ont planté en juillet 2012, 600.000 bulbes de Crocus Sativus L., son nom botanique, ramenés de Taliouine, soit six tonnes. Christine explique que la plantation se fait à la main, bulbe par bulbe, à vingt centimètres de profondeur. “Un travail difficile avec la chaleur et la dureté de la terre”. Plus d’un an après, ce mois de novembre est consacré à la récolte. Les deux hectares se remplissent chaque nuit de nouvelles fleurs. Une dizaine de femmes, venues du même douar Takateret, ramassent à la main la précieuse et délicate fleur. Sa fragilité, une fois coupée, oblige un émondage rapide. Fleur par fleur, les trois filaments de safran sont retirés et débarrassés de la partie jaunâtre. Car c’est une des fiertés de Christine, produire un safran de qualité, classé par deux laboratoires suisse et français, en catégorie 1 (sur 4), selon la norme ISO 3632-1. Elle précise à ce sujet que “près de 85 % du marché international est falsifié. On retrouve dans l’épice commercialisée, de la barde de maïs, de la viande séchée, des plumes de poules, du plastique…”. Deux astuces pour reconnaître du vrai safran, le filament se termine en trompette, et au

Chaque jour, pendant que certaines s’occupent de la récolte, d’autres procèdent à l’émondage avant séchage des filaments du safran

contact de l’eau, la coloration est jaune. Son nom n’est-il pas d’ailleurs composé du mot arabe sfar ? De 200 fleurs résultent environ 5 grammes de safran, et après séchage, un tout petit gramme. Une quantité suffisante pour parfumer une vingtaine de plats cuisinés. A la fin de la récolte, le Paradis du Safran devrait produire au total trois kilos de safran. Tout ça pour ça? Le bénéfice de cette culture, qui évolue d’année en année, ne se calcule pas au poids obtenu mais vendu. A 200 DH le gramme, l’opération commence à être intéressante. Même s’il faut faire vivre le lieu et les personnes qui y travaillent toute l’année. Pour compléter le budget, Christine confectionne tout un tas de produits dérivés, du miel avec les abeilles du terrain et des plantes médicinales. En effet, 5.000 m² sont en plus dédiés aux plantes aromatiques, aux agrumes et arbres fruitiers exotiques et aux roses. Avec un droit d’entrée symbolique, les visiteurs profitent d’une visite guidée, riche en enseignements, et d’une dégustation de thé au safran, installés sur la paisible terrasse, qui fait face à la nature.

Le safran en fête au festival de Taliouine

La 7e édition du Festival international du Safran s’est tenue à Talouine, province de Taroudant, du 8 au 11 novembre 2013, période de la cueillette. Destiné à valoriser ce produit de terroir, ce rendez-vous attire producteurs et intervenants intéressés par la filière. Débats et tables rondes ont abordé des sujets, comme la filière du safran dans le plan Maroc Vert.

De notre correspondante, Stéphanie JACOB

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