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Evénement

Hausse des prix du carburant
La pilule ne passe pas

Par L'Economiste | Edition N°:4114 Le 17/09/2013 | Partager
Taxis et transporteurs en colère
Ils menacent d’entamer des sit-in et des grèves
Réunions marathon entre la Fédération du transport et la tutelle

Depuis 2004, c’est la 10e fois où la hausse des prix du pétrole est répercutée

Le gouvernement a-t-il mal préparé la mise en œuvre de l’indexation? Les syndicats des chauffeurs de taxi tout autant que certains professionnels du transport de voyageurs et de marchandises n’ont pas avalé la pilule. Les hausses de 0,69 dirham pour le gasoil et 0,59 dirham pour l’essence décidées dimanche 15 septembre, avec entrée en vigueur hier lundi 16 septembre, ont provoqué leur colère.
Des syndicats des chauffeurs de taxi se sont donné rendez vous hier au siège de la Fédération démocratique du travail (FDT) à Casablanca(1). En parallèle, une autre réunion était programmée dans l’après-midi à Rabat. Le mot d’ordre étant de sortir avec une décision commune. Celle-ci pourrait se traduire soit par la répercussion des prix soit par une grève! L’Union syndicale du transport, affiliée à l’UMT, (elle regroupe les taxis, des opérateurs de transport de voyageurs et de marchandises) a tranché dans la matinée. Elle compte organiser des sit-in jeudi au niveau national. Du moins selon  Mohamed Haytoume, coordinateur général du secteur du transport relevant de l’UMT. Pour ce syndicat, la hausse «portera un coût au pouvoir d’achat des salariés». Mohamed Motaki, secrétaire général de l’Association nationale démocratique des taxis, affiliée à la FDT, confie à L’Economiste que «le mécanisme de remboursement proposé par le gouvernement, avec lequel aucune réunion n’a été tenue, n’est pas clair. Nous allons nous réunir pour débattre de la répercussion ou pas de cette hausse et des mesures à prendre». A la CDT, le secrétaire général du syndicat national souligne également la «tenue d’une réunion à Rabat qui regroupera tous les opérateurs. Nous allons débattre et prendre les décisions qui s’imposent. Nous pouvons aller jusqu’à la grève».
L’impact de la hausse du prix du carburant se fera rapidement sentir sur le secteur du transport. Pour cette activité, le carburant représente entre 30 à 34% des charges. Et la répercussion sur le ticket devait être en principe automatique. Mais pour éviter tout «impact sur le pouvoir d’achat», le gouvernement prévoit un mécanisme d’appui en faveur de ce secteur. Ce dispositif consiste dans la  restitution de la hausse du prix du carburant. Ni les modalités de fonctionnement ni l’enveloppe qui y serait consacrée ne sont encore dévoilées. Lors de la réunion organisée la semaine dernière avec la presse, Najib Boulif, ministre des Affaires générales et de la gouvernance, est resté discret sur le montant tout en assurant «qu’il n’est nullement question de redistribuer d’une main ce qui serait économisé d’une autre». Si les syndicats se plaignent d’un manque de concertation et d’une absence de dialogue, la Fédération nationale du transport poursuivait hier lundi 16 septembre les réunions marathon avec le département du Transport. «Le gouvernement ne pouvait faire l’économie de l’indexation. Ceci étant, nous tenons des réunions pour étudier l’impact de cette hausse et décider des mesures à prendre», indique Mohamed Talal, président de la commission logistique à la CGEM. Des rencontres sont également programmées sur les deux prochains jours.
Cette décision du gouvernement semble avoir également pris de court des stations- service. A Casablanca, lundi matin, certaines d’entre elles n’avaient pas encore répercuté la hausse des prix décidée la veille. Ce qui est dû, selon des  sociétés pétrolières, au réseau important, près de 2.000 stations-service nécessitant une intervention technique au niveau des compteurs. Mais du côté de la Fédération des stations-service, Zakaria Rbaa, secrétaire général, explique «que les représentants des stations-service n’ont pas été avisés. C’est le bouche à oreille qui a fonctionné et qui a permis de savoir que la hausse est effective». 

Le hedging, «secret-défense»

A quel niveau du baril le hedging, l’assurance contractée par le gouvernement supposée prendre en charge la flambée du baril, va-t-il opérer? Le ministère des Finances et celui chargé des Affaires générales et de la gouvernance restent discrets sur cette opération. Certains responsables parlent même de «dossier secret». Ceci étant, des opérateurs avancent que le hedging jouerait à partir d’un baril à 120 dollars.

L’entreprise «trinque»

Le prix du fuel industriel a pris 662,88 dirhams la tonne. Une hausse qui fait dire à certains industriels que c’est l’entreprise qui va trinquer. David Toledano, président de la Fédération nationale des matériaux de construction, explique que toutes les filières liées à la construction subiront le contre-coup de cette hausse. Ainsi, face à la concurrence, en particulier celle des produits importés, les augmentations du prix des produits pétroliers pourraient être difficilement répercutées. Ce qui se traduirait par une réduction des marges.


Khadija MASMOUDI

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(1) A l’heure où nous mettions sous presse, la réunion programmée à Casablanca et celle prévue à Rabat n’avaient pas encore démarré.

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