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Analyse

Produits pétroliers
El Malki: «L’indexation, une illusion de réforme»

Par L'Economiste | Edition N°:4108 Le 09/09/2013 | Partager
Gare au spectre de l’inflation!
«L’entreprise paiera le prix»

Habib El Malki, président du CMC: «Ce gouvernement pratique l’illusionnisme»

Habib El Malki, président du Centre marocain de conjoncture (CMC), estime que «l’indexation partielle des prix des produits pétroliers pénaliserait la croissance». Elle aggraverait, dit-il, les fragilités de l’économie, malgré les économies budgétaires.
- L’Economiste: Quel serait l’impact de la réactivation de l’indexation des prix pétroliers? 
- Habib El Malki: Nous avons un problème de faisabilité et de mise en œuvre du système d’indexation. 80% des subventions de la Caisse de compensation portent sur les produits pétroliers et l’essentiel bénéficie aux industriels. La décision du gouvernement risque de pénaliser l’entreprise marocaine à un moment où la compétitivité de l’économie  recule aussi bien dans les classements régional et mondial. Le rapport du World Economic Forum le montre clairement.  Cette mesure est un retour au système qui a été pratiqué jusqu’à la fin des années 1990. Il a été abandonné parce que la mise en œuvre posait beaucoup de problèmes. La maîtrise des prix des produits pétroliers est problématique puisque  ses déterminants sont d’ordre géopolitique. Aujourd’hui, la tendance lourde des prix des produits pétroliers est à la hausse. La fluctuation est toujours à la marge et souvent saisonnière soit sous l’effet d’une diminution des stocks quand l’hiver est très rude ou en raison des conflits dans les régions productrices du pétrole comme c’est le cas actuellement. C’est ce qui explique l’augmentation actuelle du cours du baril qui dépasse les 115 dollars.
- Un dispositif d’accompagnement est pourtant prévu par le gouvernement surtout pour le transport public...
- D’abord, il faut attendre la mise en œuvre. Ensuite, une mesure qui se traduit par un dispositif d’accompagnement complexe viderait la mesure de son contenu. Aucun travail de sensibilisation et de concertation notamment avec les opérateurs économiques n’est mené. Je crains que l’indexation alimente la hausse des prix. Ce qui poserait un handicap sérieux au retour de la croissance.
- Pour vous, la mesure ne peut être que nuisible. Y a-t-il d’autres solutions?
- C’est un calcul comptable. L’objectif c’est de maintenir le niveau actuel des subventions dans les limites prévues par le budget de l’Etat. Ce n’est pas une mesure destinée à conforter la situation de l’entreprise marocaine mais elle risque beaucoup plus d’avoir des effets négatifs sur la compétitivité.  Le tout en l’absence du projet de loi de Finances 2014. Il faut dire que le Maroc vit hors du temps budgétaire.
- C’est peut-être un premier pas vers la réforme de la Caisse de compensation… 
- Ce gouvernement pratique l’illusionnisme. Il fait croire qu’il change les choses mais en réalité depuis deux ans nous assistons à une absence de volonté politique réelle d’aller loin dans le domaine des réformes, notamment économiques et sociales. Il fallait considérer la réforme de la Caisse de compensation comme une priorité.
Dans le domaine économique les hésitations sont très coûteuses et aggravent la mal gouvernance. Il faut ouvrir un débat sur la réforme de la Caisse de compensation et trancher. L’indexation partielle est une mesure de conjoncture et une illusion de réforme. 

Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

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