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Les Cahiers de l'Émergence

Formation professionnelle
Le paramédical cartonne dans le privé

Par L'Economiste | Edition N°:4106 Le 05/09/2013 | Partager
Hausse de 622% des effectifs formés en 10 ans
Le taux d’insertion des lauréats à près de 65%

Le textile ne recrute plus comme avant et les jeunes le savent. Ils s’inscrivent donc de moins en mois dans des formations liées à ce secteur (modélisme, stylisme, …). En 10 ans, les effectifs inscrits dans cette branche ont baissé de 29%, de même que les filières qui y sont associées (-86%). Par contre, d’autres métiers montent, notamment ceux traitant du paramédical et de la santé (+622% en effectifs et +2.867% en filières).

Il est vrai que le public règne en maître sur le secteur de la formation professionnelle (l’Ofppt accapare 57% du marché), mais le privé reste leader en matière de formation aux métiers des services. Jeunes collégiens, lycéens ou bacheliers, surtout ceux qui n’ont pas trouvé de place dans le public, peuvent s’y inscrire en vue d’obtenir des diplômes d’ouvrier spécialisé, ouvrier qualifié, technicien ou technicien spécialisé. Des formations allant du niveau bac-3 à celui de bac+3, et qui ne sont généralement pas soumises à des présélections. Il existe actuellement près de 1.400 établissements privés offrant quelque 120 filières, pour un tarif moyen de 12.500 DH par an. Environ 60.000 profils y ont été formés l’an dernier.  Contrairement aux lauréats de l’enseignement supérieur privé, ceux des filières accréditées de la formation professionnelle bénéficient automatiquement de l’équivalence. Ils peuvent ainsi se présenter aux concours de la fonction publique au même titre que les titulaires des diplômes d’Etat. «Beaucoup de nos bac+2 ont pu par exemple intégrer le ministère de l’Intérieur», relève Abdesslam Benahra, président de la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP). 
Les métiers de la santé sont aujourd’hui les plus à la mode auprès des jeunes souhaitant s’insérer rapidement dans le milieu du travail, car très demandés à la fois au Maroc et à l’étranger. Les aides à domicile pour personnes âgées, par exemple, sont très prisées en Europe. Les effectifs formés dans le secteur paramédical et santé ont progressé de 622% de 2002 à 2011 (voir tableau), selon la FMEP. Les métiers du BTP viennent en deuxième position, suivis de ceux du tourisme et hôtellerie et des TIC (infographistes, web designers,…). Sans compter le commerce, la gestion et la comptabilité, des spécialités «horizontales» indémodables. «Les jeunes ne choisissent pas leur spécialité en fonction de leur vocation, ils regardent plutôt les tendances du marché et font très attention aux grandes annonces sectorielles», fait remarquer Benahra. En gros, c’est le bouche-à-oreille qui l’emporte (dans 70% des cas, d’après la FMEP). Mais leurs choix ne sont pas toujours judicieux. «Les secteurs qui recrutent le plus sont du côté du tourisme, du commerce, du BTP et de l’industrie, notamment l’automobile», révèle le président de la FMEP.  Globalement, le taux d’insertion des lauréats sur le marché de l’emploi est plutôt satisfaisant, soit près de 65%, neuf mois après l’obtention du diplôme (77% après 3 ans).

Aucune passerelle avec le supérieur

Il n’existe pas de passerelles entre la formation professionnelle privée et l’université. Les lauréats n’ont pas la possibilité d’intégrer l’université en vue d’obtenir une licence professionnelle. «Nos bac+2 sont automatiquement refusés. Pourtant, l’accord-cadre signé avec le gouvernement en 2007 leur ouvre cette voie», regrette Adesslam Benahra. Du coup, les écoles privées n’ont d’autres choix que de nouer des partenariats avec des universités françaises, belges, suisses et canadiennes afin de permettre à leurs stagiaires de décrocher des licences. «Cela engendre des transferts de fonds à l’étranger dépassant les 50 millions de DH», poursuit le président de la FMEP. Du côté du ministère de l’Enseignement supérieur, pas de lueur d’espoir dans l’immédiat. «Les lauréats de la formation professionnelle privée sont refusés car ce n’est pas nous qui avons accrédité leurs filières. Il y a des prérequis à respecter et le privé doit d’abord se mettre à niveau», explique le ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi. «L’Etat veut aider le privé mais il doit d’abord s’assumer. Quand à l’accord-cadre, il faut le meubler», insiste-t-il.

Ahlam NAZIH

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