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Analyse

Compétitivité: Le diagnostic du CESE

Par L'Economiste | Edition N°:4106 Le 05/09/2013 | Partager
Les progrès réalisés son annihilés par les défaillances structurelles
Le cadre juridique et la politique fiscale jugés inadaptés
La compétitivité à l’international plombée par la faiblesse de la concurrence au niveau local

Source: Office des Changes
Pour les experts du CESE, «l’ouverture de l’économie marocaine au niveau international s’est traduite par une aggravation du déficit de la balance commerciale. Sur les deux dernières années, l’évolution des importations a atteint 6,7% au moment où les exportations ont progressé d’à peine 4,7%», ce qui se traduit par un déficit de la balance commerciale avec la plupart des partenaires du Maroc

 C’est l’un des thèmes récurrents depuis quelques années. Comment améliorer la compétitivité de l’économie nationale, qui ne cesse de se détériorer face un environnement international en pleine recomposition. C’est la tâche à laquelle s’est attelé le Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans le cadre d’une étude thématique, annexée à son rapport annuel, présenté récemment au Souverain. Le Conseil, alors présidé par Chakib Benmoussa, s’est emparé de cette question, en l’inscrivant dans une nouvelle approche mise en avant par le Forum économique mondial. Il s’agit de la compétitivité durable, qui étend les critères d’évolution à des aspects sociaux et environnementaux. Néanmoins, au-delà de cette nouvelle dimension de durabilité, l’économie marocaine souffre d’une faiblesse significative en termes de compétitivité globale. En effet, «les classements du Maroc en termes de compétitivité montrent que si des progrès ont été faits dans certains domaines, ils ont été plus que compensés par un repli dans d’autres», peut-on lire dans l’étude du Conseil. Surtout que l’ouverture de l’économie marocaine au niveau international s’est traduite par une aggravation de la balance commerciale. Sur les deux dernières années, l’évolution des importations a atteint 6,7% au moment où les exportations ont progressé d’à peine 4,7%. Les experts du CESE considèrent que «des produits et services plus compétitifs permettraient de réduire le déficit commercial et de profiter pleinement de l’ouverture économique». Or, les principaux piliers de la compétitivité semblent souffrir d’une série de dysfonctionnements. En tête, «un cadre juridique insuffisamment adapté». L’étude du Conseil pointe du doigt «le manque de transparence des décisions judiciaires, l’insuffisante spécialisation des juges, les délais de traitement des affaires et d’exécution des décisions de justice…». Parallèlement, si ce document souligne les avancées réalisées en matière d’amélioration de l’environnement des affaires, il déplore qu’elles «soient parfois annihilées par des mesures contradictoires prises par d’autres départements ministériels». Le CESE s’attaque également à l’approche adoptée par l’Etat, qui «crée des distorsions en favorisant certains secteurs, en leur accordant des aides spécifiques. Ce qui fausse la concurrence». La politique fiscale n’est pas en reste. L’étude du Conseil considère qu’elle «n’est pas aujourd’hui en mesure de contribuer au renforcement de la compétitivité». Surtout que son poids ne pèse pas de façon équilibrée sur les opérateurs. En effet, «l’IS est supporté par une minorité d’entreprises, l’IR repose essentiellement sur les salaires dans les secteurs organisés et la TVA ne touche pas de grands pans de l’activité économique». Une situation aggravée par l’incivisme fiscal, dû à la relation conflictuelle entre l’Administration des impôts et les contribuables.
Par ailleurs, les experts du CESE estiment que la compétitivité globale du Maroc est également sapée par la faiblesse du cadre concurrentiel au niveau local, en dépit des mesures législatives et réglementaires entreprises il y a quelques années. Cela est accentué par un niveau de corruption qui «constitue un véritable frein à la compétitivité». En effet, le rapport de la compétitivité du Forum économique mondial de 2012/2013 souligne que «les entreprises interrogées citent la corruption comme le 3e facteur le plus problématique pour faire des affaires au Maroc, après l’inefficacité de l’administration et le difficile accès au financement».

Convergence sectoriellle

Au-delà des problématiques liées aux aspects réglementaires, l’étude du CESE déplore le manque de cohérence et de convergence des politiques sectorielles. Il s’agit là d’une critique récurrente durant les dernières années, et certains partis politiques en avaient fait un élément central dans leurs campagnes électorales. Ainsi, les différentes stratégies adoptées ne prévoyaient aucun mécanisme permettant d’assurer la cohérence des approches, la convergence des objectifs et la mutualisation des moyens des programmes sectoriels. Ce qui «limite l’impact effectif des réformes mises en œuvre pour l’amélioration de la compétitivité», est-il indiqué. L’étude pointe également les défaillances en matière d’éducation et de formation inadaptées aux exigences de la compétitivité.

Mohamed Ali MRABI

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