×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Enquête

    Avis du psy
    L’addiction au jeu, une dépendance maladive

    Par L'Economiste | Edition N°:4090 Le 07/08/2013 | Partager

    Bouchaïb Karoumi

    Les symptômes de l’addiction aux courses de chevaux sont semblables à n’importe quelle autre dépendance: sueur froide, nervosité, irascibilité, trouble du sommeil et de l’alimentation, stress. Face au phénomène, la société marocaine ne tranche pas. «Le jeu a mauvaise image et les gens n’hésitent pas à le fustiger mais le vice est toléré car il constitue aussi une entreprise qui crée de l’emploi», explique Bouchaïb Karoumi, psychiatre à Casablanca. Entretien. 

    - L’Economiste : Parmi vos patients, y a-t-il  des profils touchés par l’addiction aux paris hippiques ?
    - Bouchaïb Karoumi : Oui, mais ces personnes consultent rarement de leur propre initiative car elles ne croient pas à l’existence d’une véritable pathologie. Toutefois, cette catégorie de patients entrevoit l’existence d’un problème surtout parmi la classe moyenne et tout particulièrement les cadres. Mais ils ne consultent que lorsqu’ils sont poussés par leur famille.

    - En quoi ils se distinguent des autres? Comment les catégorisez?
    - Ces patients ont généralement causé de gros troubles qui ont tellement affecté la vie familiale pour qu’ils soient amenés de force en thérapie. Leur niveau d’addiction est souvent très élevé, de l’ordre de la dépendance maladive.
    - Avez-vous constaté une hausse du nombre des accros au jeu ces dernières années?
    - Avec la montée en puissance d’internet et des autres moyens pour parier, les populations de joueurs marocains évoluent en conséquence. Mais encore, alors que la pratique du jeu au Maroc se limitait au loto et aux courses hippiques,  aujourd’hui on voit apparaître de nombreuses autres options telles que les tables à cartes clandestines, les nouveaux casinos autorisés et clandestins, les tickets à gratter… De sorte que même la population féminine s’y exerce de plus en plus.

    - Comment se comportent les familles et l’entourage des personnes dépendantes?
    - Dans l’ensemble c’est un compromis dont les familles ne parlent pas. Tant que l’homme amène de quoi dîner le soir, il peut garder son petit vice qui restera un tabou dans la famille. Si la situation dégénère, le jeu peut mener l’homme à l’éclatement de sa famille. Souvent, selon le scénario suivant: une femme qui demande le divorce et des enfants qui perdent un père qui s’est tant avili que le jeu est devenu son maître. Certains d’entre  eux perdent leur travail car ils n’y vont plus, ou vendent leur entreprise quand ils en ont une pour pouvoir parier à nouveau.
    - Quel regard la société porte-t-elle sur ce type d’addiction?
    - La société marocaine, fidèle à elle-même, va adopter une posture double en ce qui concerne le jeu : d’un côté il a mauvaise image et les gens n’hésiteront pas à le critiquer, de l’autre on le tolère et on accepte ce vice qui est aussi une entreprise qui donne des emplois.

    - Quels sont les signes d’une telle addiction ?
    - Lorsqu’un turfiste est en manque d’argent pour jouer, les symptômes sont semblables à n’importe quelle autre addiction : sueur froide, nervosité, irascibilité, trouble du sommeil et de l’alimentation, stress. Le parieur a l’esprit tourmenté par le manque ce qui induit des conséquences sur son physique.


    Propos recueillis par A. G.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc