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    Enquête

    Technopark de Casablanca
    Start-up: Le copycat fait fureur

    Par L'Economiste | Edition N°:4083 Le 26/07/2013 | Partager
    Beaucoup de «copier-coller» de concepts étrangers
    Les petites structures toujours exclues des appels d’offres
    Soutien financier et coaching, les points faibles

    Source: MCINET
    Près de 125 start-up technologiques devaient être créées entre 2008 et 2013 grâce à des mécanismes d’appui et de financement appropriés dans le cadre de la stratégie Maroc Numeric 2013. Mais vu les retards accumulés sur les programmes et la multitude de difficultés rencontrées, pas sûr que l’objectif soit atteint cette année. Le ministère prévoit de livrer le bilan de la stratégie en septembre prochain.

    Au Maroc, l’on est encore loin du modèle de l’inventeur de génie qui développe un concept ou un produit de rupture dans son garage, lance sa start-up et la revend trois années plus tard contre un bon pactole. Ou encore de celui de l’étudiant qui innove dans le laboratoire de son université, lance son affaire et se fait ensuite courtiser par les plus grands groupes. Rares sont les entreprises qui sont nées d’une idée géniale et totalement nouvelle. La plupart du temps, les start-up, y compris celles du technopark, optent pour ce que l’on appelle le «copycat». Elles ramènent des business modèles de l’étranger et essayent de les dupliquer au Maroc. Certaines y mettent un peu de valeur ajoutée en les accompagnant de nouveaux services, tandis que d’autres se contentent de muscler leur stratégie commerciale en vue de maximiser leur chiffre d’affaires. Et ça ne marche pas toujours…
    Il faut dire que l’ensemble du processus de promotion de l’innovation au Maroc est en panne. «Il n’y a pas encore d’écosystème à même d’accompagner correctement les start-up», relève Rachid Harrando, président de Netpeas. Les startupers essaient de s’en sortir du mieux qu’ils peuvent, souvent seuls. D’autant plus que la culture start-up n’est pas suffisamment ancrée dans les mœurs. Ces structures sont la plupart du temps assimilées à des TPE. D’ailleurs, personne ne sait exactement combien il y en a au Maroc.   
    Côté financement, il n’existe pratiquement qu’un seul fonds d’amorçage aidant les start-up à démarrer leur activité, Maroc Numeric fund (MNF) créé en 2010. Doté de 100 millions de DH, il ne peut octroyer que 5 à 8 millions de DH par projet. Une enveloppe précieuse pour les porteurs de projet, mais qui reste insuffisante. A aujourd’hui, le Fonds a soutenu quelque 8 start-up sur un total de 169 demandes reçues. Il existe également le programme Intilak, relevant du Fonds de soutien de l’innovation (380 millions de DH). Cet outil permet d’offrir jusqu’à 1 million de DH par projet. Près de 26 en ont bénéficié à avril dernier. Or, il prévoit d’en financer 200. «Le lancement d’un fonds de capital amorçage public-privé dédié à l’innovation sera indispensable à court terme, il est prévu dans notre feuille de route», reconnaît le ministère de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies.
    Il n’existe par ailleurs que très peu de business angels. «Même les sociétés d’investissements classiques ont un peu levé le pied sur tout ce qui est nouvelles technologies. La majorité des sociétés du secteur s’autofinancent.», regrette Driss Benchekroun, secrétaire général de l’Association des sociétés du technopark de Casablanca (Astec). A ce niveau, le Maroc est clairement en retard par rapport à ses concurrents directs, comme la Turquie et la Jordanie. «En Turquie, plusieurs fonds sont proposés. Ils sont dotés d’enveloppes allant jusqu’à 50 millions de dollars», fait remarquer Harrando.
    Malgré cela, ce n’est pas du manque de cash que les start-up se plaignent le plus. Mais plutôt de faiblesse du coaching et de l’accompagnement des entreprises qui démarrent.
    Autre difficulté, l’accès au Marché. Trop petites pour répondre à de grands marchés, et n’ayant pas toujours les moyens de payer les cautions exigées, elles sont de facto exclues des appels d’offres du public. «Nous avions demandé, du temps du ministre Chami, que les appels d’offre soient morcelés afin de permettre aux start-up d’y soumissionner, mais rien n’a été fait. L’actuel ministre, pour sa part, n’a pour l’heure rien fait pour le secteur», regrette Benchekroun. Ce sont toujours les multinationales, ainsi que quelque rares SSII marocaines qui remportent les marchés publics.  
    Les profils pointus en nouvelles technologies ne courent pas les rues non plus! Sans parler du lot quotidien de toutes les entreprises: difficultés de recouvrement, délais de paiement.

                                                                                                          

    StartupYourLife voit le jour

    Les startupers s’organisent. Il y a quelques mois, une initiative, baptisée StartupYourLife, a vu le jour. Objectif: fédérer les différents acteurs de l’écosystème afin de faire émerger une «Start-up culture» au Maroc. Une soixantaine de startupers et de passionnés de l’innovation, du Maroc et de l’étranger, y ont déjà adhéré. «Nous sommes partis d’un constat simple: les start-up représentent un relais de croissance extraordinaire. Toutefois, au Maroc, elles se sentent seules et font face à des difficultés de taille. Or, dans la plupart des pays développés et émergents, tout est fait pour les booster», explique Kenza Lahlou, co-fondatrice de cette initiative. StartupYourLife compte réunir entrepreneurs, mentors, experts de tous bords et business angels. Pour l’heure, les fondateurs continuent d’identifier des cibles potentielles, tout en restant très sélectifs. Plusieurs évènements autour des start-up sont prévus.

                                                                                                    

    La CGEM à la rescousse

    En vue de coacher et d’accompagner les futurs startupers, le ministère de l’Industrie a fait appel à la CGEM, en mars 2012, afin de lancer un programme de formation à la création de start-up innovantes, Innova Project. Le programme cible exclusivement les étudiants universitaires en dernière année des filières scientifiques. Après une expérience pilote dans 5 établissements supérieurs en 2011 et 2012, la phase de généralisation est prévue dès cette année. Les étudiants en formation peuvent bénéficier de l’incubation de leur projet au niveau de la cité de l’innovation de leur région, ainsi que d’une adhésion au Club marocain de l’innovation.

                   

     

    Ahlam NAZIH

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