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    Enquête

    Technopark de Casablanca : Un modèle has been?

    Par L'Economiste | Edition N°:4083 Le 26/07/2013 | Partager
    Un bâtiment tout à fait «classique»
    Peu d’innovations et d’émulation des entreprises technologiques
    Plus de 600 y sont passées depuis son lancement

      

    Un cluster d’entreprises technologiques, une pépinière de l’innovation, et un tremplin pour les start-up, c’était l’objectif de départ du technopark de Casablanca. Mais qu’est-il devenu quelque 12 ans après son inauguration?
    Depuis son lancement, plus de 600 entreprises ont défilé dans les locaux de cet établissement de 30.000 m². Chaque année, 30 à 40 d’entre elles le quittent pour céder la place à celles qui ne trouvent pas de loyer ailleurs. C’est justement l’un des points forts du technopark, offrir des locaux aux petites structures à des tarifs «imbattables». Soit 50 DH le m², pour des bureaux de 27 m² pendant les 18 premiers mois. Le prix PME est de 100 DH le m². Mais généralement, dès que les entreprises commencent à grossir, elles préfèrent se payer ailleurs des plateaux plus grands. Car, au technopark, il est difficile de trouver des bureaux situés côte à côte. 
    Actuellement, près de 200 entreprises employant plus de 1.500 personnes y sont logées. De 2008 à début 2013, environ 246 y ont été accueillies, dont 129 start-up. Ces dernières représentent donc près de la moitié de sa «communauté». La majorité des structures hébergées, soit 80%, sont dans les IT. Les 20% restants sont des entreprises d’accompagnement, censées participer à assurer un environnement propice aux affaires (banques, fiduciaires, agences de voyages, cabinets de conseil en gestion d’entreprises...). Sans compter les antennes d’organismes tels que Maroc Numeric Fund (MNF), Maroc Numeric Cluster (MNC), le Centre marocain de l’innovation (CMI), l’Apebi ou encore le réseau Maroc Entreprendre. En matière de services, les entreprises obtiennent des packages de prestations de base (climatisation, nettoyage et entretien, boucle télécoms, électricité, gardiennage, …). En plus des services aux salariés (crèche, magasins, cafétéria,…).       
    A priori, tout a été conçu pour garantir les meilleures conditions aux entreprises, et plus particulièrement aux start-up. Par ailleurs, la cohabitation facilite le networking et les partenariats. Mais cela a-t-il pour autant permis la création d’un espace de créativité et d’émulation? Pas si sûr…Le technopark de Casablanca n’est pas vraiment ce que l’on pourrait appeler une silicone valley ou un temple de l’innovation.
    «Ce n’est pas sûr que ce soit grâce à l’environnement offert par cette structure que les start-up se développent. C’est plutôt parce qu’elles baignent dans le milieu technologique», estime Driss Benchekroun, vice président de l’Association des sociétés du technopark de Casablanca (Astec), créée il y a à peine 4 ans. «Au fond, le technopark est une société qui gère un bâtiment tout à fait classique», ajoute-t-il. Certains vont jusqu’à dire qu’il s’agit d’un simple syndic! En outre, il ne bénéficie d’aucun soutien de l’Etat. L’établissement doit veiller à l’équilibre de ses comptes. Du coup, il ne peut accorder de facilités aux sociétés en difficulté. «J’ai été pratiquement chassé pour moins de 1.000 DH que je n’arrivais pas à payer à temps», témoigne un chef d’entreprise. 
    Beaucoup s’accordent aussi à dire que côté innovation, les entreprises du technopark sont loin du compte. «Il n’y a que 5 ou 10 sociétés réellement innovantes. La majorité opèrent des activités tout à fait classiques», assure Hamza Abou El Fath, PDG de Genious Communication. «Il n’y pas non plus beaucoup de vraies start-up. La majorité est constituée de SSII (Société de services en ingénieurie informatique) et de cabinets de conseil. Des entreprises qui n’ont pas la même ambition ni le même esprit de travail», surenchérit  Mohamed Attari, patron de Greendizer.
    Même en matière de partenariat et de développement de projets communs, les initiatives se comptent sur les doigts de la main.
    Toutefois, il faut tout de même signaler que depuis 2008, les choses vont beaucoup mieux au technopark. Le taux de satisfaction des entreprises qui y sont hébergées est passé de 44 à 97%. «L’Etat aurait aussi dû prévoir des financements pour que l’établissement puisse apporter plus d’appui aux start-up», suggère Benchekroun.
    Depuis juillet 2012, un 2e technopark a vu le jour à Rabat. Il abrite près de 35 entreprises dont 14 start-up. La société gestionnaire, MITC (Morrocan Information Technopark Company), espère dupliquer le concept dans d’autres villes. Mais peut-être serait-il plus judicieux de le revoir et de le corriger.

    Clusters et cités de l’innovation, solutions d’avenir

        Pour innover et se développer, il est clair que les start-up ont besoin de bien plus que d’un espace de location et de gestion des services de base. Le ministère de l’Industrie, du Commerce et des nouvelles technologies, dans le cadre de la stratégie Maroc Innovation, mise sur les clusters industriels et technologiques, ainsi que sur les cités de l’innovation.
    Concernant les clusters, il s’agit d’espaces à même d’animer les acteurs (entreprises, centres de formation, unités de recherche) autour de projets R&D dans des niches bien définies, et de créer des synergies pour le développement de projets innovants. Ils ont également pour tâche d’améliorer la visibilité des entreprises innovantes et de participer à les placer sur la carte mondiale de l’innovation. Près de 15 clusters devraient être accompagnés par l’Etat d’ici 2014, afin d’atteindre ces objectifs. Mais pour l’heure, seuls 6 ont été sélectionnés, suite aux appels à projets lancés en 2011 et 2012. 
    Les cités de l’innovation, elles, devraient comprendre à la fois un incubateur, des centres de R&D, des services d’accompagnement, des entreprises innovantes et des bureaux de transferts de technologies. Elles ont pour principale mission de créer des pôles de compétences régionaux et d’augmenter les contrats de recherche entre entreprises et universités. La tutelle prévoit de mettre en place 14 cités adossées aux Universités dans les différentes régions d’ici 2016.Trois sont en cours de lancement à Marrakech, en partenariat avec l’Université Cadi Ayyad, à Fès (université Sidi Mohammed Ben Abdellah) et à Rabat (université Mohammed V Agdal).

    Actionnariat

    - L’Etat: 35%
    - Attijariwafa bank: 17,7%
    - BCP: 17,5%
    -  CDG: 17,5%
    - BMCE: 12,3%

    Peu de suivi…

    Mis à part les enquêtes de satisfaction de la société gestionnaire, MITC, il n’existe pas vraiment de suivi des entreprises qui passent par le Technopark. Impossible donc de savoir combien survivent et combien disparaissent à la fin de leur séjour dans cette structure. Même du côté de l’Astec, qui n’a été créée que depuis 4 ans, peu d’informations des anciens locataires sont conservées. Le rôle de l’association se limite d’ailleurs, pour l’heure, à l’organisation, tous les 2 ou 3 mois, de rencontres destinées à mettre en relation les entreprises avec les grands comptes.

     

    Ahlam NAZIH

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