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    Economie

    Un nouveau rapport dévoile l’enfer des prisons

    Par L'Economiste | Edition N°:4003 Le 04/04/2013 | Partager
    Violence, trafic de drogue… l’OMP dresse la liste
    Plus de 79% des prisonniers analphabètes

    L’Observatoire marocain des prisons a enregistré 359 plaintes dont 117 ont trait à la violence. Ce qui a conduit à une série de grèves de la faim (88 plaintes). L’accès aux soins médicaux n’est pas totalement acquis comme le montre le nombre de 80 plaintes qui ont été reçues dans ce sens

    Après la Commission de la justice et de la législation de la Chambre des représentants et le CNDH, c’est au tour de l’Observatoire marocain des prisons (OMP) de mettre le dossier des prisons sur la table. Dans son rapport 2011-2012, présenté par Nadia Belkida hier à Rabat, l’association détaille les irrégularités constatées dans les centres de détentions. C’est surtout la surpopulation carcérale qui est pointée du doigt. Une comparaison entre la capacité d’hébergement des différentes prisons du pays et le nombre de détenus en dit long sur les dépassements enregistrés. Parfois dans des proportions dramatiques. La prison de Aïn Kadous de Fès en est le parfait exemple. Elle abrite 1.968 détenus pour une capacité de 900, soit un taux d’encombrement de 118%. Idem à la prison locale d’Aïn Sbaâ (Casablanca) qui accueille 7.838 détenus pour une capacité de 5.000, soit un taux d’encombrement de 56,68%. L’OMP explique cela par l’ampleur de la détention provisoire qui représente 46% de la population carcérale. «C’est aussi le résultat des failles de notre politique pénale et de la mauvaise gestion des prisons», comme l’a souligné Me Abderrahim Jamai, membre de l’OMP. Quelle que soit la raison, «cette situation a conduit parfois à utiliser des toilettes comme dortoirs pour les détenus», peut-on lire dans le rapport. Me Jamai relève aussi la difficulté de dialoguer avec l’Administration péniten-tiaire. «Ce qui ne nous permet pas de promouvoir notre champ d’action», a-t-il dit. 
    Au total, l’Observatoire a enregistré 359 plaintes dont 117 ont trait à la violence. Ce qui a conduit à une série de grèves de la faim (88 plaintes).  Sans grande surprise, l’ONG pointe du doigt le trafic de drogue dans lequel sont impliqués 37,25% des détenus qui sont au nombre de 70.675. Elle a également constaté des pratiques clientélistes et des cas de corruption sans donner de chiffres.  En dépit des efforts du ministère de la Justice et de l’Administration pénitentiaire, le droit à l’enseignement n’est pas totalement acquis. 79,3% des prisonniers demeurent analphabètes. «Ce qui freine la mise en œuvre des plans de réinsertion, notamment les programmes de formation professionnelle», déplore-t-on. L’Observatoire ne s’est pas contenté de relever les dysfonctionnements qui sévissent dans nos prisons. Il a aussi formulé une série de recommandations portant notamment sur la révision du code pénal, particulièrement les dispositions relatives à la détention provisoire.


    Hajar BENEZHA

     

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