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Officines: Fin des années fastes?

Par L'Economiste | Edition N°:3978 Le 28/02/2013 | Partager
Plusieurs pharmacies lâchées par les grossistes
Réductions drastiques du chiffre d’affaires
Des marges brutes de 8%

Source: IMS Health
Le nombre de pharmacies installées contribue à la crise surtout dans les zones saturées. Les grandes agglomérations comme Casablanca ont connu une croissance exponentielle du nombre d’officines et donc une baisse de leurs revenus. Pendant cette période la consommation de médicaments progresse moins vite

Un nombre important d’officines sont  lâchées par les grossistes. Un constat alarmant révélé par Oualid Amri, président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens. Les pharmacies s’éloignent des années fastes et des stéréotypes d’activité vache à lait. « Mon chiffre d’affaires a été réduit de 30% en 2012 », témoigne un pharmacien établi dans la région d’Agadir. La crise a clairement impacté la profession. « La mauvaise saison agricole a réduit le pouvoir d’achat de beaucoup de nos clients», surenchérit le pharmacien gadiri. « Les fins de mois sont de plus en plus dures », explique une pharmacienne de Casablanca. Les difficultés du secteur sont attribuées à plusieurs facteurs. Selon les données du cabinet IMS Health, le chiffre d’affaires annuel  moyen des officines est passé de près de 500.000 DH en 2000 à 330.000 DH, l’année dernière. Les problèmes du secteur résultent avant tout de l’étroitesse du marché pharmaceutique. Techniquement, les 30 millions de Marocains consomment quasiment autant de médicaments que 6 millions de Jordaniens. Cette situation est la conséquence logique d'une très faible consommation médicamenteuse (à peine 400 DH  par personne par an ou 9 boîtes en moyenne en 2012). Cette faiblesse du pouvoir d’achat est intimement liée à la faiblesse de la couverture médicale. « La croissance du secteur au profit des officines mais également des patients ne peut se faire sans une couverture médicale généralisée », explique Amri.
Plus encore, la dernière annonce de la baisse de prix de 1.500 médicaments faites par le ministre de tutelle inquiète les professionnels. Pourtant, El Haussaine Louardi, s’était engagé à ne pas mettre en péril la santé financière des officines. Dans la pratique, la baisse des prix des médicaments se trouve face à certaines difficultés. « Au niveau de l'industrie, il y a une absence d'économies d'échelle à cause de la taille du marché. Pour le grossiste, la contrainte est la faiblesse des marges (7% de marge brute et près de 1% nette avec des charges importantes en carburant et en téléphonie et informatique). Quant aux pharmaciens qui se trouvent en aval de la chaîne, leur fragilité est encore plus grande», explique Abdelmajid Belaïche, chercheur en pharmaco-économie. Ainsi, toute baisse des prix doit faire l’objet d’une étude d’impact économique pour atténuer les difficultés du secteur.
Par ailleurs,  la profession a été victime de son succès. Alors que le Maroc ne comptait que près de 4.000 officines au début des années 2000, elles sont aujourd’hui au nombre de 12.000. « Le nombre de pharmacies installées contribue à la crise surtout dans les zones saturées», explique Belaïche. S’y ajoute le problème du nombre des nouveaux diplômés pharmaciens qui arrivent sur un marché pratiquement saturé et qui risquent d'aggraver la situation de l'officine. En fait, les pharmacies se concentrent dans les grandes agglomérations au détriment des petites villes. Résultat : les parts de marché sont sensiblement réduites. « Malheureusement, il n'y a pas de cartographie précise des installations des officines au Maroc. Elle est indispensable car elle permettrait de faire d'abord un état des lieux des installations et d'orienter ensuite d'éventuels nouveaux pharmaciens désirant s'installer dans des zones moins saturées et éviter ainsi les installations suicidaires », souligne Belaïche. La seule cartographie existante date de 2008. Elle décompte les effectifs de pharmaciens par région. Le Grand Casablanca y arrive largement en tête en concentrant 16% des effectifs. Il est suivi par la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer. Une tendance logique à première vue mais qui met en danger la pérennité du secteur. Le chercheur recommande la mise en place d’une cartographie précise et l'instauration en plus du chaînage d'un Numerosus Clausus à la fois démographique et économique.

Le monopole a sauté

L’autre cause du déclin de la rentabilité des officines est l'atteinte au monopole des opérateurs. Le fait que beaucoup de produits de santé sont sortis de l'officine pour rejoindre d'autres circuits a largement contribué à la dégradation du chiffre d'affaires officinal. Ainsi, les produits vétérinaires, les produits de la parapharmacie (cosmétiques et compléments alimentaires etc.) sont de moins en moins vendus à travers les officines. Pis encore, «de véritables circuits informels se sont développés (contrebande, vente de médicaments dans les souks et autres quartiers populaires», dénonce Belaïche.

Ilham BOUMNADE

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