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La migration marocaine s’est féminisée

Par L'Economiste | Edition N°:3977 Le 27/02/2013 | Partager
Les femmes représentent environ 40% du phénomène
Les migrants sont jeunes et surtout du milieu rural
L’épargne est plus souvent utilisée à l’achat de propriété

Source: Ministère de l'Intérieur
De 2004 à 2011, on voit aussi de plus en plus de migrants originaires de pays peu représentés jusque-là, notamment l’Italie, la Turquie, le Congo, le Mali, la Guinée, les États-Unis et la Chine. Le Maroc s’ouvre à d’autres nations, attirées par son attractivité économique

Les femmes représentent aujourd’hui environ 40% de la migration marocaine. C’est là un constat de l’enquête sur «Le rôle des compétences dans le phénomène migratoire au Maroc», préparée dans le cadre du projet «Migration et compétences» de la Fondation européenne pour la formation (ETF)(1). «La migration marocaine s’est féminisée, d’abord par suite du regroupement familial et ensuite du fait de l’augmentation du nombre des Marocaines qui émigrent soit avec leur famille, soit seules en étant à la recherche d’une vie meilleure, surtout en termes économiques», selon les auteurs du rapport. Reste que majoritairement le migrant marocain est toujours un homme: 48% des hommes et 35% des femmes de l’enquête ont l’intention d’émigrer. Un autre constat qui n’est pas nouveau. Le phénomène migratoire est très répandu au Maroc. D’après les experts, le nombre de Marocains ayant migré à l’étranger en 2011 est estimé à plus de 3 millions et 42% des personnes ayant répondu à l’enquête ont l’intention d’émigrer». L’émigration est plus forte chez les jeunes et, de même, les migrants de retour sont également relativement jeunes. Le phénomène est aussi bien répandu dans le milieu rural que dans le milieu urbain, sauf à Casablanca et Rabat où l’on a moins souvent l’intention de migrer. Quant à la répartition géographique des départs du Maroc, la région d’Agadir arrive en tête avec 52% des personnes ayant l’intention d’émigrer, la région de Marrakech arrivant en deuxième position (49%). Les relations familiales avec les primo-migrants pourraient être à la base de cette perpétuation de l’émigration devenue une tradition régionale. Ces deux régions, ayant une vocation touristique, permettent également un contact permanent avec les étrangers, ce qui peut constituer un facteur de facilitation de l’acte d’émigrer qui ne concerne pas que les nécessiteux. Au contraire, le développement porté par l’activité administrative à Rabat et par l’activité économique à Tanger et Casablanca a permis de limiter la propension à migrer de ces régions.
Les migrants préfèrent le continent européen (plus de 70%). Quels que soient le niveau d’études des répondants à l’enquête et leur statut professionnel, la France, l’Espagne et l’Italie restent les destinations préférées des migrants potentiels (voir infographie). Toujours selon la même source, le phénomène migratoire touche toutes les catégories sociales des différents niveaux d’éducation. En effet, 58% des migrants de retour interrogés ont un niveau d’études faible (contre 83% dans la population marocaine), 23% ont atteint un niveau d’études moyen (contre 10%) et 19% sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur (contre 7%).
Il est à préciser que le chômage encourage l’émigration dans une certaine mesure, mais les données de l’enquête démontrent que la migration ne concerne pas seulement les catégories sociales pauvres ou les sans-emplois.
En ce qui concerne l’impact de la migration sur le niveau de vie, la grande majorité des migrants de retour interrogés (66%) vit dans de bonnes conditions sociales contre seulement 33% chez les migrants potentiels. Le rapport s’est penché aussi sur l’impact financier de la migration. Les experts constatent une certaine dispersion selon le niveau d’études puisque la proportion d’envoi des fonds s’élève à 69% chez ceux qui ont un niveau d’éducation faible, alors qu’elle n’est que de 49% chez les personnes qui ont atteint un niveau d’éducation élevé. A noter que l'épargne des migrants de retour est plus souvent utilisé à l’achat de propriété (33% contre seulement 16% des fonds envoyés) et surtout à des activités commerciales (32% contre seulement 8% des fonds envoyés) ce qui signale une meilleure contribution de l’épargne que des fonds envoyés au développement à plus long terme.

Le profil typique d'un migrant marocain

C’est un homme célibataire avec un faible niveau d'éducation qui migre une fois pour une période de dix ans en France ou en Espagne afin d’améliorer ses conditions de vie. Il n’est pas au courant des programmes (gouvernementaux) qui facilitent la migration de travail, compte sur ses amis et membres de la famille pour trouver un emploi à l'étranger. Il travaille en tant que salarié ou travailleur occasionnel, passe environ dix mois au chômage, apprend la langue du pays hôte. Mais n’acquiert pratiquement pas d'autres nouvelles compétences et retourne au Maroc principalement pour des raisons familiales. Son expérience de travail à l'étranger a amélioré ses opportunités professionnelles en comparaison avec les non migrants et il travaille en tant que salarié ou (avec une probabilité accrue après la période migratoire) comme entrepreneur. Au cours de sa migration, il a envoyé des fonds au Maroc mais presque 90% de ceux-ci ont été utilisés aux dépenses courantes. Il a également fait des épargnes dont un tiers est utilisé pour l’achat de propriété et un tiers peut-être dédié à une activité commerciale. Il n’envisage pas d’émigrer de nouveau.

F.Z.T.

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(1) C’est une agence de l’Union européenne qui fournit conseils et assistance aux pays partenaires dans le but de développer leur capital humain grâce à la réforme des systèmes d’éducation et de formation, conformément à la politique de relations extérieures de l’Union européenne. L’étude a été menée en partenariat avec l'Amerm (Association marocaine d'études et de recherches sur la migration) et les autorités marocaines

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