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Artisanat: Coup d’accélérateur à l’apprentissage

Par L'Economiste | Edition N°:3976 Le 26/02/2013 | Partager
Formation initiale, continue… plusieurs intervenants impliqués
40 métiers jugés prioritaires

Abdessamad Kayouh, ministre de l’Artisanat: «L’ensemble des actions relatives à la matière première dépend aussi de l’organisation des artisans en unions de coopératives. Cela permettra de constituer un fonds de roulement, via la commercialisation des produits à forte valeur ajoutée»

Des métiers de l'artisanat disparaissent faute de vocation chez les jeunes générations ou à cause de la rareté de la matière première. Abdessamad Kayouh, ministre de tutelle, explique la stratégie de son département pour valoriser la formation et améliorer l'approvisionnement en bois, métal, laine…

- L'Economiste: Le secteur compte 150 métiers, mais certains sont en voie de disparition. Quelle est la  stratégie de votre département pour préserver le savoir-faire marocain?
- Abdessamad Kayouh: Effectivement, nombreuses sont les activités artisanales, notamment à fort contenu culturel, qui se trouvent aujourd'hui menacées. C’est ainsi que la préservation du patrimoine artisanal et la valorisation des savoir-faire qui lui sont associés sont devenues de facto l’une des préoccupations du ministère de l’Artisanat. Un important travail a été fait dans ce sens. Après inventaire des métiers en voie de disparition, nous avons dressé une liste de 40 métiers jugés prioritaires dans notre action. Il y a eu aussi la réalisation d’un prototype de dispositif multimédia, appliqué au métier de la marqueterie fine de Fès, pour la transcription de cette technique ancestrale en voie de disparition, ainsi que pour l’instauration d’un support de formation à distance, à travers un site web dédié au projet (www.maalem.ma).
Huit autres métiers sont concernés par cette transcription: les selles brodées, la reliure-dorure, la céramique de Meknès, le zellige de Tétouan, le feutrage, le cuir excisé, la damasquinerie et la fabrication d’instruments de musique.
Par ailleurs, le ministère prévoit pour l’année 2013 la transcription de 5 autres métiers, qui sont la maroquinerie de Taghzout, l’armurerie (fusils de fantasia), la natterie, la fabrication de poufs et la vannerie.

- L'approvisionnement en matières premières (bois de thuya, de cèdre, cuir, etc.) est de plus  en plus compromis… Ce qui décourage les artisans…
- Tout à fait. La matière première constitue évidemment une problématique non seulement en termes d’approvisionnement mais également en termes de qualité et de prix. Or la recherche de solutions adéquates suppose  une coordination étroite entre l’ensemble des intervenants et parties concernées. Dans ce cadre, une étude est réalisée dans les provinces du sud concernant certaines matières premières (l’argent et le cuir). Cette étude ainsi que les recommandations qui en découlent sont validées et la mise en œuvre du plan d’action se fera courant cette année.

- Les Eaux et Forêts et d'autres départements doivent être impliqués…
- C'est vrai. Une convention cadre a été signée fin 2012 avec le Haut-Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification dont l’objectif est de cerner les circuits d’approvisionnement, et  permettre aux artisans d’acquérir le bois en quantité suffisante et à des prix convenables notamment le bois de cèdre et de thuya. De même des concertations ont eu lieu avec le ministère de l’Agriculture dans le but de valoriser certaines races ovines afin de garantir une disponibilité régulière de la laine en qualité supérieure.  Enfin, il y a lieu de souligner que la réussite de l’ensemble des actions relatives à la matière première dépend entre autres de l’organisation des artisans en unions de coopératives, ce qui leur permettra de constituer un fonds de roulement qui pourra être renouvelé suite à la commercialisation des produits à forte valeur ajoutée et qui pourra les protéger contre les fluctuations de cours des matières premières, plus particulièrement l’or et l’argent.

- Quelle est la stratégie de votre département pour améliorer la formation et la qualité des produits de l'artisanat? 
- Je rappelle que le secteur de l’Artisanat est un secteur économique à part entière, qui dispose de ses propres mécanismes de développement compte-tenu de ses spécificités  et de son potentiel en termes de création d’emplois et de revenus pour une large tranche de la population. 
Pour le développement de son dispositif de formation professionnelle, tel que prévu dans la Vision 2015, le ministère de l’Artisanat s’est inscrit dans un processus ambitieux de mise à niveau et d’amélioration continue. Appuyé dans ce long processus par le programme MCC (Millenium Challenge Corporation), le ministère a mis en place un plan d’actions intégré touchant tous les aspects liés à son dispositif de formation professionnelle,  visant à la fois l’amélioration de la qualité et de la pertinence de la formation professionnelle initiale, destinés aux jeunes stagiaires et apprentis, ainsi que le développement des compétences techniques et managériales des artisans en activité.

- Comment?
- Par l'amélioration de l'ingénierie de formation (développement, adaptation et accompagnement des programmes de formation initiale; élaboration de manuels et guides pour les apprentis et les formateurs, formation continue des artisans en activité); la formation des formateurs et des responsables des établissements de formation professionnelle et l'amélioration du système d'information du dispositif de formation professionnelle. 

- Il y a beaucoup d'intervenants dans le volet formation. OFPPT, Académie des arts, écoles de design… comment le ministère coordonne tout cela?
- Le ministère de l’Artisanat est le principal opérateur de la formation dans les métiers de l’artisanat. De ce fait, il coordonne ses activités avec le département de la Formation professionnelle et les chambres d’artisanat qui interviennent principalement dans le système de formation par apprentissage. Au niveau local, le ministère réalise des Plans de développement régionaux de l’artisanat (PDRA) dont la formation est une composante principale et dont le suivi et l’évaluation se font de façon systématique par des comités de pilotage.


Propos recueillis par Fatima EL OUAFI

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