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Maghreb Steel diffère ses investissements

Par L'Economiste | Edition N°:3976 Le 26/02/2013 | Partager
Le sidérurgiste met en suspens des projets de 1,2 milliard de DH
Les mesures anti-dumping plus que jamais urgentes

Le groupe tourne actuellement à 40% de sa capacité estimée à 1,5 million de tonnes pour le laminage à chaud et à 1 million de tonnes pour l’acier. Pour Fadel Sekkat, PDG, seule l’introduction de droits de douane à l’importation peut préserver la pérennité de l’activité

Maghreb Steel tire la sonnette d’alarme. Le géant marocain de l’acier ne voit pas d’autres issues à la crise que vit le secteur de la sidérurgie sans une intervention des pouvoirs publics. «L’Etat doit d’urgence introduire des mesures fortes pour protéger le secteur», insiste Fadel Sekkat, PDG du groupe. Touché de plein fouet par la crise économique qui a conduit à un effondrement des cours de l’acier et à une baisse sensible de la demande, le secteur peine à se relever. «Les prix de la bobine à chaud sont passés de 1.200 dollars à moins de 400 dollars en 2008. Ils se sont ensuite situés à 550 dollars en 2012», relève Sekkat. Les prix sont, cependant, remontés à quelque 650 dollars en janvier et février 2013, date à laquelle l’on a assisté à un début de reprise des commandes. Les opérateurs doivent également dealer avec des importations excessives. Depuis le déclenchement de la crise, les industriels européens cherchent à écouler leurs productions à l’étranger par n’importe quel moyen, parfois même à perte. Ce qui arrange les affaires de certains importateurs, ceux-là mêmes qui s’opposent à l’adoption de mesures antidumping au Maroc. En 2012, les importations ont atteint 250.000 tonnes. «A un certain moment l’Etat doit faire un choix. Soit protéger la production nationale, soit encourager la consommation. Et l’on sait l’effet que cela a sur notre balance commerciale», soutient Saïd Sekkat, membre du conseil d’administration de Maghreb Steel. Cette situation peut, en effet, être transposée à d’autres secteurs qui souffrent de plus en plus de la concurrence étrangère, suite à la libéralisation des échanges. «Nous nous obstinons coûte que coûte à être de bons élèves du libre échange. Or nos partenaires n’en font pas de même», martèle un opérateur. 
Maghreb Steel, qui tourne actuellement à 40% de sa capacité, demande à l’Etat d’adopter rapidement des mesures antidumping, et plus précisément, de pratiquer des droits de douanes, ne serait-ce que temporairement. «Nous voulons bien jouer le jeu des ALE, mais dans des conditions normales», confie le PDG du groupe. D’après lui, le ministère de l’Industrie est en train d’étudier cette piste, mais le processus pourrait prendre encore plusieurs mois. Une demande préalable à l’importation a déjà été imposée dès janvier 2013, mais elle n’a pas vraiment d’effets dissuasifs, selon Maghreb Steel.
Pour le moment, le sidérurgiste arrive à tenir, même s’il est lourdement endetté (2,4 milliards de DH sous forme de crédit à long terme, en plus de 900 millions de DH en billets de trésorerie et un crédit de fonctionnement). Après avoir obtenu le concours de ses banquiers pour faire face à ses échéances à court terme, il prévoit d’atteindre son équilibre financier dès cette année, pour rompre avec 2 années déficitaires (150 millions de DH par an). Le groupe employant 5.000 personnes vient, en outre, de recevoir le soutien de la CGEM. Le patronat compte peser de tout son poids pour venir au secours de l’unique producteur des aciers plats au Maroc, en multipliant les contacts avec les institutionnels et les responsables. Mais l’opérateur a tout de même dû marquer une pause sur ses  investissements, notamment un projet d’installation d’un haut fourneau pour le traitement du minerai de fer. Un projet de 1 milliard de DH censé permettre au groupe d’avancer dans son intégration industrielle. Maghreb Steel ambitionne aussi de sous-traiter pour le secteur automobile via un investissement de 200 millions de DH. Mais il va falloir attendre des «jours meilleurs» pour se lancer dans cette nouvelle aventure. 

Ahlam NAZIH

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