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Evénement

Souss: Suicide d’un investisseur palestinien

Par L'Economiste | Edition N°:3975 Le 25/02/2013 | Partager
Il avait été séquestré pendant une semaine dans une station de conditionnement
Les autorités locales ne sont pas intervenues
La police étudie la piste d’un assassinat

La zone de Chtouka Aït Baha est réputée pour ses mouvements de grèves qui   perdurent et dégénèrent souvent sur des actes de violence. Dans cette zone, la passivité des autorités locales a toujours été souvent pointée du doigt. A tel point que les professionnels de la région avaient entrepris, il y a deux ans, une marche de protestation

TROP c’est trop! Comment peut-on tolérer le siège avec violence d’une unité de production pendant toute une semaine, sans que les autorités locales et judiciaires ne se soucient ni de la protection de l’établissement ni du personnel pris en otage par des «casseurs» qui ne distinguent plus entre le droit de grève et le sabotage tout court? Comment aussi les élus s’installent dans une omerta inexplicable. Le drame dont la province de Chtouka Aït Baha a été le théâtre jeudi 21 février renseigne sur la gravité de la situation, alimentée par les débrayages sauvages que connaît la région du Souss à chaque campagne d’exportation des fruits et légumes. Un investisseur palestinien a été  retrouvé mort par pendaison dans la station de conditionnement «Agafay du Souss», sise dans la commune de Aït Amira. Crime crapuleux ou suicide suite à une «assignation à résidence forcée» pendant sept jours? L’enquête qui sera ouverte nous le dira. En revanche, «ce qui est inhabituel», relève le secrétaire général de l’Association des producteurs exportateurs de fruits et légumes (Apefel) c’est le temps qu’a duré le coup de force. Généralement, ce genre d’épreuve de force ne dépasse pas 3 à 4 jours avant que les autorités ne tentent de débloquer la situation.
Pour le moment, les faits tels que relatés par des sources concordantes  attestent de l’ampleur du choc et de la colère qui couvent parmi la famille des producteurs du Souss. «Vendredi 15 février, un groupe de grévistes a bloqué les issues de la station interdisant par la force l’accès et la sortie aux ouvriers et aux camions», témoigne un employé. Des ouvriers et employés ont pu se sauver en escaladant les murs de la station. Mais le regretté, étant handicapé, est resté «emprisonné» durant une semaine. Un otage précieux dans la mesure où il était monnayé pour faire pression sur son associé. Les assaillants ne se souciaient même pas de sa santé en lui assurant la nourriture. Mais surprise! «L’otage a décidé de mettre fin à son calvaire. Il se serait pendu». C’est la version communément circularisée. Le drame fut découvert par les personnes à l’origine de son séquestration. «Triste sort», s’indigne un producteur de la région.

Des grèves violentes depuis janvier

Le disparu a survécu à un bombardement de sa demeure de la Bande de Gaza. D’où la perte d’un de ses deux  pieds. Mais le terrorisme, cette fois «syndical», ne l’a pas raté. Sobhi Abu Soltane, la cinquantaine, de nationalité palestinienne, est arrivé au Maroc il y a juste un an... pour y laisser la vie.
Selon nos informations, les autorités locales «écartent tout lien du suicide avec les évènements de la protestation sauvage». Mais l’humiliation et les conditions extrêmes (froid glacial durant la nuit) du séjour forcé ne constituent-elles pas des raisons suffisantes pour décider un être humain même aux nerfs d’acier d’écourter son calvaire? s’interroge un opérateur de la région. De surcroît quand il s’agit d’un homme d’affaires qui a pris le risque d’investir dans le traitement de produits hautement périssables.    
Exaspérée, la Fédération interprofessionnelle des producteurs et exportateurs des fruits et légumes veut aller jusqu’au bout de l’affaire. Surtout dans cette zone de Chtouka Aït Baha où la passivité des autorités locales a été souvent critiquée tant les mouvements de grèves perdurent et dégénèrent la plupart des temps en actes de violence. A tel point que les professionnels de la région avaient entrepris il y a deux ans une marche de protestation.  
Pour le moment, la profession a saisi les ministres de l’Intérieur et de l’Agriculture pour les sensibiliser encore une fois sur la vague des grèves sauvages qui cible leur activité à des moments critiques du développement de l’export. Le gouverneur de la province de Chtouka Aït Baha a été également saisi pour qu’il assure l’application de la législation en vigueur.
Déjà en janvier dernier, une vague de grèves a touché plusieurs exploitations agricoles et des stations de conditionnement souvent avec des actes de violence, d’entrave à la liberté de travail et de sabotage. Résultat, les pertes subies ont été estimées à 10 millions de dirhams par jour. Ce qui a amené les organisations des producteurs à demander l’arbitrage du chef de gouvernement après avoir tenu des réunions conjointes avec les ministres de l’Agriculture et de l’Emploi. La région d’Agadir assure 70% de l’export des fruits et légumes et 60% de l’approvisionnement du pays. C’est dire l’enjeu de cette tension sociale.


A. G.

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