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    Enquête

    faux certificats médicaux : «Donnez-moi juste 150 dirhams»

    Par L'Economiste | Edition N°:3974 Le 22/02/2013 | Partager
    Des médecins nullement gênés proposent de remplir les feuilles maladie
    10 jours de «repos» pour 100 dirhams chez un expert près les tribunaux

    Source: CNSS
    Au total, la CNSS a décaissé 97 millions de dirhams en 2011 contre 93,2 millions en 2010 au titre des indemnités journalières de maladie. Le niveau de ces prestations avait culminé à 99,5 millions de dirhams en 2004. Il a par la suite baissé sous l’effet des changements introduits dans la loi, soit la mise en place d’un délai de carence de 3 jours, avant de repartir à la hausse

    LE choix des médecins s’est effectué au pif: quelques spécialistes, des généralistes et même des médecins experts près les tribunaux. Certains sont connus pour être de véritables marchands de «certificats médicaux». Ils sont même très «populaires» auprès des élèves qui déboursent pas plus de  50 dirhams pour obtenir un certificat leur permettant de justifier les absences en classe. C’est chez un de ces «guichets» que démarre notre enquête.
    Le cabinet se trouve à quelques ruelles du siège de L’Economiste. Et c’est le médecin lui-même qui nous ouvre la porte. L’entretien ne dure pas plus de 10 minutes. Après avoir exposé les raisons de la visite, nous entamons un jeu de questions réponses: Combien de jours? 21 pour pouvoir «se reposer». Il explique qu’il ne peut pas donner plus de 10 jours et que l’on pourrait en cas de besoin renouveler ce fameux «sésame». «Les entreprises m’appellent parfois pour connaître la nature de la maladie dont souffre la personne qui a présenté le certificat», souligne ce médecin généraliste. Il explique qu’il ne faut pas non plus entraver la bonne marche des entreprises! En insistant un peu, il propose 12 jours d’arrêt. Une fois ce problème réglé, il fallait se mettre d’accord sur la nature de la maladie à porter sur le certificat. Il opte pour une  «infection intestinale sévère», une maladie nécessitant une douzaine de jours de repos. Vient ensuite l’étape des honoraires: «Donnez-moi juste 150 dirhams». C’est lui-même qui encaisse.
    Après cette première expérience, il fallait oser un peu plus et demander directement un certificat médical de complaisance. Des rendez-vous sont pris avec des médecins spécialistes en précisant dès le départ l’objet, c’est-à-dire un certificat médical. Des requêtes accueillies le plus souvent avec un petit sourire de la part des assistantes.
    Le plus étonnant, c’est que les salles d’attente de ces médecins ne désemplissent pas. Ils ont de vrais patients. Chez certains, «l’affaire» est expéditive et bouclée en 5 minutes parfois même devant le bureau de l’assistante. Les médecins n’étaient nullement gênés et  proposaient des prescriptions pouvant  servir en cas de grippe par exemple. Dans certains cabinets, l’on a même devancé des patients qui ont attendu pendant plus deux heures l’arrivée du «toubib».
    De cette tournée auprès des médecins, nous avons obtenu des certificats médicaux allant de 10 à 15 jours. La grille démarre à partir de 100 dirhams chez un médecin généraliste expert près les tribunaux et peut atteindre 250 dirhams. Elle est alignée sur le tarif des consultations.

    CNSS: L’effet peu dissuasif du délai de carence

    DE 99,5 millions de dirhams en 2004, les indemnités journalières de maladie ont baissé à 86,1 millions de dirhams en 2007. Elles ont par la suite repris leur ascension pour atteindre 97 millions de dirhams en 2011. Sur ce total, la part  des fausses maladies est difficile à estimer. Pour stopper l’hémorragie des certificats médicaux, la CNSS a revu le système des indemnités journalières de maladie. Depuis novembre 2004, ces indemnités sont servies à partir du quatrième jour d’incapacité. Seules les personnes qui justifient d’au moins 54 jours de cotisation durant les six mois qui précèdent la date d’arrêt de travail peuvent y prétendre. Equivalente aux deux tiers du salaire moyen (calculé sur la base du salaire moyen des six derniers mois), cette indemnité est servie pour une durée maximale de cinquante-deux semaines. Elle est accordée au cours des vingt-quatre mois qui suivent le début de l’incapacité.

    K. M.

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