×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Entreprises

Face à la mondialisation, l’innovation

Par L'Economiste | Edition N°:3974 Le 22/02/2013 | Partager
Création d’un statut de la «Jeune entreprise innovante»
Il faut un «Small Business Act marocain», propose le patronat
Les plans sectoriels doivent prévoir une composante innovation

Tarafa Marouane: «Il est essentiel que l’Etat soutienne nos entreprises à investir dans la recherche et développement en se rapprochant de l’université et de centres de recherche publics»

PDG du groupe Somed, Tarafa Marouane préside la Commission recherche et développement, e-entreprise et relations avec l’université de la CGEM. Le patronat fait des propositions pour dynamiser la recherche et l’innovation dans le tissu industriel.

- L’Economiste: Le patronat a conclu plusieurs accords avec le ministère l’Enseignement supérieur pour accélérer le rapprochement de l’entreprise avec l’Université. Comment tout cela va se traduire sur le terrain?
- Tarafa Marouane: Au Maroc, il y a très peu de recherche intégrée au tissu industriel. La recherche pour la recherche, c’est fini. La production d’articles scientifiques n’a de sens que si elle peut être traduite en création de valeur et de richesses. Les universités disposent de structures, d’équipements et de capital humain qu’elles peuvent mettre à disposition de l’entreprise. Celle-ci a besoin de s’appuyer sur la recherche pour innover.
Dans tout contexte, de crise ou de prospérité, le seul modèle de croissance avéré est celui fondé sur les gains de productivité. Remarquez que malgré la crise, les grands pays développés n’ont pas coupé dans les dépenses de recherche-développement. Il est essentiel que l’Etat soutienne nos entreprises à investir dans la recherche et développement en se rapprochant de l’université et de centres de recherche publics. L’ouverture de notre économie ne nous laisse pas de choix. La recherche, et donc l’innovation, est le seul levier de la compétitivité, en tout cas, la seule arme pour contrebalancer les effets de la mondialisation. Par ailleurs, nous avons proposé que les différents plans sectoriels (Emergence, Halieutis, Maroc Vert, Maroc Numeric, Vision 2020 dans le tourisme, etc) intègrent une composante innovation.

- Comment rapprocher l’université et l’entreprise alors qu’elles se sont souvent ignorées, voire méprisées?
- Je vous le concède. Ces dernières années, l’université et l’entreprise n’ont pas toujours collaboré de manière efficiente, mais mieux vaut tard que jamais. Nous voulons persuader l’entreprise marocaine que l’université reste, malgré tout, performante, car c’est d’elle que sortent la majorité des cadres employés dans le privé et le public. C’est ainsi qu’au niveau de la CGEM, nous avons conclu plusieurs accords de partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur. Le patronat s’engage à faciliter aux étudiants-chercheurs de niveau master, l’accès aux stages de recherche en entreprise. L’idée est de les familiariser avec les réalités de l’entreprise, celle-ci bénéficiant en retour de leur apport. Il faudra que l’université intègre le monde de l’entreprises dans sa vision stratégique, qu’elle puisse accueillir des chefs d’entreprise et les impliquer dans la définition des programmes.

- A quoi correspond le concept de la «Jeune entreprise innovante» sur laquelle vous appuyez votre démarche?
- Les critères de qualification sont simples: un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions de dirhams et un tour de table comprenant une société de capital-investissement ou un fonds d’amorçage et un chercheur. Ces entreprises auraient droit à un guichet unique dans le réseau des CRI. Nous suggérons une exonération de l’IS pendant les cinq premières années, un IR spécifique de 20%, l’exonération de la TVA sur l’équipement et la prise en charge des dépenses R&D lorsqu’elle est confiée à des structures publiques. L’encouragement de l’esprit d’entreprise est un challenge important pour notre pays. Il faut absolument que l’Etat soutienne les gens qui prennent des risques.

- Vos propositions focalisent sur les avantages fiscaux…
- Nous n’avons pas inventé la roue. Ce que demande la CGEM résulte d’un benchmark international et n’a rien de spécial. Tous les pays qui ont franchi des paliers en matière de recherche et développement ont déployé les mêmes instruments.

- Comment concilier entre les impératifs de court terme dans les PME et la recherche qui, par nature, s’inscrit dans la durée?
- Justement, c’est pour gérer ces contraintes de l’immédiateté auxquelles sont soumises ces entreprises que nous avons demandé la mise en place d’un « Small Business Act» marocain. La première déclinaison de ce dispositif consisterait à utiliser le levier de la commande publique pour étoffer le tissu industriel des PME.
A la CGEM, nous pensons qu’il est temps de faire évoluer les règles d’attribution des marchés publics en réservant systématiquement une part à la petite entreprise. L’exemple de ce qui a été fait pour le chantier du TGV est un premier pas positif dans ce sens, mais il faut se fixer des objectifs quantifiables dans la durée.
Propos recueillis par
Abashi SHAMAMBA

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc