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Analyse

Agrumes: Les exportateurs se font la guerre sur les marchés étrangers

Par L'Economiste | Edition N°:3974 Le 22/02/2013 | Partager
Bataille des prix surtout sur le Canada
Perte récurrente de parts de marché à l’international
Les quotas exonérés utilisés à de faibles niveaux

Sur les quatre dernières campagnes, les exportations s’inscrivent en baisse tendancielle alors que la production affiche un trend haussier, passant de 1,5 million de tonnes à 1,86 million entre 2009 et 2012. Pour l’actuelle campagne, la production et les exportations ont baissé de 20%

Perte chronique de parts de marché et concurrence maroco-marocaine. Voilà, entre autres, les principaux dysfonctionnements dont souffre le secteur agrumicole.  Ce fleuron de l’agriculture d’exportation est  menacé dans sa pérennité. Et pour cause! Le maillon  essentiel de la chaîne de valeur, l’export en l’occurrence, ne suit plus le rythme ascendant de la production. Et la situation risque encore de s’aggraver avec le volume attendu dès les deux prochaines années. De 1,86 million de tonnes en 2011-2012, la production devrait passer dès 2015 à 2,1 millions et l’export attendu en 2018 devrait porter sur 1,3 million de tonnes. Cependant, la part exportable est en chute libre sur les cinq dernières campagnes La sonnette d’alarme a été tirée par la profession l’été dernier et L’Economiste s’en est fait l’écho dans son édition du 18 juillet 2012. Les craintes des agrumiculteurs trouvent leur origine dans les défaillances de la commercialisation tant sur les marchés traditionnels que sur les débouchés ouverts et consolidés il y a à peine une décennie. Aujourd’hui, le management du plus grand pool des groupes exportateurs se veut rassurant. «L’objectif de 1,3 million de tonnes d’export est réalisable», soutient Amine Mamou, le nouveau DG délégué de Maroc Fruits Board (MFB) qui concentre les deux tiers des expéditions. La recette? «Réhabiliter l’origine Maroc via des critères qui la différencieraient par rapport à la concurrence: noblesse et exclusivité des variétés, goût sucré des fruits, clémentine sans pépins…», précise Mamou. Au préalable, il appartient à l’interprofession de  «fédérer les efforts, d’initier et d’intensifier les actions marketing», insiste le DG délégué, fraîchement débarqué de Procter& Gamble où il officiait en tant que directeur marketing pour le Maroc et l’Algérie. Actions qui doivent cibler la consolidation des marchés actuels. A commencer par le débouché russe qui concentre actuellement 60% des exportations marocaines d’agrumes. «Bien que connu pour un risque élevé de paiement, cette plateforme de commercialisation a l’avantage d’assurer des prix plus rémunérateurs de 20% par rapport aux marchés européens et d’Amérique du Nord», révèle Mamou. D’ailleurs, le marché canadien s’est caractérisé depuis 2 ans par une chute alarmante des prix alimentée par une concurrence maroco-marocaine. Car, il reste dominé par les grandes surfaces. Et la même tendance est en train de gagner le marché russe. «Il y a donc urgence d’une organisation concertée dans la mesure où  le levier de  concentration de la logistique ne joue plus son rôle quant à la garantie d’une offre unifiée», prévient Mamou. Surtout qu’il s’agit d’écouler les volumes supplémentaires attendus dès l’année prochaine. Excepté le recul de production enregistré cette campagne, pour des raisons de mauvaises conditions climatiques, les objectifs fixés pour 2015 ont déjà été dépassés de 35% la saison dernière. Constat relevé lors de la réunion d’évaluation du plan Maroc Vert tenue en avril 2012. Mais l’export n’a pas marqué la même cadence. Ce qui avait amené le ministre de l’Agriculture à brandir la menace de revoir le contrat-programme signé avec l’interprofession en raison du retard pris dans le dossier de la promotion. Traduisez baisse tendancielle de l’export.       
Qu’on en juge par les chiffres. Sur les trois dernières campagnes, les exportations ont pris une courbe descendante alors que la production affiche un trend haussier, passant de 1,5 million de tonnes à 1,86 million entre 2008-2009 et 2011-2012. Cependant, l’export a chuté de 540.000 tonnes à 465.000 sur la même période. «On est très loin des records des années 1970 et début 1990 durant lesquelles les volumes exportés frôlaient les 700.000 tonnes», se remémore un producteur de la région du Gharb. A l’époque, la part exportable se situait aux alentours de 60 et 70% de la production globale contre à peine 30% actuellement. Une part importante (150.000 à 200.000 tonnes) était aussi exportée sous forme de concentré et de jus d’agrumes. Aujourd’hui, la tendance se trouve inversée. Non seulement le concentré a disparu de la commercialisation à l’extérieur, mais nous importons de plus en plus de jus espagnol, turc et même égyptien. Cependant, les principaux concurrents du Maroc ne cessent de se positionner sur les grandes places de commercialisation. Même les nouveaux arrivants comme l’Egypte et la Turquie ont multiplié par quatre, voire plus, leurs expéditions en grignotant sur nos parts de marché. De quelque 185.000 tonnes en 1990-1991, les réalisations de la Turquie sont passées à près de 1,4 million  la campagne précédente. Celles de l’Egypte ont explosé à 923.800 tonnes en 2010-2011 contre 202.000 il y a une décennie. Quant à l’Espagne, elle a amélioré ses exportations d’environ un million de tonnes sur la même période.
«S’il est vrai que le débouché intérieur s’est peu à peu substitué à l’export, en particulier pour ce qui est des oranges, c’est bien à cause de la faiblesse de la recette réalisée à l’export», dénonce un producteur du Souss. D’où la propension de certaines régions de production agrumicole à vendre leurs récoltes sur pieds. Résultat, même les contingents exonérés sur le marché de l’Union européenne ne sont utilisés qu’à de très faibles niveaux: 44% pour la clémentine et à peine 16% pour les oranges.

2,9 millions de tonnes en 2018

Le contrat-programme prévoit de porter la production agrumicole à 2,9 millions de tonnes d’ici 2018. Parallèlement, le volume à l’export devrait atteindre 1,3 million de tonnes. Objectif difficilement réalisable si la tendance actuelle n’est pas corrigée de fond en comble. A cette même échéance, un investissement global de 9 milliards de DH sera réalisé dont 6 milliards à la charge des professionnels.

A. G.

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