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Assises de l’industrie/Pacte Emergence:Les multiples warnings de Amara

Par L'Economiste | Edition N°:3973 Le 21/02/2013 | Partager
Des alertes principalement sur le textile-cuir, agroalimentaire et électronique
Besoin d’urgence de mesures d’accompagnement
Les mécanismes de financement à revoir

Le pacte Emergence table sur la réalisation d’un volume supplémentaire à l’export de 95 milliards de DH. A fin 2012, les métiers mondiaux ont augmenté leur chiffre à l’export de 24,3 milliards de DH, soit à peine 25,5% de l’objectif, à 3 ans de l’échéance

Les 3es Assises de l’industrie, tenues hier 20 février  à Tanger, revêtent un caractère particulier. Elles viennent dresser le bilan de mi-parcours du pacte de l’Emergence industrielle lancé en 2009 et qui doit aboutir en 2015. Un premier indicateur ressort. Le pacte table sur une augmentation du PIB industriel de 50 milliards de DH à horizon 2015.
A fin 2012, l’augmentation est de 28,4 milliards de DH, soit 56,8% de l’objectif escompté. L’industrie est également devenue plus attractive pour les investisseurs étrangers.
Elle est passée devant l’immobilier pour occuper la première place en termes d’investissements directs étrangers (IDE) avec l’équivalent de 8 milliards de DH en 2012. Le bilan est pour le moins mitigé et différent nettement d’un secteur à l’autre. A travers son analyse,  Abdelkader Amara, ministre du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies,  fait clairement le distinguo ente l’automobile, l’offshoring, l’aéronautique  et les autres métiers mondiaux. Si les objectifs étaient facilement atteignables pour les premiers, beaucoup de risques seraient encourus pour les autres. «L’électronique n’a pas connu la même croissance que les autres secteurs. Nous devons fournir plus d’efforts pour attirer de grands acteurs internationaux dans notre pays», reconnaît Amara.
En effet, le secteur est passé d’un volume à l’export de 5,1 milliards de DH en 2009 à  7 milliards en 2012, soit une croissance de 37,25% alors que le potentiel de croissance du chiffre d’affaires global est de 2,5 milliards de DH. Même son de cloche dans l’agroalimentaire. «Malgré l’importance du secteur de l’agroalimentaire en termes de création d’emplois et de chiffre d’affaires, il n’a pas pu atteindre les objectifs tracés», signale le ministre. Les exportations de l’agroalimentaire sont passées de 15,5 à 17,9 milliards de DH entre 2009 et 2012, soit une hausse de 15,48%. Amara a d’ailleurs insisté  sur l’importance de la signature d’un contrat-programme avec les opérateurs du secteur pour augmenter la cadence des réalisations. Plus encore, «nous avons établi un accord avec le département de l’Agriculture pour créer une corrélation entre le plan Maroc Vert et le pacte Emergence», annonce Amara. L’idée est que l’amont puisse offrir aux industriels les intrants nécessaires pour leur production. Autre secteur, autres griefs. Le bilan du textile-habillement  est loin de satisfaire le ministre pjidiste. «Même le secteur du textile et cuir a bouclé l’année 2012 sur une légère baisse de 2%. Malgré la crise en Europe, il reste majoritairement dominé par la sous-traitance», regrette Amara. Une nouvelle stratégie sera bientôt annoncée. Elle porte sur un repositionnement du secteur à l’international et un recentrage sur le marché interne qui représente un potentiel de 40 milliards de DH. La tutelle veut également réduire la dépendance des textiliens à un nombre réduit de donneurs d’ordre. 
Bien évidemment, c’est le cuir et la chaussure qui tirent le secteur vers le bas. «Le cuir et la chaussure traversent  une véritable crise due à des problèmes d’ordre structurel. D’autant plus que plusieurs projets annoncés n’ont jamais pu voir le jour comme la zone d’activité et la bourse du cuir», tient à rappeler Amara. 
Le bilan du département de l’Industrie comporte  également de nombreux points de vigilance qui touchent pratiquement l’ensemble des secteurs. L’accès  au foncier industriel est la problématique majeure sur l’ensemble du pays, en particulier dans les grandes villes et pour les PME. La formation attire également l’attention de Amara. «Nous allons avoir dans les prochaines années beaucoup de pression sur des métiers formés dans le cadre du plan», prévoit le ministre.
Plus encore, le financement reste la principale et permanente préoccupation des chefs d’entreprises. «Il faut revoir les programmes de financement liés au pacte Emergence pour améliorer leur accessibilité».
Sur ce point précis, Othmane Benjelloun, président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) a réaffirmé l’engagement total des établissements bancaires en faveur de l’accompagnement de la mise en œuvre du PNEI. Le président du GPBM a assuré que les établissements bancaires «entrevoient l’avenir de notre économie avec confiance et optimisme, tant les potentialités sont multiformes et les opportunités incommensurables».

Echec des fonds de soutien

Dans le sillage du plan Emergence, l’Etat a mis en place deux fonds public-privé: 3P fund et PME croissance, gérés respectivement par  le groupement Attijari Invest/Atlamed et Private Equity Initiative. Ces fonds disposent d’un budget global de 850 millions de DH sur une période allant de 2009 à 2012. Ce dispositif visait à recapitaliser les PME dont le chiffre d’affaires est inférieur à 175.000 DH. Un projet ambitieux qui a été voué à l’échec, puisque seul un dossier a été concrétisé pour un montant de 25 millions de DH. Autre exemple parlant, le gouvernement a voulu offrir aux investisseurs des possibilités de financement, notamment à travers la mise en place de la Foncière Emergence. La structure créée en 2010 à parts égales entres AWB, BCP et BMCE n’a, à ce jour, financé que deux projets d’investissement d’un montant global de 185 millions de DH.

La liste des métiers mondiaux Maroc s’allonge

La liste des métiers mondiaux Maroc (MMM) identifiés comme potentiellement intéressants s’enrichit. Aux métiers de l’automobile, de l’agroalimentaire, de l’offshoring, du textile-cuir, de l’aéronautique et de l’électronique, viennent s’ajouter d’autres filières porteuses telles que la chimie-parachimie, la pharmacie ainsi que les industries métalliques et métallurgiques.
Par rapport à la chimie-parachimie, il s’agit de développer les 15 filières du secteur pour atteindre un chiffre d’affaires potentiel de 150 milliards de dirhams en 2023. La contribution escomptée au PIB est de 47 milliards de dirhams avec à la clé la création de 43.000 emplois supplémentaires.
Concernant la pharmacie, il va falloir doper le développement du secteur à l’export essentiellement. A l’horizon 2023, l’objectif est d’atteindre 9 milliards de dirhams de chiffre d’affaires à l’export et plus du double au niveau local. Le nombre d’emplois à créer atteindrait les 5.000 en plus des 22.500 indirects supplémentaires. Pour les IMM, l’enjeu est de réduire la contribution de ces industries au déficit commercial industriel du Maroc  et développer une industrie de sous-traitance des marchés à fort potentiel comme le secteur des transports ou celui des énergies renouvelables

Automobile: Le Maroc n’est pas intéressé par le montage!

Abdelkader Amara a tenu à mettre les points sur les i concernant l’implantation d’un nouveau constructeur automobile. Pour le ministre, le Maroc a entrepris un démarchage de plusieurs constructeurs de taille mondiale en concertation entre les divers organismes de promotion du pays, dont le ministère de tutelle et l’AMDI. Mais il est encore trop tôt pour en parler, insiste Amara qui laisse entendre que rien n’est encore décidé. «D’ailleurs, nous ne sommes pas intéressés par le montage», insiste Amara. «Nous sommes à la recherche d’une forte intégration locale car je suis persuadé que le Maroc en est capable», renchérit le ministre.
Concernant Nissan, Abdelkader Amara a expliqué que ce constructeur était déjà lié au Maroc. En effet, la convention pour l’installation de l’usine de Renault inclut Nissan, puisque signée au titre de l’Alliance regroupant les constructeurs japonais et français. Mais Nissan qui a préféré reporter son investissement pourrait bientôt revenir, précise le ministre. Selon lui, plusieurs éléments permettraient de croire que le retour de Nissan ne saurait tarder.

Ilham BOUMNADE & Ali ABJIOU

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