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Politique Internationale

Tunisie: Le remaniement continue à diviser

Par L'Economiste | Edition N°:3972 Le 20/02/2013 | Partager
Echec de la proposition d’un gouvernement apolitique
Ennahda gagne le bras de fer, Jebali maintenu mais affaibli

Pendant que la chasse au pouvoir de la classe politique met le pays sens dessus dessous, des vandales ont jugé bon de s’en prendre à un monument en mémoire de l’opposant assassiné le 6 février Chokri Belaid, provocant de nouvelles manifestations 

PAS de gouvernement apolitique, et pas de démission du Premier ministre non plus. Quelques jours après le deadline qu’il s’était lui-même fixé, le Premier ministre tunisien Hammadi Jebali a annoncé l’échec de sa proposition, mais n’a pas pipé mot sur son départ. Il a préféré reporter le calendrier du remaniement aux «tous prochains jours». En attendant, chacun y va de son commentaire. Rached Ghannouchi, l’homme fort du parti d’Ennahda et principal détracteur de la proposition de Jebali, a annoncé un «accord de principe» pour un «gouvernement restreint chargé de travailler pour les élections», tout en insistant sur «les compétences politiques» des futurs ministres. Le Congrès pour la république (CPR, parti du président Markouzi), lui, a évoqué un «gouvernement mixte», regroupant politiciens et technocrates. En réalité, chaque parti tire la couverture à soi, et la classe politique tunisienne semble prête à mettre en péril la souveraineté du pays en échange des ministères régaliens (notamment la Justice et les Affaires étrangères, qui sont au centre de la polémique).
C’est une réunion avec les dirigeants de quinze partis politiques, qui s’est tenue le 18 février, qui a scellé l’avenir de ce gouvernement apolitique. Jebali a compris que le soutien de la société civile et de l’opposition laïque ne suffisait pas tant que les partis au pouvoir refusent de céder leurs sièges au gouvernement. Même Mustapha Ben Jaafar, président d’Ettakatol (parti laïc faisant partie du gouvernement actuel), qui soutenait le Premier ministre, a mis de l’eau dans son vin peu avant le début de la réunion. Il a déclaré que des discussions avec les autres partis l’ont mené à comprendre que le gouvernement de technocrates ne fait pas l’unanimité, et que la situation nécessite un «consensus entre les partis du gouvernement». Sauf que le consensus était d’autant plus improbable que le CPR (membre de la troïka gouvernementale) est en pleine guerre intestine, et frôle l’implosion. Trois de ses députés ont démissionné, et Mohammad Abdou, chef du parti, serait sur le point d’officialiser son départ pour créer un autre parti. Suite à cette réunion, les trois ministres du Congrès pour la république ont annoncé qu’ils ne retravailleraient avec aucun gouvernement géré par Jebali, leur expérience avec lui ayant été «peu concluante».
Pour autant, les partis présents ne sont arrivés à se mettre d’accord que sur un seul point, à savoir le maintien de Jebali en tant que Premier ministre. Le fait est que celui-ci sort affaibli de ce bras de fer. Le parti islamiste d’Ennahda, lui, a montré sa capacité à s’opposer à n’importe quelle décision du Premier ministre, et à s’allier les autres partis de la scène politique.
Entre-temps, les conflits sociaux ne cèdent pas le pas à la crise politique, et les dirigeants ont d’autres chats à fouetter que de s’occuper de l’endettement, jugé «suffocant» par le Fonds monétaire international. La transition vers la démocratie se fait dans la douleur.


Rime AIT EL HAJ

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