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Evénement

Assises de l’industrie/Emergence: Les tops et les flops

Par L'Economiste | Edition N°:3972 Le 20/02/2013 | Partager
L’offshoring affiche une croissance de 18% par an
L’automobile, l’aéronautique, les secteurs qui fonctionnent
L’agroalimentaire et l’électronique, handicapés par l’absence de valeur ajoutée

Agroalimentaire: Le boulet de la fiscalité 
Bon an, mal an, l’agroalimentaire pèse pour 4% du PIB contre 15% pour l’agriculture selon les années. Une conséquence directe de la tendance du Maroc à produire de plus en plus de produits non valorisés. Parmi les causes de l’apathie de cette filière, la fiscalité, qui est pénalisante et asymétrique par rapport à l’amont, l’agriculture, entièrement exonérée. Une situation qui est en train de connaître une vaste remise en cause. L’accès aux intrants constitue également un obstacle, du fait que les matières premières, non disponibles sur le marché local à des prix compétitifs, sont souvent importées dans le cadre des ALE. Par ailleurs, les produits agricoles exportés sur l’UE sont à réimporter, avec une très forte valeur ajoutée. La tendance vers laquelle pointent les opérateurs et celle des marchés de niche avec des produits transformés à plus forte valeur ajoutée pour satisfaire la demande intérieure et être compétitifs sur les marchés extérieurs en termes de prix, de qualité, d’originalité.

La leçon de l’offshoring

Parti de presque rien, le secteur de l’offshoring semble avoir atteint une taille respectable depuis le lancement du plan Emergence. Même s’il est loin d’atteindre les objectifs fixés. Selon Younès Chraïbi, président de l’Association marocaine de la relation client (AMRC), le secteur de l’offshoring a pu assurer la création à fin 2012 de plus de 55.000 emplois avec à la clé près de 8 milliards de DH de revenus à l’export. Or le plan prévoyait la création de 100.000 emplois à l’horizon 2015 et 20 milliards à l’export.
«Les objectifs de 2015 ne seront pas atteints probablement, mais même s’ils ne l’étaient qu’à 75%, on pourrait considérer qu’il s’agit d’une réussite considérable, sachant que nous partons pratiquement de rien et que le Maroc est actuellement inséré durablement dans la carte mondiale de l’offshoring», précise le président de l’AMRC. Le secteur a en effet affiché des pointes de croissance de près de 18% par an, ce qui est phénoménal par rapport à d’autres secteurs, réussissant à placer le secteur dans le 6e rang des secteurs marocains les plus générateurs de revenus à l’export. Mais pour continuer dans ce trend, des mesures de fond sont nécessaires.
Pour les professionnels de l’offshoring, il s’agit d’améliorer l’attractivité du pays avec des mesures transversales telles «la mise en place de la loi sur le droit de grève, nécessaire au maintien de l’attractivité sociale» et le respect des engagements sur les délais de remboursement de la TVA et des aides pour la formation par exemple. Il s’agit aussi d’améliorer certains aspects législatifs propres au secteur comme l’accélération du processus de mise en adéquation avec la législation européenne car cela constitue un pré-requis pour certains donneurs d’ordre notamment dans le secteur financier.

Aéronautique: Gros retard sur les mesures transversales

L’aéronautique est sous les feux de l’actualité avec l’inauguration, la semaine dernière, de l’Usine de Bombardier. Ce secteur, parti de rien il y a dix ans, a su s’ériger au niveau mondial et positionner le Maroc en tant que base qualitative, explique Hamid Benbrahim El Andaloussi, président du Gimas et où le pacte Emergence a eu son rôle à jouer. 
Une des principales réalisations, la plateforme industrielle intégrée de Nouaceur, qui outre Bombardier a aussi vocation à accueillir les grands groupes, et PME du secteur.
Un grand acquis dans le secteur, l’Institut des métiers de l’aéronautique. Cet établissement accueille et forme plus de 450 jeunes chaque année. En 2013, il sera procédé à l’extension de l’IMA afin de doubler sa capacité.
Objectif: former un millier de jeunes.
La filière a également pour perspective de doubler son effectif et atteindre les 20.000 salariés. L’aéronautique table sur un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars US (environ 18 milliards de dirhams) à l’horizon 2020.
Toutefois, si les mesures verticales contenues dans le pacte pour l’Emergence industrielle ont été menées à terme, les mesures transversales tardent à voir le jour, nuance le président du Gimas. C’est le cas du climat général des affaires qui n’a que peu évolué. C’est le cas aussi de l’accès au financement qui handicape l’ensemble des opérateurs. Des conditions qui ne permettent pas aux opérateurs, principalement des PME, d’envisager l’avenir avec optimisme. 

Automobile: L’effet Renault déjà là

Avec 15 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export, la filière automobile est celle qui dispose du meilleur capital image grâce à l’implantation de l’usine de l’Alliance Renault-Nissan à Tanger. Cette usine, qui symbolise les réalisations du pacte pour l’Emergence industrielle en ce secteur, a permis de replacer le Maroc sur le radar des grands industriels du secteur, épaulé par une infrastructure de premier choix avec en tête de file le complexe portuaire TangerMed. Pour l’Amica, le projet est certes important, mais les attentes pour le Maroc étaient beaucoup plus ambitieuses.
Des 6.000 emplois prévus pour Renault, seuls les trois quarts ont été réalisés, avec près de 4.200 salariés directs, note Hakim Abdelmalik, président de l’Amica. D’ailleurs, il s’agissait de créer 30.000 emplois auprès des équipementiers de rang 1, or, actuellement, seule une dizaine s’est installée au Maroc, avec des créations d’emplois en deçà des attentes. Ils sont principalement concentrés dans le câblage où les postes créés constituent 87% du total des emplois du secteur des équipementiers. Mais, pour l’Amica, il s’agit d’aller au-delà et s’atteler à attirer un second constructeur afin d’atteindre la taille critique au niveau local, ainsi que de  diversifier les métiers, encore trop basés sur le câblage. Sur un autre registre, il s’agit de revoir les mécanismes de formation mis en place dans le cadre du Pacte pour l’Emergence. Si en matière d’infrastructures, la situation est jugée positive avec trois instituts déjà opérationnels, le retard dans la réalisation du quatrième et surtout les méthodes de gouvernance pour certains ne sont pas de nature à les rendre efficients.
Enfin, il s’agit de favoriser l’industrialisation en encourageant l’intégration locale sur la base du modèle roumain qui, en peu d’années, a pu atteindre des taux d’intégration dépassant les 80% avec 130.000 emplois dans le secteur des équipementiers, un modèle à suivre. 

Electronique: Carton jaune

L’électronique est l’un des secteurs qui s’est le moins développé depuis la signature du pacte Emergence en 2009. Le secteur est passé de 1,2 à 5,5 milliards de DH en termes de revenus à l’export lors de la première mouture du pacte Emergence de 2004 à 2009. Mais depuis, la tendance s’est nettement ralentie avec des résultats à fin 2010 qui tablent d’un chiffre d’affaires à l’export de 6,8 milliards de DH. Les causes de ce ralentissement sont diverses avec en tête la crise économique mondiale qui a obligé les entreprises à protéger leurs acquis plutôt qu’à investir pour se développer. D’autre part, la structure même du secteur cible en Europe, celui français. Ce dernier est en majorité formé de PME, peu enclines à se diversifier et à investir à l’étranger.
La tendance actuelle est d’aller vers le développement de filières électroniques spécialisées telles que la mécatronique, l’électronique industrielle ou l’électronique embarquée pour automobile et aéronautique qui semblent porter plus de possibilités de développement que l’électronique grand public.

Textile-habillement: Stabilité au forceps

Chez les textiliens, l’optimisme est de rigueur. A la veille de ces troisièmes assises de l’Industrie, le bilan est jugé globalement positif. «Malgré toutes les secousses et les turbulences depuis le lancement du pacte Emergence, nous œuvrons dans la ligne fixée au départ et les réalisations économiques sont conformes aux prévisions», affirme Mohamed Tazi, directeur général de l’Amith. Malgré l’hostilité de l’environnement international et des marchés à laquelle a été confronté le secteur depuis les premières crises économiques, le pack de mesures anti-crise lancé par l’Etat en 2008 et 2009 et celles introduites avec le plan Emergence ont aidé le secteur à sauvegarder ses acquis.

«Nous avions des appréhensions sur la capacité à mobiliser les mesures d’aide, mais au final nous avons réussi à rendre opérationnel l’ensemble des mesures du pacte Emergence», précise Tazi, même si, nuance-t-il, cela s’est fait avec un certain retard. Un important travail a également été mené dans le cadre de la lutte contre l’informel au niveau des importations, ce qui a permis d’atténuer la rudesse de la conjoncture. Toutefois, il reste à affiner les réglages pour certains dispositifs tels que les mécanismes de Moussanada pour en améliorer l’accès, ainsi que celui des agrégateurs, «converteurs» et distributeurs et surtout d’améliorer les conditions de financement de ces projets. En effet, et c’est l’un des freins relevé par les textiliens, malgré les garanties publiques apportées dans le cadre de la CCG en particulier, de réelles difficultés subsistent en ce qui concerne l’accès des PME au financement, ce qui fait rater beaucoup d’opportunités au secteur.
Par ailleurs, il s’agit aussi de se placer sur le long terme pour l’Amith. En effet, des tendances lourdes se profilent sur les prochaines dix à quinze années qui dégagent des arbitrages positifs en faveur du «sourcing» de proximité et le repli des acteurs asiatiques sur leurs marchés intérieurs. Beaucoup d’opportunités s’offriront aux zones de «sourcing» qui sauront les capter. C’est le sens du grand travail en cours de réalisation conjointement par l’Amith et les autorités publiques, dans le cadre de la nouvelle vision 2025.

 

Ali ABJIOU

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