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Analyse

Assises de l'industrie: Comment les opérateurs comptent s’en sortir

Par L'Economiste | Edition N°:3972 Le 20/02/2013 | Partager

Les temps sont de plus en plus durs pour plusieurs secteurs. 2013 s’annonce pour le moins difficile. Baisse des commandes, assèchement des liquidités, resserrement des crédits, exacerbation de la concurrence étrangère, zéro visibilité,…Chaque industrie essaiera de s’en sortir comme elle peut. Certaines se tourneront plus vers l’Afrique dont le potentiel est encore largement inexploité (IMME, industrie pharmaceutique, électricité, TIC…), tandis que d’autres essaieront de consolider leur place sur le marché interne (textile-habillement). D’autres activités s’attelleront, pour leur part, à diversifier leurs clients et produits (électronique, automobile, offshoring). Le contexte de crise est également celui où l’on se rend le plus compte de la nécessité d’avancer sur les aspects législatifs et les partenariats public-privé. Plusieurs projets de lois et de contrats-programmes sont actuellement en préparation. D’autres seront signés aujourd’hui même à Tanger, à l’occasion des Assises de l’industrie.

 

IMME: Les énergies renouvelables, une aubaine!

Ces dernières années n’ont pas été faciles pour le secteur des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (IMME) qui souffre de la concurrence des «importations sauvages». En 2012, certaines filières ont essuyé des baisses du chiffre d’affaires allant de 15 à 20%. Les sidérurgistes et certaines filières métallurgiques sont les plus mal en point. En 2013 aussi la conjoncture s’annonce difficile. Les opérateurs redoutent surtout les difficultés de trésorerie, surtout avec le resserrement des crédits. Mais ils restent optimistes. Ils misent actuellement sur le développement des énergies renouvelables qui vont nécessiter des installations et des matériels qu’ils pourront fournir. «Malheureusement, notre secteur a été un peu oublié. Plus d’efforts auraient pu être menés pour permettre à nos entreprises de travailler pour les métiers mondiaux du plan Emergence», regrette Abdelhamid Souiri, président de la Fédération des IMME (FIMME). Les professionnels parient également sur les exportations en Afrique. Aujourd’hui, la FIMME signe un mémorandum d’entente avec le ministère de l’Industrie pour la mise en place d’un contrat-programme pour lequel une étude a déjà été lancée.  

Electronique: Sortir du mono-marché
Les spécialistes de l’électronique risquent de payer un lourd tribut à la crise en 2013. Focalisés sur le marché français qui absorbe l’essentiel des exportations, ils pourraient se retrouver avec une forte baisse des commandes. C’est la raison pour laquelle les opérateurs essaient actuellement de se diversifier. «Nous avons décidé d’inviter plus de donneurs d’ordre étrangers à venir visiter nos salons au Maroc», précise Hassan Zine El Abidine, SG de l’Association de l’électronique (Asel). Les professionnels comptent également se positionner sur l’électronique professionnelle à plus forte valeur ajoutée et sur laquelle la concurrence asiatique est moins forte.

Aéronautique: Décollage réussi
Pas de nuages à l’horizon pour l’aéronautique. En 2012, le secteur s’en est sorti avec une croissance de 15%, et devrait rester sur la même progression en 2013, selon le Gimas (Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales). Certains opérateurs, comme EADS Maroc Aviation, ont vu leur chiffre d’affaires grimper de 30%. «La conjoncture est plutôt bonne en ce moment, avec des carnets de commandes remplis», confie Bruno Ibounenc, directeur général, vice-président du Gimas. «Le Marco figure désormais sur la carte mondiale de l’aéronautique, et jouit d’une véritable visibilité à l’international. Nous travaillons actuellement avec les plus gros donneurs d’ordre», poursuit-il. L’implantation au Maroc de grands opérateurs comme Safran, EADS ou encore Bombardier, a créé une réelle dynamique dans le secteur, qui reste pour l’heure loin des turbulences.        

Agroalimentaire: Pas encore de feuille de route!
Le Maroc a encore du mal à valoriser ses produits agricoles. L’industrie agroalimentaire ne représente que 4% du PIB, contre 16% pour l’agriculture. L’agro-industrie s’en sort pratiquement chaque année avec des niveaux de croissance plutôt corrects, mais elle reste encore bien en deçà de son potentiel. En 2012, l’activité a drainé un chiffre d’affaires de près de 80 milliards de DH, en hausse de quelque 5%. Mais 2013 risque d’être plus difficile. Les professionnels s’attendent à une stagnation, couplée à un resserrement des liquidités. «Le secteur est un peu le parent pauvre du plan Emergence, même s’il compte parmi les métiers mondiaux du Maroc. Jusqu’à présent, il n’a pas bénéficié de mesures concrètes», regrette Amine Berrada Sounni, président de la Fédération nationale de l'agroalimentaire (Fenagri). Le secteur n’a même pas encore de feuille de route! «Nous avons besoin d’urgence d’un contrat-programme, surtout que la libéralisation des dernières filières est prévue dans les 5 prochaines années. Nous devons avoir le temps de nous mettre à niveau», insiste Berrada. Cette année, le secteur se fixe 2 objectifs: la signature d’un contrat-programme avec le ministère de l’Industrie, et le lancement du débat sur la fiscalité qui grève le secteur, lors des Assises de la fiscalité. «Les potentiels de développement sont énormes, à condition que les freins soient levés», insiste Berrada.

Industrie pharmaceutique: Enfin un contrat-programme
L’industrie pharmaceutique a réussi à tirer son épingle du jeu avec une croissance annuelle de près de 6% sur les 5 dernières années. Mais rien n’est moins sûr pour 2013. «Avec la baisse des prix des médicaments cette année, la rentabilité des laboratoires pharmaceutiques sera grevée», explique Omar Tazi, PDG de Sothema et ancien président de l’Amip (Association marocaine de l’industrie pharmaceutique). Avec le rétrécissement des marges, la faible consommation des médicaments et le manque de compétitivité à l’export, l’avenir paraît moins rose. Le secteur a, toutefois, décroché son propre contrat-pogramme, qui sera signé aujourd’hui à Tanger. Il apportera toute une batterie de mesures destinées à améliorer la compétitivité du secteur, et plus particulièrement à l’export où beaucoup d’opportunités sont à saisir.

Offshoring: Sécuriser la croissance
A l’heure où la crise bat son plein, l’offshoring affiche une croissance soutenue, avec une progression de 4% en 2012, pour un chiffre d’affaires à l’export de près de 7,3 milliards de DH. L’an dernier, quelque 5.000 emplois supplémentaires ont été créés dans le secteur. «L’activité est portée par des éléments structurels, notamment la tendance à l’externalisation des services», explique Youssef Chraïbi, président de l’Association marocaine pour la relation client (AMRC). «Par ailleurs, en temps de crise, les solutions offshore sont plébiscitées», poursuit-il. Toutefois, les opérateurs étrangers ayant déjà recours à l’offshoring pourraient réduire leur activité pour diminuer leurs coûts. C’est le cas des opérateurs télécoms en France qui, malmenés par l’arrivée de Free, devraient continuer à contracter leur activité. Ce qui aura un impact certain sur le Maroc, vu le poids des télécoms dans le portefeuille client des opérateurs offshore (40%). La croissance devrait donc ralentir dans les années à venir. Pour préserver leur position de leader sur le marché francophone, les professionnels insistent sur plusieurs mesures, dont le prolongement des incitations fiscales au-delà de la période d’installation, la qualification des RH et la diversification des investissements. L’accent est également mis sur la mise en adéquation avec la législation européenne en matière de protection des données personnelles, ainsi que sur la nécessité d’une loi sur le droit de grève. Des pré-requis essentiels pour certains donneurs d’ordre.   
Aujourd’hui à Tanger, les professionnels annonceront la création d’une plateforme électronique, «inédite», commune aux associations du secteur (AMRC, APEBI), permettant de consolider l’ensemble des données du secteur.

Textile: Focus sur  le marché  interne
Si l’année 2012 s’est bien terminée pour les textiliens, avec une quasi-stagnation (+0,2%), 2013 débute avec très peu de visibilité. La crise européenne ne promet pas de s’estamper à court terme. Du coup, les professionnels prévoient  encore des contractions de la demande. Pour faire face à cette situation, l’Association marocaine de l’industrie et de l’habillement (Amith) compte mettre sur pied une nouvelle stratégie appuyée par un contrat-programme. «La demande interne représente 40 milliards de DH. Nous ne devons pas laisser ce marché entre les mains  des Turcs et des Chinois», confie Mustapha Sajid, président de l’Amith. Ce volet rentre dans le cadre d’une stratégie à l'horizon 2025 conçue par un groupe de chefs d’entreprises. «La stratégie sera bouclée dans les semaines à venir», explique Sajid. L’idée est de repositionner le secteur marocain sur l’échiquier mondial en prenant en compte le repli des pays asiatiques sur leur marché interne. La nouvelle  politique sera basée sur 3 activités phares: habillement-mode, l’art de vivre et les textiles maisons et autres tissus techniques et intelligents. Ces derniers seront notamment proposés aux constructeurs automobiles et aéronautiques.

Automobile: Attirer de nouveaux métiers
Au vu des chiffres des exportations, la crise européenne ne semble pas tellement impacter le secteur de l’automobile. Et pour cause, l’entrée en production de l’usine de Renault Tanger a complètement changé la donne.  Pourtant, la première ligne de production de cette usine a sorti 41.500 véhicules pour une capacité de production comprise entre 60.000 et 70.000 unités. Une différence qui s’explique par le lancement de l’activité et des ajustements induits mais aussi par une récession sur le marché automobile européen et en particulier français. Pour faire face à cette fluctuation de la demande externe,  l’Association marocaine de l’industrie et le commerce de l’automobile (Amica) compte initier une stratégie d’intégration sectorielle. «Le Maroc doit réussir à attirer plusieurs spécialités dans l’automobile pour devenir une destination suffisamment intégrée et satisfaire aux besoins des constructeurs qui veulent s’implanter», confie Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica. Les professionnels veulent améliorer leur accessibilité au financement en mettant en place un fonds public-privé dédié au secteur. L’Amica ambitionne également de restructurer le centre technique Cetiev pour assurer des fonctions de recherche et de soutien pour le secteur en termes de R&D et en tests d’équipements. Le volet social occupe une place importante dans la stratégie. Une convention collective pour le secteur automobile sera bientôt négociée avec les syndicats, pour faire face à d'éventuelles conséquences de tout arrêt de chaîne de production.  

Industries de la pêche: L’approvisionnement, l’éternel problème
L’approvisionnement en quantité et en qualité, c’est l’épine dorsale du secteur de la pêche. Jusqu’à aujourd’hui, les industriels peinent à s’assurer un approvisionnement constant. Pis encore, la plupart des opérateurs tournent à 40% ou 50% de leur capacité, à 60% pour les plus chanceux. Et pour cause,  une flotte vétuste (40 à 50 ans de moyenne d’âge), une faible capacité de stockage et une interdiction de pêcher au-delà de 10 mailles, selon les professionnels. Le plan Halieutis, également, prend du retard. «Le plan a, par exemple, l’ambition de développer l’aquaculture en faisant passer la capacité de la filière de 500 tonnes à 200.000 t d’ici 2020. Or, jusque-là, il n’y a même pas encore d’étude sur les structures à mettre en place», martèle Hassan Sentissi, président de la Fédération des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche (Fenip). 2012 aura plutôt été une bonne année pour le secteur, avec une croissance de près de 20%. Les professionnels s’attendent à une performance similaire cette année. D’après la Fenip, le secteur pourrait mieux se porter si le secteur de la pêche bénéficiait d’un meilleur soutien de l’Etat. Les industriels qui exportent de 70 à 80% de leur production pourraient réaliser un chiffre d’affaires à l’export de 3 milliards de dollars par an et employer jusqu’à 800.000 personnes, contre près de 1,6 milliard de dollar actuellement.

A. NA & Il. B

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