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Evénement

Tiers payant: Bras de fer CNSS/officines

Par L'Economiste | Edition N°:3971 Le 19/02/2013 | Partager
Les délais de remboursement au cœur des négociations
La Caisse promet 30 jours fin de mois
Une liste de 29 médicaments

Source: CNSS
Le dispositif du tiers payant permet aux bénéficiaires de l’AMO de ne reverser qu’un  ticket modérateur pour 10 affections de longue durée (ALD) et 5 affections lourdes et coûteuses (ALC)

15.219 malades atteints de pathologies lourdes comme le cancer, l’insuffisance rénale ou l’hépatite B devraient bientôt voir leurs frais médicaux diminuer. Comme nous l’avions annoncé dans notre édition du 14 février, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) compte mettre en place un dispositif de tiers payant pour les médicaments à partir d’avril. «Ce projet a pour but d’améliorer l’accès aux  soins de nos assurés en les dispensant de l’avance des frais des médicaments coûteux remboursables au titre de l’assurance maladie obligatoire (AMO)», explique le management de la CNSS.  Le dispositif cible principalement 29 médicaments coûteux administrés à titre ambulatoire pour 32 maladies. Les prix des médicaments pris en charge varient entre 1.000 et 9.000 DH/la boîte. Le processus sera progressif, ciblant le traitement des maladies graves ou invalidantes et nécessitant des soins de longue durée ou des soins particulièrement lourds et onéreux. Le mécanisme du tiers payant rentre dans le cadre d’une  convention  entre les organismes gestionnaires de l’AMO (Cnops et CNSS) et les pharmaciens d’officines. Cependant, la situation est différente pour la Cnops. «Au niveau de notre pharmacie, les bénéficiaires disposent déjà gratuitement des médicaments liés aux maladies lourdes comme le cancer», souligne Abdelaziz Adnane, DG de la Cnops. Ainsi, des efforts restent à déployer au niveau du privé. C’est dans ce sens que la CNSS veut adopter le principe du tiers payant. Concrètement, le patient ne devra payer qu’un ticket modérateur qui est la partie non prise en charge par la CNSS.  Le bénéficiaire est libre de se présenter à la pharmacie de son choix, précise la CNSS.  Du reste, la pharmacie sera remboursée par la Caisse dans un délai de 30 jours. Pour bénéficier de ce système, le bénéficiaire doit se présenter à une agence de la CNSS pour bénéficier de l’attestation de prise en charge. Par la suite, le pharmacien doit déposer à la CNSS, dans un délai maximal de 3 mois à compter de la date de facturation, un dossier de remboursement. Justement, c’est ce volet remboursement qui risque de retarder l’opérationnalisation. «Le délai de 30 jours n’est pas raisonnable. Il y aura des retards de remboursement qui seront répercutés sur la trésorerie des pharmaciens, lesquels accusent déjà beaucoup de difficultés», confie Oualid Amri, président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc. Pour Amri, sur les 12.000 officines existantes au Maroc, 40% sont en difficultés financières.  La fédération préconise plutôt des délais allant de 15 à 20 jours. «Le rallongement des délais ne touchera pas uniquement les officines mais également les grossistes qui sont devenus les banquiers des pharmaciens», note Abdelmajid Belaïche, chercheur en pharmaco-économie. C’est dire que le risque de retard de remboursement pèse lourdement sur l’ensemble du secteur. D’autant plus que les médicaments listés par la CNSS sont des plus coûteux. «En général, les pharmacies ne disposent pas de ces médicaments vu leur prix. Les achats se font généralement sur commande», précise Amri. Cette liste de médicament ne fait pas l’unanimité du côté du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP). Aux yeux de son vice-président Rachid Lamrani, «la liste des médicaments est trop courte et n’aura pas l’effet escompté». Cependant, le principal risque est la non-adhésion des officines au dispositif. En principe, «tout pharmacien d’officine est adhérent d’office à la convention. La non-adhésion devra faire l’objet d’une déclaration expresse», tient à préciser le management de la CNSS. «La majorité des officines risquent de ne pas prendre part à ce dispositif vu le risque financier», estime Lamrani. Le Conseil de l’Ordre privilégie la mise en place du tiers payant dans des villes pilotes comme Casablanca avant de le généraliser à l’ensemble du pays.
Pour l’heure, rien n’a encore été tranché et les négociations restent toujours ouvertes. L’ensemble des parties doivent se réunir cette semaine pour arriver à un terrain d’entente. Une autre rencontre est programmée le 1er mars à Marrakech. L’idée est de s’inspirer des expériences internationales, notamment celle française avec la carte vitale. Autrement dit, le démarrage en avril est très compromis.

8% de marge
Les officines sont victimes de leur croissance. Alors que le Royaume ne comptait que 600 dans les années 80, elles sont aujourd’hui plus de 12.000 pharmacies concentrées dans les grandes agglomérations.  «Cette hausse a été accompagnée par une dégradation importante de la rentabilité des pharmacies et une stagnation du pouvoir d’achat», analyse Abdelmajid Belaïche, chercheur en pharmaco-économie. Selon Belaïche, les officines réalisent un chiffre d’affaires moyen annuel de près de 330.000 DH. «40% des officines sont  lâchées par les grossistes», explique Oualid Amri, président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens. Une fois les charges et les impôts déduits, la marge réelle des officines est de 8%. 

Ilham BOUMNADE

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