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Analyse

Les premiers effets du Ramed

Par L'Economiste | Edition N°:3967 Le 13/02/2013 | Partager
Montée en charge des prestations médicales
Le budget de fonctionnement a été augmenté
Le manque de ressources repousse les rendez-vous jusqu’à 270 jours!

Avec la mise en application du Ramed, le taux d’hospitalisation aux urgences a sensibilisation augmenté suite notamment aux fausses urgences

Branle-bas de combat au CHU de Rabat pour mettre en place une logistique capable de relever le défi du Ramed (Régime d’assistance Médicale aux plus démunis). Il s’agit d’une priorité à l’échelle régionale et pour laquelle le dernier conseil d’administration du CHU tente de trouver des moyens supplémentaires afin de lancer son plan d’action pour l’année 2013.
En matière statistique, le dernier rapport du centre hospitalier est édifiant et montre bien la différence du Ramed dont les effets se ressentent nettement depuis le lancement de l’opération en avril 2012. Le nombre des admissions à l’hôpital par jour a atteint plus de 108.000 en 2012 contre 96.250 une année avant, soit un accroissement de 12,32%. Ce nombre ne dépassait pas les 58.700 en 2007. Idem au niveau du service des urgences. Le nombre de passages enregistrés en 2012 s’élève à 186.400 contre près de 161.000 en 2011, soit une évolution de 15,6%. Une situation qui a largement contribué à l’augmentation de la proportion des hospitalisations aux urgences qui est passée de 11,48% en 2011 à 21,99% en 2012. Le même constat est valable pour le nombre des examens en laboratoire qui affiche pour l’année écoulée un accroissement de plus de 14,5% en comparaison avec 2011. Cela va de pair avec le nombre des interventions chirurgicales qui a connu une évolution de 1,35% pour atteindre 28.822 actes.
Pour faire face à cette montée en charge, il faut mobiliser davantage de moyens financiers et humains. Ainsi, le budget d’exploitation adopté pour 2013 avoisine les 987 millions de DH soit un accroissement de près de 3,7% par rapport à l’année précédente. Le grand lot de ce budget, soit 788 millions de DH, provient de la subvention du ministère, alors que le reste sera mobilisé à partir des recettes propres. Il faut noter que ces dernières ont évolué de 42% entre 2007 et 2011. Toutefois la capacité d’autofinancement du CHU reste limitée à 30%. Près de 67% du budget de fonctionnement seront réservés au personnel. Et le reliquat sera réparti entre le médical (18%), l’hôtellerie (10%) et 3% pour la maintenance. «Une rallonge budgétaire d’un montant de 45 millions de DH a été accordée en 2011 par le ministère pour améliorer la prise en charge des patients aux revenus modestes dans le cadre du Ramed», rappelle le professeur Charif Chefchaouni Almontacire, DG du Centre hospitalier Ibn Sina de Rabat.
La totalité de ce budget a été consommée en 2012. Pour Chefchaouni, ce budget supplémentaire a représenté une bouffée d’oxygène qui a permis de régler des problèmes dans certains établissements du CHU. Ainsi, près de 20 millions de DH ont été réservés à l’achat de médicaments dont 15 millions de DH pour l’hôpital des enfants de Rabat afin de répondre aux besoins en traitement des enfants atteints d’hémophilie et thalassémie. «Actuellement, tous nos établissements de santé disposent d’un stock en médicaments largement suffisant pour répondre aux besoins des patients notamment ceux bénéficiant du Ramed», indique Salaheddine Bennani, directeur régional de la santé de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaïer. Ce dernier rappelle la création d’un observatoire au niveau de sa direction dédié au Ramed pour recueillir les informations et suivre l’application des recommandations pour la mise en place de ce chantier. Mais le grand problème qui reste posé est celui des ressources humaines notamment le déficit en infirmiers et techniciens ainsi que les cadres gestionnaires. Globalement, les besoins sont estimés à près de 800 postes budgétaires, selon la direction du CHU.
«A titre d’exemple, le manque de techniciens spécialisés empêche une exploitation optimale, y compris le soir, des appareils de radiologie en l’occurrence l’IRM», indique le DG du CHU. Cette situation explique les énormes délais des rendez-vous qui ont atteint 270 jours en 2011 contre 36,4 jours en France. Mais la question de moyens ne devrait par occulter les grands défis à relever par le CHU. Sur le plan médical, les efforts doivent être mobilisés par réduire le taux de décès notamment maternel. Renforcer et moderniser le système de management figure également au menu notamment par la mise en œuvre de dossier patient informatisé. Et aussi activer la création d’une pharmacie centralisée avec des pharmacies cliniques hospitalières. Il faut revoir l’organisation des hôpitaux en fonction des besoins. Sur ce volet, il convient de signaler l’exemple de l’Hôpital des enfants où plusieurs services sont presque vides alors que d’autres sont bondés avec des patients qui couchent par terre.

Rabat en tête

Si au démarrage du Ramed, le traitement des dossiers butait sur le manque de moyens, la Wilaya de Rabat a mis les bouchées doubles pour résorber le retard enregistré. Et même de réaliser des résultats encourageants notamment au niveau de la préfecture de Rabat classée pour le moment en tête par rapport aux autres préfectures de la région. «Pour Rabat, près de 80% des dossiers déposés ont été traités et près de 40% des cartes Ramed ont été distribuées», souligne un responsable de la préfecture de Rabat. Pour toute la région, la population concernée par le Ramed est estimée à près de 400.000 personnes. Cependant, un problème a été soulevé par les responsables des différentes préfectures de la région. Il s’agit du retard dans la distribution des cartes Ramed pour la catégorie de la population qualifiée de précaire. Car une partie des familles concernées affichent son incapacité à régler la cotisation annuelle de 120 DH par personne, plafonnée à 600 DH par famille.

Fausses urgences

Le lancement du Ramed a été une opportunité pour certains patients de se faire hospitaliser sans passer par la procédure normale en prenant un rendez vous. Dans le nouveau système, avec un récépissé du dépôt du dossier de la demande de la carte Ramed on peut accéder aux urgences. Les patients profitent de cette situation pour faire hospitaliser et opérer, malgré qu’ils ne présentent pas un cas grave, il s’agit de fausses urgences. Cela s’est traduit par une montée en charge des services des urgences du CHU de Rabat depuis avril dernier. Ainsi, le nombre de malades arrivants à ces services s’élève à 186.439 cas en 2012, soit un accroissement de 15,6% par rapport à 2011. Pour le taux d’hospitalisation, il a atteint 21,99% en 2012 contre 9,52% en 2007. En France, ce taux est de 3% en 20009 (Sur 100 patients  arrivants aux urgences, 3 sont hospitalisés contre 21,99 au CHU de Rabat en 2012).

 

Noureddine EL AISSI

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