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Inflation: L’«erreur» de calcul argentine

Par L'Economiste | Edition N°:3965 Le 11/02/2013 | Partager
Le FMI conteste la méthodologie de Buenos Aires
Selon les sources, les écarts varient du simple au triple

Les statistiques officielles de l’Argentine accusent régulièrement une nette différence avec celles émises par de nombreux organismes privés indépendants. Le mois dernier, le gouvernement faisait état d’une inflation à 10,8% en 2012, tandis qu’un institut privé évaluait ce taux à 25,6% d’où le mécontentement du FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) a gagné sa bataille contre l’Argentine! Accusé de manipuler ses statistiques économiques, le pays a décidé finalement de se mobiliser contre l’inflation en adoptant une nouvelle méthode de calcul et qui serait applicable au dernier trimestre 2013. Il s’agit d’un indice des prix à la consommation en remplacement de la mesure actuelle. Les mesures correctrices ne s’arrêtent pas là puisque toutes les chaînes de supermarchés s’étaient engagées à geler les prix de tous les produits pendant 60 jours à compter rétroactivement du 1er février jusqu’au 1er avril. Les observateurs voient là un soulagement pour les consommateurs aux prises à une inflation galopante. Les statistiques officielles de l’Argentine accusent régulièrement une nette différence avec celles émises par de nombreux organismes privés indépendants. Rien que le mois dernier, le gouvernement faisait état d’une inflation à 10,8% en 2012 tandis qu’un institut privé évaluait ce taux à 25,6%. Et c’est sur ce point que le FMI pointe le doigt.
Selon plusieurs explications et analyses, l’inflation fausse le calcul économique. D’abord du fait de l’augmentation des prix, puis la dette réelle des emprunteurs est allégée et plusieurs investissements deviennent rentables et peuvent être alors engagés. L’épargne disponible est orientée de façon non rationnelle vers des placements spéculatifs, des investissements immobiliers ou fonciers, voire vers l’achat (parfois illégal) de devises, de titres ou d’actifs étrangers, est-il expliqué. L’inflation ne porte atteinte ni au revenu national ni au patrimoine, mais elle en modifie la répartition, avantageant les revenus les plus élevés. A ce titre, elle constitue un véritable impôt qui pèse sur les ménages les plus défavorisés et les épargnants.
Les contrecoups négatifs ne tardent pas à se manifester. L’inflation défavorise les créanciers et favorise les débiteurs (les créances et les dettes réelles diminuent). Et c’est l’Etat qui trinque puisque c’est l’agent le plus endetté de l’économie.
Les effets sont à gérer aussi sur le plan international. La hausse des prix internes rend les exportations plus difficiles. Elle facilite en outre la mise en circulation des produits étrangers sur le marché national d’où un freinage de l’activité économique et une dégradation de la balance commerciale. Si cette situation persiste, les sorties de devises s’accélèrent et entraînent une dépréciation de la monnaie sur le marché des changes ou une dévaluation. Pour les experts: «aucun pays en situation de libre-échange ne peut se permettre de conserver au-delà d’un très court terme un taux d’inflation supérieur à celui de ses partenaires commerciaux». C’est pourquoi la lutte contre les déséquilibres commerciaux et monétaires a longtemps été considérée comme l’objectif prioritaire de la politique économique dans les pays industriels développés. 


Fatim-Zahra TOHRY

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