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Analyse

Textile: Couacs autour des chiffres

Par L'Economiste | Edition N°:3965 Le 11/02/2013 | Partager
Les opérateurs revendiquent une croissance de 0,2%
L’UE annonce une baisse des volumes importés depuis le Maroc
Plusieurs dizaines d’entreprises en faillite!

«La légère croissance de 0,2% des exportations est vraiment un très bon indicateur pour nous, vu la chute de la consommation européenne, notamment en Espagne et en France. Avoir maintenu nos exportations sur ces deux destinations est une véritable performance», explique El Mustapha Sajid, président de l’Amith 

IL est difficile de dresser un bilan précis de l’année 2012 dans le textile. Les données sont assez contrastées. D’un côté, les statistiques des douanes françaises affichent d’importantes baisses d’importations depuis le Maroc vers l’Hexagone (-7% à fin novembre). D’un autre côté, l’Office des changes annonce une hausse de 1,8% sur ce même marché à fin 2012. Il est évidemment difficile de redresser la barre en un seul mois ! Plus globalement, selon Eurostat, les exportations marocaines vers l’Union européenne ont chuté de 8,4% durant les 11 premiers mois de l’année dernière. L’UE, et particulièrement la France et l’Espagne, sont clairement les plus grands clients du Royaume. Pourtant, malgré cette baisse évidente de la demande en Europe, les autorités marocaines annoncent une hausse de 0,2% des exportations du textile (chiffres publiés sur le site de l’Amith). Ce qui traduit davantage une stagnation plutôt qu’une hausse. Une différence pour le moins surprenante dans un contexte où les leaders du textile mondial affichent une récession sur le marché européen! L’Association marocaine de l’industrie et de l’habillement (Amith), plus particulièrement son président El Mustapha Sajid, invoque une différence des modes de calculs. Sajid regrette également un manque de convergence entre les différents organes de l’Etat. «Cette différence donne un véritable manque de visibilité chez les opérateurs», dénonce le président de l’Amith. Ainsi, les exportations du secteur du textile-habillement se seraient établies à 29,7 milliards de DH. «La croissance de 0,2% des exportations est vraiment un très bon indicateur pour nous, vu la chute de la consommation européenne, notamment en Espagne et en France. Avoir maintenu nos exportations sur ces deux destinations est une véritable performance», explique le président. En revanche, il y a un autre indicateur plus parlant  qui pèche par le manque d’optimisme. Selon le ministère de l’Emploi, 133 entreprises ont fermé leurs portes au Maroc avec une dominance de l’industrie, surtout le textile et habillement. «Une centaine d’entreprises ont mis la clef sous le paillasson, en particulier dans la confection et les accessoires», annonce un opérateur sous couvert de l’anonymat. Le professionnel invoque la baisse de la demande et surtout une dégradation de la rentabilité dans le secteur. D’autres analyses penchent davantage vers une exacerbation des tensions sociales et l’augmentation des mouvements de grèves perlées. Une tendance que l’Amith ne confirme pas totalement en l’absence de données précises. Pour certains experts, les industriels du textile fuient la profession en direction de secteurs à plus forte rentabilité. Concrètement, il s’agit d’un passage de l’industrie textile à l’import et la promotion immobilière. Une tendance que la corporation compte renverser via sa nouvelle stratégie à l’horizon 2025.  «La stratégie sera basée sur une étude  qui est en phase de finalisation. Elle sera bouclée dans un mois», annonce Sajid. Concrètement, les professionnels comptent se positionner par rapport à l’échiquier international où il y a une préférence de l’approvisionnement du near-shore, donc de livraison de proximité. Les textiliens comptent également augmenter leurs parts sur le marché interne. «Il ne faut pas que le marché du textile marocain soit la cible d’opérateurs étrangers. Cette situation est anormale.  Comment un secteur qui exporte 30 milliards de DH n’arrive même pas à se positionner sur le marché interne», souligne le président. Le marché interne représente 40 milliards de DH. Pour ce faire, l’Amith compte sur une stratégie intégrée pour créer de véritables pôles industriels couvrant l’amont et l’aval. Un pari audacieux qui requiert de grands investissements qui se comptent en centaines de millions de DH. Dans ce sens, l’intervention de l’Etat est préconisée. Sauf qu’il est difficile de voir le gouvernement s’engager dans de lourds investissements dans ce contexte de crise.

Matière première

 

En misant sur l’industrie, l’Amith s’attaque au plus grand problème que connaissent les opérateurs: la matière première. «Il est nécessaire de permettre aux chefs  d’entreprise d’avoir accès rapidement et à des coûts inférieurs aux matières premières», explique Jean-Marc Lamouliate, expert en textile et habillement. En fait, lorsque les opérateurs s’approvisionnent en Asie où se trouvent les plus grands producteurs, ils subissent des droits de douane importants qui plombent le coût du revient. Plus encore, les délais de livraison sont assez importants, ce qui réduit la compétitivité du Maroc dans le resourcing. Les matières qui font le plus défaut sont le coton, le fil et les accessoires.

Ilham BOUMNADE

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