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Evénement

Finances publiques
«L’urgence d’une réforme fiscale réfléchie»

Par L'Economiste | Edition N°:3965 Le 11/02/2013 | Partager
L’enjeu est de générer de la ressource ordinaire additionnelle
Endettement: le seuil de 60% reste soutenable
Pas de risque de PAS

Larbi Jaidi, économiste: «Si la réforme fiscale n’est pas enclenchée rapidement, le gouvernement risque d’être confronté à un vrai goulot d’étranglement»

- L’Economiste: Il y a à peine quelques semaines, les hypothèses sur le déficit étaient plus optimistes. Comment s’explique le cafouillage entre les chiffres des Finances et ceux du HCP?
- Larbi Jaidi
: Je n’appelle pas cela cafouillage. Pour moi, c’est une différence de prévisions, mais ce qui pose problème, c’est qu’il s’agit de deux sources publiques de l’Etat. Normalement, il devrait y avoir de la bonne coordination entre les deux institutions pour formuler à la fois des hypothèses de croissance et de déficit proches les unes des autres. Mais il suffit que les instruments de prévision soient différents, que les hypothèses qui étaient retenues sur les exportations, les prix des matières premières, l’inflation mondiale… et toutes les hypothèses sous-jacentes, soient différentes pour qu’elles donnent lieu à des appréciations différentes.

 

- Quel sera l’impact de l’emprunt international sur les comptes publics?
- Je n’ai pas d’éléments d’appréciation sur les échéances de remboursement, parce que si l’on prend le montant de 1,5 milliard de dollars en tant que volume, ce n’est pas très grave, même si ce n’est jamais un bon signe d’aller vers une augmentation du taux d’endettement public, mais nous avons encore une marge. Le seuil de 60% du PIB reste soutenable parce que cela dépend aussi des maturités, c’est-à-dire des horizons de remboursement. Je n’ai pas en tête, et cela n’a pas été beaucoup publié, l’échéancier de remboursement qui accompagne cet emprunt international. Si cet emprunt donne de l’oxygène sur les trois ou quatre années à venir, autrement dit un délai de paiement ou un taux de remboursement inférieur à la moyenne annuelle, le gouvernement a plus de souffle. Il faut profiter de cette période d’oxygène et de souffle pour pouvoir renflouer ses ressources, être en mesure de rembourser une charge de dettes plus importante dans les années à venir. Si l’emprunt est assorti d’un remboursement linéaire, cela va se matérialiser par une contrainte plus forte cette année, mais moins forte que si l’échéancier était dégressif.

Ce que je crains le plus, c’est que, dans le discours officiel,

l’on avance souvent la question de la réforme de la Caisse

de compensation comme étant une solution à cette pression

sur les finances publique

 

- Que faut-il redouter le plus en matière de dégradation de l’équilibre budgétaire?
- Si nous restons dans cette spirale, il y a évidemment la crainte qu’on arrive à un seuil d’endettement qui serait beaucoup plus contraignant pour les politiques publiques et l’intervention des organismes internationaux sur le processus à la fois des réformes et des efforts d’assainissement. Il y a un risque de retour aux années 1980. Il n’y aura pas le retour du PAS tel que nous l’avons vécu pendant les années 80, mais ce sera une très forte pression des organismes internationaux sur le contrôle et le suivi de la politique économique avec tous les effets que l’on connaît: la notation du Maroc auprès des agences internationales va se dégrader, même si les techniques et les méthodes de ces agences restent discutables. Cela crée quand même un climat qui n’est pas favorable au Maroc d’un point de vue international. Or, nous sommes une économie ouverte, qui compte beaucoup sur les flux extérieurs pour pouvoir accéder à la croissance. Si nous sommes dans cette configuration, ce n’est pas du tout quelque chose de positif.

 

- Que reste-t-il comme marge de manœuvre pour le gouvernement?
- La marge de manœuvre est très difficile à négocier. Moi, ce que je crains le plus, c’est que, dans le discours officiel, l’on avance souvent la question de la réforme de la Caisse de compensation comme étant une solution à cette pression sur les finances publiques. Je dis oui, mais si la réforme est conduite dans le sens d’un dé-subventionnement sans qu’il y ait, de l’autre côté, une dépense de compensation. L’Etat est en train de préparer son projet d’aide monétaire. Ces aides devront être réglées à partir des finances publiques. Donc, si le gouvernement doit décompenser en réaffectant tout simplement le circuit de la dépense, que cela s’appelle caisse de compensation, aide sociale ou monétaire, il y aura toujours une pression sur les finances publiques. Du coup, l’enjeu de la manœuvre réelle pour le gouvernement est de réfléchir à la manière dont il pourra générer de la ressource ordinaire additionnelle tout en maîtrisant la dépense. Ce qui implique l’urgence d’une réforme fiscale, réfléchie et raisonnée. Si cette option n’est pas étudiée par le gouvernement pour qu’elle soit opérationnelle le plus tôt possible, il risque d’être confronté à un vrai goulot d’étranglement.

 

 

Propos recueillis par Hassan EL ARIF

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