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Politique Internationale

Tunisie: L’étau se resserre sur Ennahda

Par L'Economiste | Edition N°:3964 Le 08/02/2013 | Partager
Le remaniement pour calmer les tensions
Le vrai défi, la constitution!

Quelques heures à peine après l’assassinat de l’opposant Chokri Belaid, Hammadi Jebali, Premier ministre tunisien, s’adresse au peuple et annonce la formation d’un gouvernement apolitique. Cette mesure suffira-t-elle à calmer les esprits? 

Hymne national, suivi de cris d’indignation. Moins de 24h après le meurtre de Chokri Belaid, les magistrats et avocats tunisiens se sont mis en grève contre les «terroristes meurtriers» d’Ennahda, et leurs «tentatives de mainmise sur le pouvoir». Et ils ne sont pas les seuls à avoir réagi. En quelques heures, les Tunisiens ont spontanément repris la rue, criant leur indignation face à ce crime politique. Si les manifestations ont été violemment réprimées, les autorités ne sont pas arrivées à dissuader la foule de crier sa colère contre Ennahda. Les Tunisiens défiaient encore une fois le pouvoir, pointant le parti au pouvoir comme principal accusé dans cette affaire de meurtre, et rappelant à bon entendeur que «Benali était bien plus oppressant».
Est-ce la verve de la réaction populaire qui a poussé le Premier ministre à trancher dans le vif du sujet? Toujours est-il que Hammadi Jebali a annoncé que le remaniement ministériel, réclamé en chœur par les alliés d’Ennahda et ses opposants, aura bien lieu. La Tunisie aura donc «un gouvernement de compétence nationale sans appartenance politique, qui aura un mandat limité de la gestion du pays jusqu’aux élections». Ainsi, même les ministères régaliens seront cédés à des indépendants. De prime abord, il semblerait qu’Ennahda ait perdu au change. «Avant», le parti hésitait plus à réformer le gouvernement, à céder le ministère des Affaires étrangères et fâcher une partie de sa base, ou le garder et fâcher les alliés... La seule question à laquelle Jebali semblait avoir une réponse, était celle du ministère de la Justice. Celui-là, il y tenait mordicus.  Mais en y regardant de plus près, l’on se rend compte que le Premier ministre n’a émis aucun agenda lors de son annonce. Une promesse en suspens? Peut-être le temps qu’il faudra pour que les esprits se calment. D’autant plus que ces élections, qu’il dit vouloir organiser «urgemment», butent depuis des mois sur d’interminables négociations.
Et même si ce gouvernement voyait le jour, dès la semaine prochaine, est-ce réellement une bonne idée pour une Tunisie, déjà affaiblie par des démissions ministérielles en série? En réalité, le vrai défi qui s’annonce, quel que soit le gouvernement qui coiffe le pays, c’est une constitution respectant les droits de toute la population tunisienne. Tant que cela ne sera pas fait, la rue ne risque pas de reprendre son calme.


Rime AIT EL HAJ

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