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Anti-corruption
Aboudrar interpelle le privé

Par L'Economiste | Edition N°:3964 Le 08/02/2013 | Partager
Le secteur est appelé à solliciter les experts
Magistrats et procureurs seront recrutés par l’Instance
D’autres investigations que celles de la Cour des comptes

Abdeslam Aboudrar, président de l’Instance centrale de prévention de la corruption, n’hésitera pas à demander une 2e investigation s’il estime qu’il y a présomption de corruption qui n’a pas été identifiée par la Cour des comptes.  Cette 2e opération se fera soit par son personnel, soit pas la Cour des comptes ou par l’Inspection générale des finances 

- L’Economiste : Le monde des affaires se plaint de la corruption alors que les actions du gouvernement semblent concerner davantage l’administration publique. Qu’en pensez-vous?
- Abdeslam Aboudrar:
Les experts de la lutte contre la corruption donnent l’impression de ne s’intéresser qu’à la problématique des pouvoirs discrétionnaires, notamment des responsables politiques, des élus, etc. Or, la corruption ne gangrène pas que la sphère publique et tout programme de lutte contre ce phénomène doit avoir une composante sectorielle. Maintenant, il faut que le secteur privé sollicite les experts en la matière. C’est aussi à lui de faire l’assainissement en son sein, en s’appuyant sur les lois et les politiques publiques. C’est également le rôle des fédérations, à leur tête la CGEM. 

 

- Cela signifie t-il que l’investigation ne concernera pas le secteur privé ?
-Non. Nos investigations se feront partout, quel que soit le secteur. Mais pour le privé, l’opération risque d’être difficile si les dirigeants d’entreprises ne nous aident pas et surtout s’ils ne font pas eux mêmes le ménage. Il faut vraiment qu’il y ait un plaignant.

- Comment comptez-vous décliner le pouvoir d’investigation que le nouveau projet de loi vous attribue? En avez-vous les moyens ?
- Nous attendons d’abord la mouture finale du projet de loi pour aborder la question. Une fois cela fait, nous procèderons au recrutement du personnel nécessaire. Celui-ci pourrait être composé de magistrats et de procureurs comme c’est le cas pour la Cour des comptes.
D’ailleurs, si cette dernière mène une enquête dans une institution publique et que nous estimons qu’il y a présomption de corruption et non une irrégularité des comptes, nous pourrons réclamer une 2ème investigation. Dans ce cas là, nous dépêcherons soit une brigade pour mener l’enquête, soit demander à la Cour des comptes ou à l’Inspection générale des finances de le faire.
-Les parlementaires s’intéressent à la question de la corruption. Quels seront leurs meilleurs apports ?
-En les sollicitant, nous avons voulu les mettre au courant de toutes les considérations ayant conduit à la rédaction du projet de loi qui porte création de l’Instance nationale de probité et de lutte contre la corruption. Leur implication ne fera que l’enrichir. De plus, il fallait avoir leur avis puisque ce sont eux qui discutent et adoptent les projets et propositions de loi. De même, ce sont eux qui tiennent rigueur au gouvernement en évaluant les politiques publiques. Il était donc nécessaire de les engager dans ce chantier qui implique la sauvegarde des deniers publics et la reddition des comptes de l’Exécutif.

 

-L’Association des parlementaires marocains contre la corruption a fait une série d’observations. Partagez-vous leurs points de vue ?
-Nous allons discuter de toutes leurs observations dont certaines tiennent soit d’un malentendu, soit d’une finesse juridique. Mais il n’y a aucune observation d’insurmontable. Leurs propositions n’ont qu’un seul objectif, celui d’élargir les prérogatives de l’instance pour qu’elle devienne plus efficace.

-Quelle est la mouture finale de ce projet de loi ?
Nous ne l’avons pas encore car nous sommes toujours en phase de discussion. Dernièrement, le texte a été publié sur le site du Secrétariat général du gouvernement pour observations. La société civile a donné son point de vue. C’est le cas de Transparency Maroc qui estime d’ailleurs que nous avons pris en considération entre 60 à 70% de ses recommandations. Toutefois, nous avons jugé que le débat sur Internet n’est pas suffisant et qu’il faut le lancer directement avec les autres organisations. D’autant plus que toute l’opinion publique n’a pas accès au Net. 

Nouvelles missions pour l’Instance

 

Elaboré et proposé par l’ICPC, le projet de loi veut promouvoir l’Instance en une structure nationale indépendante dotée de l’autonomie financière et de la pleine capacité juridique. Il vise également à la libérer de toute tutelle comme l’a prévu la Constitution de 2011. La nouvelle réglementation fait ainsi de l’Instance une force de proposition dans les domaines de prévention contre la corruption et un outil de supervision et de coordination des politiques publiques. 

Propos recueillis par Hajar BENEZHA

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