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Economie

Finances publiques
Le déficit budgétaire dérape

Par L'Economiste | Edition N°:3964 Le 08/02/2013 | Partager
Lahlimi prévoit 7% pour 2012
L’ endettement public proche de 60% du PIB
L’investissent grade menacé?

Souce : HCP
Pour pouvoir baisser son besoin de financement de l’économie de 1,6 point, le Maroc doit disposer des 2,5 milliards de dollars du partenariat stratégique avec les pays du CCG

La dernière sortie du Haut commissariat au Plan (HCP) est pour le moins alarmante : « Le déficit des Finances publiques serait passé de 6,2% du PIB en 2011 à environ 7% en 2012 ». Pour sa conférence traditionnelle du début d’année qui aura lieu demain, Nizar Baraka, ministre des Finances, devra présenter ses prévisions de déficit. Le chiffre du HCP est bien supérieur aux prévisions de Bank Al Maghrib qui tablait sur un déficit de 6,2% (Voir L’Economiste du 19 décembre 2012). A la veille de la sortie du Trésor à l’international, Baraka avait déjà anticipé une hausse du déficit par rapport aux prévisions de la loi de Finances 2012 (5%).  Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que le déficit sera autour de 6%. La dégradation des finances de l’Etat est attribuée à la mauvaise santé de la balance des paiements. Plus encore, «elle aggrave l’endettement public dont le taux frôle le seuil fatidique de 60% du PIB ». En 2011, ce taux était de 53,7% du PIB (soit 6,3 points de plus en un an). A fin novembre 2012, le Trésor a levé 55,4 milliards de DH sur le marché domestique, soit 23,3 milliards de DH de plus comparés à la même période en 2011. S’y ajoute la levée de fonds à l’international à la fin de l’année. Un tel taux d’endettement menace la notation du pays. En clair, selon les analystes du HCP, le Maroc risque de perdre l’investment grade. Cependant, la ligne de précaution du FMI constitue une soupape de secours. Dans le même sens, le déficit du compte épargne-investissement (besoin de financement de l’économie) enregistre une croissance continue. Il aurait atteint 8,4% du PIB en 2012, contre 8,1% en 2011 et seulement 4,4% en 2010. Sans grande surprise, « la croissance économique a connu un ralentissement de 2,7% en 2012 », annonce Ahmed Lahlimi Alami, haut commissaire au Plan. Elle reste inférieure au taux de 5% enregistré en 2011. Cette croissance économique continue à être tirée par la demande intérieure, la consommation finale nationale et l’investissement brut, dans un contexte de maitrise de l’inflation. Cependant, la consommation interne connaît une décélération de sa croissance de près de 2 points. En effet, la consommation des ménages a reculé à cause de la baisse des revenus. Par contre, la consommation publique aurait cru de 5% en volume en 2012, selon le HCP. Cette hausse est attribuée à l’augmentation des dépenses publiques de fonctionnement en biens et services et de la masse salariale. Une situation est en totale contradiction avec les engagements du gouvernement sur la réduction du train de vie de l’Etat. « Le maintien de l’investissement public à un niveau élevé et la progression à un rythme soutenu de la consommation finale nationale ne cessent d’accentuer le déficit budgétaire de l’Etat et, par là, celui des échanges extérieurs dans un contexte de faible compétitivité de notre économie. », reléve Lahlimi. Les revenus nets en provenance du reste du monde auraient continué à se dégrader avec une baisse de 6,7% en 2012. En cause, le recul de 4% des transferts des MRE. Autre indicateur au rouge : l’épargne nationale est passée de 27,9 à 26,1% du PIB.
Les pronostics sur l’évolution du PIB sont corrélés à la saison agricole. Ainsi, si une production céréalière atteint 70 millions de quintaux, la croissance se situera autour de 4,8% en 2013, contre 2,7% en 2012. « A 90-100 millions de quintaux, elle pourrait se situer autour de 5,4% », prévoit Lahlimi. Le HCP estime également que la consommation des ménages devrait s’accroitre de 6%. L’investissement afficherait aussi une hausse de 4,3% en volume. Signal positif : les exportations de biens et services connaitraient une amélioration de 2,3% en 2013 contre 0,8% en 2012. Par contre, les importations seront sur une tendance haussière de 3,4% (supérieur à 2012). Concrètement, 2013 ne devrait pas connaître un redressement de la balance commerciale. Et pour cause : la persistance des difficultés des économies européennes et la faible compétitivité de l’économie nationale. L’épargne nationale devrait baisser de  26,1% du PIB en 2012 à 25,6% en 2013. Le taux d’investissement brut étant prévu à 34,5% du PIB, le compte épargne-investissement se solderait par un besoin de financement de  l’ordre de 9% du PIB, après avoir été de 8,4% en 2012 et 8,1% en 2011. En fait, les 9% découlent du scénario le plus pessimiste et qui écarte l’arrivée des fonds des pays du Golfe. «Dans le cas que nous posons comme le plus probable où le Maroc bénéficierait de 2,5 milliards de dollars du partenariat stratégique avec le CCG, le déficit de financement de l’économie nationale se situerait à 6,8% du PIB », tient à préciser Lahlimi. Concrètement, cela correspond à 2,5 mois d’importations et 3 mois de réserves en devises.  

Réorientons la politique monétaire

«La nature expansive de la politique budgétaire, qui a soutenu notre modèle de développement, révèle ses limites», souligne le Haut commissaire au Plan. En effet, la maitrise de l’inflation par le biais de la subvention des prix financée par les ressources internes continue à augmenter la dette publique intérieure et à réduire le financement du secteur privé. Cette situation est associée à un déficit primaire qui ne cesse de s’accentuer. Cela pousse le pays à emprunter pour faire face aux échéances de ses dettes. Dans ces conditions, « la sous-liquidité du marché monétaire pourrait devenir structurelle et la marge de manœuvre de la politique monétaire se réduire au détriment d’un financement adapté aux besoins réels des différentes catégories des entreprises », estime Lahlimi. Ce dernier prône une politique monétaire plus agressive et soulève la question de la désacralisation du maintien de l’inflation à un niveau bas.

Ilham BOUMNADE

 

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