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Analyse

Forum de Paris - Casablanca Round
Dominique Strauss-Kahn maintient l’alerte sur l’économie mondiale

Par L'Economiste | Edition N°:3964 Le 08/02/2013 | Partager
La crise n’est pas encore finie
Maroc, l’assainissement des comptes publics urge
L’acceptation du modèle marocain sur le continent passe par là

Pour Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur général du FMI, «nous ne sommes pas encore revenus à une période où la croissance sera élevée un peu partout. Le système continue à mal fonctionner et nous sommes toujours dans la crise»

LE mouvement de liberté à l’origine des révolutions arabes n’a pas jusqu’ici donné les résultats escomptés. Au contraire, il a apporté pas mal de problèmes en Tunisie, en Libye ou encore en Egypte. «Il s’agit aujourd’hui d’aider ces pays à ne pas sombrer dans le chaos», relève Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur général du FMI, lors de son intervention au Forum de Paris. Il reste que la situation dans les pays de la région érige le modèle marocain en exemple. «Il faut arriver à sortir de l’esprit des Occidentaux que les partis religieux retirent obligatoirement un pays de l’ensemble démocratique», fait savoir l’ex-patron du FMI. Beaucoup de pays musulmans pourrait s’inspirer du Maroc. Mais, pour qu’il soit décisif, illustratif, un véritable modèle, il faut que le Royaume réussisse économiquement. En attendant que l’union maghrébine se concrétise un jour, le pays aurait tout intérêt à renforcer davantage sa coopération avec les autres pays du continent. «Il y a un rôle considérable que le Maroc peut jouer et qui peut se dérouler plus facilement et plus efficacement. Seulement, il doit être exemplaire», avance Dominique Strauss-Kahn. «Si le Maroc veut qu’une partie du continent accepte une collaboration positive avec lui, il doit faire envie», explique Strauss-Kahn. Or, ce n’est pas à proprement dit le cas aujourd’hui. Les efforts de compétitivité sont immenses. Dans le secteur financier, «la transformation de Casablanca en hub financier régional suppose la modernisation du marché, une amélioration de la compétitivité et que la liquidité de l’économie marocaine se retrouve». Cela revient à effectuer d’importants efforts au niveau budgétaire. Et la dégradation du déficit budgétaire attendu pour 2012 (lire également Page 14), après les 6,2% enregistrés l’année précédente montre bien l’étendu du travail à faire. «L’on peut difficilement faire du Maroc un pôle attractif pour les pays subsahariens sans que lui-même ne fasse suffisamment le ménage en matière budgétaire».
Et, il y a urgence estime l’ancien DG du FMI. Certes, la crise offre au Maroc l’opportunité de jouer un nouveau rôle sur le continent, encore faut-il la saisir. «Nous avons des moments dans l’histoire où les choses se nouent et il faut être capable de prendre des décisions difficiles qui permettent de se positionner et saisir ce qui est positif». La crise, c’est des opportunités positives, elles peuvent être aussi négatives. 
Le chaos est derrière, nous mais pas la crise. Ceci résume bien la leçon finale donnée par Dominique Strauss-Kahn. Entre l’accord sur le mur budgétaire aux Etats-Unis, les déclarations de Mario Draghi sur une possible reprise de la zone euro au second semestre, la croissance en Chine qui devrait être supérieure à 8%, le calme est un peu revenu sur les marchés au point où certains experts clament la fin de la crise. Il n’en est rien pense Strauss-Kahn. «Nous avons quelques hirondelles qui sont venues annoncer le printemps. Mais, elles ont le cerveau d’une hirondelle. Et tous ceux qui racontent que la crise est derrière nous sont en train de nous préparer des lendemains qui déchantent». Le risque de chaos était plus important en 2009 et 2010. Aujourd’hui nous n’en sommes pas là. Pour autant, «nous ne sommes pas encore revenus à une période où la croissance sera élevée un peu partout », relève Strauss-Kahn. «Le système continue à mal fonctionner et nous sommes toujours dans la crise », soutient-il.

L’Afrique plus réactive

 

La croissance mondiale devrait ressortir en moyenne à 3,5% cette année après 3,2% en 2012. Ce niveau reflète des écarts importants entre les grands pôles du monde.
Les pays développés devraient enregistrer une croissance moyenne de 1,4% contre 5,5% pour les émergents et les pays à faibles revenus. L’Afrique devrait donc enregistrer des performances assez importantes les prochaines années. Globalement, les pays africains sont plus réactifs après les grandes crises. «La croissance redémarre en même temps que dans les autres pays voire avant », relève Dominique Strauss-Kahn.

Les Etats-Unis pour lesquels les spécialistes anticipent une croissance de l’ordre de 2% n’offrent pas aujourd’hui toutes les garanties pour atteindre ces niveaux. Les décisions sur la dette américaine auront une influence certaine sur la croissance économique. «L’accumulation de la dette américaine n’est pas un drame en soi, mais celle-ci suppose pour revenir en arrière une réduction massive du déficit», explique l’ex-patron du FMI. Les Etats-Unis auront donc le choix de raboter dans les dépenses où d’augmenter les recettes. Ce qui est sûr, l’une ou l’autre option portera fortement atteinte à la croissance. La zone euro, elle, est dans une situation plus compliquée. La croissance a été négative en 2012 et elle sera probablement identique ou nulle cette année. «Le problème de la zone euro  est que nous avons une union monétaire mais il nous n’avons pas d’union bancaire et l’union budgétaire est quasiment inexistante», relève Strauss-Kahn. L’homogénéité de la zone et donc la multiplicité des points de désaccords ne facilitent pas les prises de décisions. Du coup, «la zone euro s’oriente vers une période assez longue de croissance très faible parce que les décisions qui doivent être prises ne le sont pas», estime Strauss-Kahn. De plus, la faiblesse de la croissance donne lieu aujourd’hui à la hausse du chômage, des fermetures d’usines. C’est également une source de détérioration des comptes publics. «Nous avons des systèmes de sécurité sociale qui supposent pour leur équilibre une croissance économique entre 1,5 et 2%», relève Strauss-Kahn.
Au-delà des Etats, la dette du secteur privé est immense. Pour les experts, la nécessité du désendettement va ralentir la croissance. En outre, le coût de financement des entreprises est jugé trop élevé malgré la détente des taux des dettes souveraines des pays les plus fragiles de la zone. Du coup, les entreprises investissent moins. En plus des dettes abyssales, les Etats doivent aujourd’hui faire face à un recul des capacités de production et de la compétitivité des entreprises. Cette situation est aggravée par la surévaluation de l’euro.

Verbatim

■ «Si le Maroc veut qu’une partie du continent accepte une collaboration positive avec lui, il doit faire envie»

■ «L’on peut difficilement faire du Maroc un pôle attractif pour les pays subsahariens sans que lui-même ne fasse suffisamment le ménage en matière budgétaire».

■ «Pour que le modèle marocain soit décisif, illustratif, s’érige en véritable modèle, il faut que le Maroc réussisse économiquement».

■ «Nous avons quelques hirondelles qui sont venues annoncer le printemps. Mais, elles ont le cerveau d’une hirondelle. Et tous ceux qui racontent que la crise est derrière nous sont en train de nous préparer des lendemains qui déchantent».

■ «Le problème de la zone euro est que nous avons une union monétaire mais nous n’avons pas d’union bancaire et l’union budgétaire est quasiment inexistante»

F. Fa

 

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