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Politique Internationale

La Tunisie rebascule dans le chaos

Par L'Economiste | Edition N°:3963 Le 07/02/2013 | Partager
Le meurtre d’un opposant embrase le pays
Des manifestations sévèrement réprimées

Une foule de militants en colère a suivi l’ambulance qui transportait Chokri Belaid à l’hôpital. Suite à son décès, ils étaient des milliers à manifester contre Ennahda, principal accusé de ce crime politique. Ces manifestations ont été réprimées par les autorités, notamment à coups de gaz lacrymogènes et de matraques 

L’après révolution est décidément plus difficile à gérer que la révolution elle-même. La Tunisie l’apprend ses dépens depuis la chute de Benali, mais de manière encore plus prononcée aujourd’hui. L’assassinat de Chokri Belaid, une figure de proue de l’opposition, a embrasé tout le pays. Cet homme, réputé pour ses idéaux foncièrement anti-islamistes, décrit comme un militant de tendance marxiste panarabe, a succombé à des blessures par balles, hier, mercredi 6 février. Le tireur l’a surpris tôt le matin devant chez lui, à Tunis. Ce fait divers a provoqué de nombreuses réactions, que ce soit en Tunisie et à l’étranger.
La nouvelle a résonné comme un nouvel appel à la révolution. Des manifestations sévèrement réprimées par les autorités, ont immédiatement éclaté partout dans le pays, répondant notamment à l’appel de l’Union générale tunisienne du travail, l’UGTT. Cette formation syndicale dont le pouvoir n’est plus à prouver, a en effet appelé le peuple à occuper la rue, contre la violence, le meurtre, les assassinats, l’impunité, et «leurs parrains». L’UGTT se gardait pourtant de «mettre de l’huile sur le feu», malgré l’entêtement du Premier ministre Hamadi Jebali à l’exclure du dialogue national (voir L’Economiste n° 3957du 30 janvier). Mais tous les regards semblent se tourner vers Ennahda, ou du moins vers sa base radicale. Des vidéos d’appel au meurtre, comprenant celui de Belaid, ont fait le buzz sur internet. La toile s’indignait de la non-réaction du gouvernement à ces menaces, et se soulevait contre le message de Jebali qui «sonnait faux» et «hypocrite». Si certains prennent encore des gants pour accuser le parti de Ghannouchi, la famille du défunt y va franco.
Le Président tunisien, un laïc proche des islamistes au pouvoir, qui se trouvait à Strasbourg hier pour parler finances et endettement, est rentré précipitamment à Tunis. Mais avant, il a ému tout le Parlement européen en évoquant le décès de son «ami». «Cet assassinat politique, c’est une menace, c’est une lettre envoyée, mais qui ne sera pas reçue». Un message d’espoir pour les révolutionnaires, donc, mais qu’il est difficile d’appréhender en toute sérénité, déjà que la troïka gouvernementale frôle l’implosion.

Chokri Belaid

 

Chokri Belaid, 48 ans, était un farouche opposant aux islamistes au pouvoir. Coordinateur général du Parti des patriotes démocrates, il a rejoint l’alliannce des mouvements de gauche (Front populaire), qu’il a constituée en octobre 2012 avec une dizaine de groupuscules d’extrême gauche et nationalistes arabes, qui se pose en alternative au gouvernement actuel (voir L’Economiste n° 3957du 30 janvier). Belaid était aussi un avocat féru de droits de l’Homme, et a souvent plaidé dans des procès politiques sous le régime de Benali. Chokri Belaid est souvent entré en confrontation avec Rached Ghannouchi, et accusait son parti (Ennahda) d’avoir attaqué un rassemblement de ses partisans.

Rime AIT EL HAJ

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