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Fès/Ader: Avec le risque de faillite, grande menace sur la médina!

Par L'Economiste | Edition N°:3963 Le 07/02/2013 | Partager
L’Agence ne dispose plus de fonds pour fonctionner
Ses employés réclament entre autres le règlement des arriérés
La balle est dans le camp de l’Intérieur

Un total de près de 200 victimes en deux décennies. Le programme de lutte contre l’habitat menaçant ruine à Fès concerne près de 9.000 bâtisses, dont 3.800 classées au 1er degré de dangerosité 

Situation critique: l’Agence pour la dédensification et la réhabilitation de la médina de Fès (Ader-Fès) n’a plus de fonds pour fonctionner. Son personnel le sait et a manifesté vainement depuis des mois mais rien n’y fait. Son dernier Conseil d’administration a été vécu comme des funérailles. Le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, tout comme le wali de la région, et le vice maire de Fès, n’ont pas trouvé les mots pour redonner de l’espoir pour une agence qui fêtera cette année son 24e anniversaire. Faute de budget, l’Agence est aujourd’hui dans l’impasse. «Considérée comme l’institution unique, sur le plan national, à qui revient l’immense honneur de s’occuper de la réhabilitation d’une cité historique de la dimension de la médina de Fès, l’Agence a veillé au grain avec rigueur, méthode et abnégation», tient à préciser Fouad Serhini, son directeur. Selon lui, la vie de son établissement a connu des situations difficiles qui ont fortement forgé et enrichi l’expérience de Fès, considérée, aujourd’hui comme une référence incontournable aux niveaux national et international en matière de réhabilitation des sites historiques.
Rappelons que l’Ader emploie une cinquantaine de personnes qui ont longtemps manifesté pour dénoncer leur situation. Principales revendications: salaires, arriérés et départs volontaires. Contactés par L’Economiste, ces employés réclament «le renforcement de la structure de l’Agence sur le plan juridique et financier, le règlement des arriérés depuis 1991 jusqu’à mars 2002, et la mise en œuvre de la formule «départ volontaire» conformément aux décisions du conseil d’administration du 25 février 2009 et l’avis de la direction générale de l’Ader-Fès en date du 18 juin 2010». Pour eux, «l’Agence connaît depuis quelques années une crise de trésorerie». De fait, ils ne perçoivent pas leurs salaires et attendent la création de cette agence nationale annoncée par le gouvernement actuel qui pourrait intégrer l’Ader comme filiale et lui octroyer les fonds nécessaires à son fonctionnement.
Historiquement, avec le développement d’une vision stratégique pour la réalisation des objectifs du projet, la création d’un organisme chargé des programmes afférent à la réhabilitation de la médina s’est imposée. Ce fut, donc, le lancement de l’Agence le 23 juin 1989, en tant que société anonyme avec un capital de 5 millions de DH. Depuis sa mise en place, l’Agence a établi un lien direct entre la problématique de la réhabilitation de la médina et ses spécificités sociales et économiques. Les études réalisées ont révélé un taux de pauvreté dépassant dans certains quartiers 34% et le bâti menaçant ruine représentant plus de 10% de l’ensemble des bâtiments de la médina dont le parc est estimé à 14.000 constructions. Reste que l’établissement n’en est pas à sa première crise. En 1999 déjà, l’Ader a connu un déficit budgétaire poussant le ministère de l’Intérieur, en 2001, à procéder à une augmentation de son capital d’un montant de 30 millions de DH pour le règlement des arriérés dus aux entreprises. Suite à cette restructuration, un nombre d’ouvriers, travaillant dans le cadre de la régie, ont été licenciés. Aussi, il a été demandé à l’Agence de ne plus mener, ni intervenir dans les opérations immobilières et de se focaliser uniquement sur les opérations de réhabilitation et de restauration. En 2007, une convention a été signée entre l’Ader-Fès, la Direction générale des collectivités locales (DGCL) et le conseil de la ville de Fès. En vertu de cette convention, un soutien financier de 7 millions de DH a été attribué à l’Agence au cours des années 2007, 2008 et 2009. En 2010, une autre augmentation de capital (19 millions de DH) a été adoptée.
Aujourd’hui, l’établissement est confronté à une situation financière critique, qui menace l’avenir de 60 familles. Un avenir qui est désormais entre les mains du ministère de l’Intérieur. En effet, l’Ader a été mise en place par les autorités sous forme de société anonyme dont l’Intérieur préside le conseil d’administration. Sa mission réside dans la planification et l’exécution des programmes de sauvegarde de la cité idrisside. Mais, aujourd’hui, l’Ader est au bord de la faillite alors que la médina, elle, menace ruine surtout après les fortes précipitations de la semaine dernière. Celles-ci ont par ailleurs causé trois effondrements de vieilles bâtisses qui, fort heureusement, n’ont fait aucune victime.

5.000 bâtiments à risque

 

A Fès, tous les responsables reconnaissent que les expériences accumulées par l’Ader, lui ont permis d’intervenir avec célérité et efficacité dans un tissu
architectural jugé fragile et précaire. Ainsi, son action quotidienne dans les bâtiments menaçant ruine, l’amélioration du paysage urbain, l’infrastructure, l’évacuation des ruines pour l’amélioration des conditions de vie des habitants, en coordination avec les associations et les amicales de quartiers ainsi que d’autres intervenants, sont des exemples éloquents de sa maîtrise des dossiers, notamment le développement des sites historiques. Il faut dire aussi que si son intervention a «stoppé» en quelque sorte l’hémorragie des effondrements, la médina de Fès compte encore pas moins de 5.000 bâtiments à risque.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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