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Forum de Paris - Casablanca Round
«Nous ne toucherons pas au dirham»
Nizar Baraka, ministre de l’Economie et des Finances

Par L'Economiste | Edition N°:3963 Le 07/02/2013 | Partager
Le ministre est favorable à une flexibilisation du régime de change
La baisse du crédit à l’équipement à mettre sur le compte de l’attentisme

Le Maroc a une opportunité historique qui s’offre à lui à condition que chacun y mette du sien 

L’investissement reprendra en 2013 et la croissance sera plus soutenue. Nizar Baraka, ministre de l’Economie et des Finances reste optimiste. La feuille de route arrêtée par le gouvernement et la mobilisation des financements extérieurs vont se traduire par une accélération de l’investissement.

 

- L’Economiste : Les opérateurs redoutent un effet décalé de la crise financière. Quels sont vos pronostics?
-Nizar Baraka:
Nous avons constaté un attentisme de la part des opérateurs économiques particulièrement nationaux. Le rythme de l’investissement privé ne s’est pas accéléré. Mais en parallèle, nous avons un retour des investissements étrangers et aussi la confiance de la communauté financière internationale ainsi que celle des organismes internationaux.
Des signes de légère reprise sont enregistrés au niveau mondial. Selon les dernières prévisions du FMI (23 janvier 2013), la croissance est estimée à 3,5% en 2013 (contre 3,2% de 2012). 
Nous nous attendons à une croissance soutenue en 2013. L’année agricole se présente bien et  le gouvernement va accélérer le rythme des réformes structurelles. Celles-ci nécessitent une concertation et une mobilisation de l’ensemble des acteurs. Nous avons lancé plusieurs chantiers et mesures qui vont nous permettre de nous inscrire dans un sentier de croissance soutenue et solide. C’est le cas de l’accompagnement des PME, la baisse de l’impôt sur les sociétés, le décret sur les marchés publics, la réforme de la fiscalité….

 

- Quel est votre marge de manœuvre sur le budget pour les prochains mois? 
- La loi de Finances obéit à un double objectif: préserver les équilibres macro-économiques et dynamiser la croissance et la compétitivité tout en soutenant l’emploi et l’investissement. Nous nous sommes également engagés sur un déficit de 4,8% du PIB. Pour cela, nous comptons réaliser un point de PIB supplémentaire sur les recettes fiscales. Nous avons aussi baissé les dépenses de fonctionnement d’un point et demi du PIB et nous comptons mobiliser de nouvelles recettes via une meilleure valorisation du domaine public et une meilleure vision du rôle de l’Etat actionnaire.
Par ailleurs, nous avons travaillé sur un nouveau montage de financement tel que  le partenariat public/privé. Nous comptons aussi sur les appuis financiers qui seront accordés par les pays du Conseil de Coopération des États arabes du Golfe. Ceux-ci devraient nous permettre de financer certains investissements publics inscrits dans la loi des Finances. 

 

- Les crédits à l’équipement ont fortement baissé en 2012. Cela ne confirme-t-il pas l’hypothèse de désinvestissement?
- En 2012, de nombreux projets étaient en cours de finalisation. Nous avons mis en place une commission qui suit les grands investissements ainsi que les conventions signées. Nous avons connu une période assez particulière avec les événements au niveau régional et aussi la problématique des liquidités. Tous ces éléments réunis ont fait que l’investissement privé a marqué le pas. La feuille de route que nous avons arrêtée, les moyens que nous sommes en train de mobiliser sur le plan des financements extérieurs pour baisser la pression en interne, les intentions affichées ainsi que les conventions signées vont se traduire par une accélération de l’investissement en 2013.
Le Maroc a fait de l’industrie, avec le Pacte National pour l’Emergence Industrielle, et ses six métiers mondiaux , le fer de lance de son développement. De nouveaux secteurs prometteurs ont même été identifiés et font l’objet d’une stratégie spécifique, à savoir l’industrie pharmaceutique, la chimie-parachimie et les BTP.

 

-Au Maroc, le secteur bancaire est solide, mais la politique de change reste un facteur de fragilisation. Que reste-t-il à améliorer?
-Nous continuons à travailler sur une flexibilisation du régime de change. Par contre, sur le taux de change, nous n’allons pas dévaluer la monnaie. Cela serait très coûteux sur le plan du déficit de la balance de paiement. Une dévaluation serait également onéreuse sur le plan budgétaire puisqu’elle se traduirait par un creusement du déficit. Dans cette logique de flexibilisation des régimes de change, nous allons accompagner les opportunités d’investissement à l’extérieur. Le gouvernement est là pour aider les entreprises qui veulent s’installer à l’international pour servir de relais de croissance supplémentaires et aussi pour faciliter les possibilités d’exportation.

 

- Les contribuables n’ont toujours pas digéré l’application de la contribution de solidarité. A-t-on suffisamment préparé ce nouveau  dispositif fiscal?
-Nous parlons de 25.000 contribuables dont une partie a du mal à digérer cette contribution. Le Maroc a une opportunité historique qui s’offre à lui à condition que chacun y mette du sien. C’est d’ailleurs le message que j’ai cherché à faire passer à cette édition du Forum de Paris. Nous avons un cap difficile à passer, soit  2013, 2014 et 2015. En attendant la reprise et le temps que les stratégies sectorielles produisent pleinement leur effet, l’Etat doit se serrer la ceinture. Les contribuables aisés doivent aider pour plus de solidarité. Ce qui permettra aux catégories pauvres de rompre le cycle intergénérationnel de pauvreté. La contribution de solidarité servira à financer Tayssir, le Ramed et à soutenir les familles pauvres dont les enfants sont handicapés. Ce sont ces valeurs de solidarité qu’il faut retrouver.

 

-Le calendrier de réforme de la compensation tarde à se mettre en place. De plus, l’octroi d’une aide directe inconditionnelle est critiqué…
-Nous avons tenu une réunion mardi avec la majorité, les syndicats et la société civile. C’était un débat ouvert et l’occasion de clarifier beaucoup de choses. Tous les scénarios ont été étudiés: d’une vérité des prix totale à un système où l’on maintiendrait le statu quo. Ces scénarios seront  examinés au niveau du gouvernement et par la suite avec les partis de l’opposition et les acteurs économiques. Ce qui est sûr, c’est que  la réforme est urgente ainsi que le besoin de contenir la compensation à un niveau supportable du budget de l’Etat. La notion de soutien des populations pour faire face aux impacts de la réforme est également acceptée par tous. Aujourd’hui, nous savons où nous allons mettre le curseur, à quel niveau et à quel rythme. Lors de cette réunion trois grandes conclusions ont été retenues. La première, c’est que nous devons réaliser cette réforme et les contours doivent en être définis au cours de cette année. Deux, la réforme ne peut se faire que dans la progressivité. La troisième conclusion est d’investir les expériences réussies tant au niveau national qu’international.

Un pacte de progrès et une intégration maghrébine

C’est une mise en garde de Nizar Baraka, ministre de l’Economie et des Finances. « La vigilance doit rester de mise. Les politiques d’austérité menées commencent à atteindre leurs limites. Certaines aberrations, comme la décorrélation entre les prix réels et sur les marchés des matières premières, n’ont pas été corrigées. Pour éviter une rechute et maintenir le cap de la reprise, il faut envisager une rupture dans les solutions mises en oeuvre ». La résorption de la crise et l’instauration de la confiance des opérateurs et des populations nécessitent une mobilisation immédiate, à la fois à l’échelon national et régional. Au niveau national, Baraka défend l’idée «d’un pacte national de progrès ». Celui-ci devrait réunir l’ensemble des acteurs économiques, politiques et civils dans un effort commun pour « faire aboutir les réformes structurelles engagées par le Maroc». En revanche, au niveau régional, l’intégration économique du Maghreb devient une nécessité. Cela permettra de constituer un bloc commercial important, bénéficiant de synergies et d’une taille critique pour optimiser ses échanges avec les autres zones géographiques dans le monde, notamment ses voisins européens et africains.

Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

 

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