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Politique Internationale

Crise en Tunisie: Le gouvernement sur le point d’imploser

Par L'Economiste | Edition N°:3962 Le 06/02/2013 | Partager
Ennahda a une semaine pour céder la Justice et les Affaires étrangères
Le dilemme de Jebali : convaincre ses alliés ou son parti ?

Ennahda est dans une position périlleuse. En quelques mois de pouvoir marqués par des manifestations incessantes, (comme ici à Tunis la semaine dernière), ce parti a désormais réussi à avoir la rue, ses alliés, et même une partie de sa base contre lui 

A défaut de compromis sur le remaniement ministériel, la pression s’accentue sur Ennahda, dont les alliés menacent de faire imploser le gouvernement. Les deux partis de centre-gauche qui siègent avec Ennahda au gouvernement, à savoir le Congrès pour la république (CPR) et Ettakatol, ont fixé un ultimatum d’une semaine si le parti islamiste refuse de céder les ministères régaliens, et notamment celui de la Justice et des Affaires étrangères (voir L’Economiste n° 3957 du 30/01/2013). Après des déclarations d’apaisement, qui laissaient tout de même deviner des négociations ardues en coulisse, la tension est montée d’un cran entre les partenaires. Samir Benamor, responsable au sein du CPR, a ainsi expliqué que son parti «a décidé de retirer ses ministres du gouvernement si Ennahda n’effectue pas d’ici une semaine un changement à la tête des ministères de la Justice et des Affaires étrangères». Une décision appuyée par Ettakatol (parti du Président de la république), qui donne aussi le même délai d’une semaine à Jebali avant de mettre sa menace à exécution. Si la troïka venait à éclater, Ennahda en sortirait affaibli, vu que tous les partis de l’opposition consultés refusent de s’associer à une équipe gouvernementale jugée incapable de relever le défi postrévolutionnaire.
Le premier ministre Hammadi Jebali ne sait plus où donner de la tête : convaincre ses alliés qu’un remaniement n’est pas nécessaire, ou convaincre son parti de la nécessité de ce remaniement pour ne pas perdre ses alliés. En effet, la question ne fait pas du tout l’unanimité au sein d’Ennahda, et crée même des clivages internes. Jebali et Rached Ghannouchi ne sont pas sur la même longueur d’ondes. Ce dernier refuse mordicus que les ministères régaliens soient cédés à des indépendants, ou même à des alliés. Pour appuyer cette position, Lotfi Zitoun, un homme influent au sein du parti et proche de Ghannouchi, a tout bonnement annoncé sa démission. D’ailleurs, Jebali, qui se disait prêt à céder les affaires étrangères en délogeant symboliquement Rakik Abdessalem (gendre du chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi), est aujourd’hui attaqué pour cette prise de position par les ultras d’Ennahda. Le parti islamiste étale au grand jour ses convergences, perd de sa crédibilité déjà émoussée par des mois de pouvoir, et se tire une balle dans le pied en s’exposant à l’incertitude que créerait l’implosion du gouvernement. 


Rime AIT EL HAJ

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