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Forum de Paris Casablanca Round 2013

Forum de Paris - Casablanca Round
Protectionnisme, l’enfant terrible de la crise

Par L'Economiste | Edition N°:3962 Le 06/02/2013 | Partager
Une recette qui a permis de générer de la croissance dans des pays émergents
Les Brics limitent l’accès à certains secteurs de leur économie, avec succès
La fin du modèle de l’Omc?

Le protectionnisme peut créer de la croissance. Les cas de la Chine, de l’Indonésie et des philippines illustrent parfaitement cette situation  avec des taux de croissance importants. A l’opposé, la Thaïlande et la Malaisie arrivent à obtenir des résultants comparables avec un fort taux d’ouverture de leur économie. En somme, aucun des deux modèles n’est, à lui seul, la clé de la croissance. La stratégie à l’international doit être accompagnée par des projets industriels locaux.

Le protectionnisme est un sujet des plus tabous dans les débats économiques. Souvent décrit comme ennemi du développement économique, il revient de plus en plus sur les devants de la scène ces dernières années. En effet, la montée du protectionnisme dans le monde s’est fait clairement ressentir depuis la crise de 2008. Des écoles moins radicales reconnaissent aujourd’hui qu’un protectionnisme intelligent est un préalable indispensable à la croissance. Une politique exacerbée par les périodes de crise. Selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le nombre de mesures protectionnistes initiées en 2011 s’élève à 340 contre 220 en 2010. «Il n’y a pas de résurgence majeure du protectionnisme, mais nous avons engagé une surveillance renforcée de certains pays», explique Marc Auboin, conseiller économique chargé des questions de commerce, de finances, et cohérence des politiques économiques au sein de l’OMC. Mais sur les terrains les choses sont différentes. L’organisme Suisse Global trade alert (GTA), spécialisé dans l’étude des mesures commerciales dans le monde, révèle dans son dernier rapport que trois mesures protectionnistes sont prises pour une mesure libérale depuis juillet 2011. Les pays émergents sont, de loin, les plus friands de dispositifs protectionnistes. Le pays qui illustre parfaitement cette tendance protectionniste est le Brésil. Une situation qui créé des tensions entre Brasilia et Bruxelles. Concrètement, le Brésil a imposé des droits de douane de 30% pour tous les véhicules extérieurs au Mercosur. Cette décision s’est imposée suite à l’augmentation de la part des véhicules importés de 16 à 23% sur le marché brésilien. Cependant, la mesure qui a fait le plus de bruit vise l’origine des intrants automobiles. Le Brésil a mis en place des taux d’imposition en fonction de la part de composants issus du pays. Une façon d’éviter que les constructeurs se contentent d’assembler des pièces venant de Chine. Le Brésil est loin d’être le seul pays ayant une économie à tendance protectionniste. L’Argentine dispose de 192 mesures protectionnistes avec une nette croissance depuis 2008, selon l’Organisme suisse, GTA. Sous prétexte de ne pas déséquilibrer sa balance des paiements, alors que son accès aux marchés financiers reste restreint, l’Argentine impose une série de restrictions «informelles» aux importations: Porsche a dû s’engager à acheter du vin et de l’huile d’olive argentins pour faire entrer une centaine de voitures, et BlackBerry a ouvert une usine en Terre de Feu pour continuer à vendre ses téléphones mobiles. Pour soutenir leur tissu industriel d’autres pays optent également pour des mesures protectionnistes que ce soit des barrières douanières ou non. La Russie soutient particulièrement son industrie automobile avec 172 mesures recensées. «La Russie est l’un des pays qui recourt le plus fréquemment à des mesures restrictives susceptibles d’être non conformes à ses obligations alors qu’elle est devenue récemment membre  de l’OMC», souligne Dr Abderrahmane Mebtou, professeur des universités expert international en management stratégique. A elles seules, la Chine et l’Inde comptent respectivement 95 et 101 mesures protectionnistes. «Les pays émergents dont la Chine sont de plus en plus sceptiques quant aux vertus de la mondialisation, certaines grandes puissances  souhaitant protéger leurs marchés», explique Mebtou. En effet, face au libre échange, les Etats-Unis ont également développé une attitude ambivalente en multipliant les aides aux secteurs en difficulté depuis 2009. Cette tendance a conduit à l’émergence de la dé-mondialisation. Il s’agit de réorienter les économies, de la priorité à la production pour l’exportation, à celle pour la production destinée aux marchés locaux. Une forme d’alternative au modèle de l’OMC. Cependant, la grande nouveauté, c’est le retour des pensées protectionnistes en Europe, et en particulier en France. Arnauld Montebourg, ministre français du Redressement  productif, est devenu un symbole du protectionnisme, qu’il prône avec ferveur. Il parie sur l’encouragement de la consommation de la production locale pour doper l’économie. Un discours apprécié par la rue dans ce contexte de crise. D’autres courants européens plaident pour un protectionnisme européen raisonné. Il s’agit de mettre en place des barrières douanières autour de l’UE pour les produits et services provenant de pays qui ne respectent pas les conditions de travail de l’Organisation internationale du travail. Une façon de contrer les offensives chinoise et même indienne qui mettent à mal l’économie européenne. Cependant, la question d’un retour vers le protectionnisme est loin d’être tranchée au sein de l’UE. 

Les pour et les contre

 

Le protectionnisme est une arme à double tranchant. Tant son utilisation intelligente dans un contexte de développement économique du pays peut être bénéfique, tant le super-protectionnisme déconnecte le pays de l’évolution mondiale. Ainsi, cette politique permet une plus grande sécurité de l’emploi dans certains domaines. Non ouvertes à la concurrence mondiale, les entreprises peuvent prétende à une plus grande longévité. En fait, le protectionnisme est supposé assurer la stabilité des industries nationales. Dans certains cas, il permet le développement économique de l'Etat qui le met en pratique. Cependant, le protectionnisme doit faire partie d’une stratégie de développement économique. Sans une vision à long terme, il peut contribuer à une baisse de  la variété de produits de consommation contrairement au libre-échange. En revanche, le protectionnisme peut être appliqué à certains secteurs dans lesquels le pays compte se spécialiser. 

 

Pas que des mesures douanières!

 

Si la forme la plus visible du protectionnisme est la mise en place de barrières douanières d’autres mesures non tarifaires sont beaucoup plus contraignantes. Il s’agit de lourdeurs administratives pour l’importation ou de normes techniques et sanitaires. A titre d’exemple, dans l’agriculture, certains produits sont soumis à des normes de calibrage très strictes. En outre, un pays peut instituer dans les politiques de passation des marchés publics une préférence pour les produits fabriqués localement ou un quota d’entreprises locales.

BOUMNADE Ilham

 

 

 

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