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Forum de Paris Casablanca Round 2013

Forum de Paris - Casablanca Round
Pour des finances moins «intelligentes», mais plus perspicaces
Par Mohamed KETTANI, président de Attijariwafa bank

Par L'Economiste | Edition N°:3962 Le 06/02/2013 | Partager

Mohamed Kettani, président de Attijariwafa bank, patronne les débat de l’après-midi au Forum de Paris- Casablanca Round, consacrés à la recherche de solutions qui fonctionnent. Il propose de rendre les règles financières plus simples, mais pas moins impératives
 

La théorie du chaos analyse le comportement et la prédictibilité de certains phénomènes et systèmes dans le monde. Ces systèmes, bien que déterministes, sont tellement complexes et instables qu’ils deviennent très sensibles à des évènements mineurs et donc imprédictibles. C’est le célèbre effet papillon (…) qu’on a vu à l’œuvre dans  les printemps arabes comme dans la crise des subprimes. La complexité et l’instabilité des régimes politiques, dans un cas, et des marchés financiers, dans l’autre, peuvent conduire à une extrême sensibilité par rapport à des évènements mineurs. Nous gérons le chaos à partir du moment où nous sommes en mesure de concevoir des environnements simplifiés. La simplicité des environnements et des systèmes les rendent prédictibles et résistants. Au contraire, plus les environnements sont complexes, plus ils sont sensibles à des évènements chaotiques et aléatoires.
La crise financière a eu beaucoup moins d’effets sur les pays émergents que sur les pays développés. Dans les pays développés, la complète dérégulation a entraîné un endettement excessif des ménages bien au-dessus de leurs moyens. Cet endettement a été facilité et encouragé par une très grande disponibilité de capitaux et de liquidité sans prise en compte du risque sous-jacent.
En fait, ce risque était pris, parfois consciemment, par des intermédiaires sans scrupules, ou le plus souvent «inconsciemment» à cause de la complexité des produits financiers et une confiance mal placée dans les modèles de gestion de risque et les modèles de notation.

 

Décomplexons la «décomplexification»

Dans la majorité des pays en voie de développement, les garde-fous de la régulation ont mieux marché: la simplicité des règles prudentielles et l’intransigeance des autorités sur le contrôle et le respect de ces règles ont permis d’éviter à ces pays des conséquences qu’ils n’auraient jamais eu les moyens de gérer.
Les régulateurs de plusieurs pays en développement ont préféré être moins «intelligents» et ont maintenu des règles prudentielles simples, évitant ainsi les erreurs d’appréciation du risque et de levier excessif. Aujourd’hui encore, les économies du monde entier souffrent du long processus de «delevraging» des banques.
Le système bancaire marocain  a fait d’ailleurs partie de manière remarquable de ces pays qui ont su préserver un régime prudentiel stable et solide qui l’a préservé de l’onde de choc de la crise financière avant sa propagation vers la sphère réelle. 
La simplification ou «décomplexification» des systèmes banc

aires ne veut pas dire le frein à l’innovation financière, loin de là. Il s’agit surtout d’avoir des règles compréhensibles et vérifiables, qui soient stables et rigoureuses. Une dérive prudentielle vers l’assimilation de plus en plus de complexité peut amener à une situation très instable. Il est du ressort de l’innovation financière de s’adapter aux règles prudentielles et non le contraire.
Aujourd’hui, la tendance n’est pas à la simplification des règles prudentielles.
La dernière version du rapport de Bâle III comporte plus de 500 pages et 78 équations de calcul. Nous sommes très loin des quelques ratios arithmétiques de la première conférence baloise.
La gestion du risque est l’essence même de la banque.  Les banques qui survivent aux chocs et aux aléas sont les banques qui adoptent des règles simples, claires et solides. Tels les immeubles antisismiques, elles survivent aux aléas des tremblements de terre. Les autres banques, celles qui sacrifient la solidité au profit de la complexité, restent à la merci du moindre battement d’aile de papillon.  

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