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Forum de Paris Casablanca Round 2013

Forum de Paris - Casablanca Round
Matthieu Pigasse: Le banquier «révolutionnaire»

Par L'Economiste | Edition N°:3962 Le 06/02/2013 | Partager
Il s’inquiète des risques pesant sur le «modèle européen»
La protection des acquis tourne à l’immobilisme
L’Europe «par les vieux pour les vieux»

Matthieu Pigasse (à droite) avec Oscar Oneyma, DG de la Bourse nigériane, au cours d’un séminaire sur les stratégies de développement des entreprises africaines 

MATTHIEU Pigasse est l’une des stars du Forum de Paris-Casablanca Round. Il est banquier d’affaires chez Lazard Frères France. Il vient de créer Lazard Afrique. Le banquier a mené au Maroc plusieurs missions de conseil, notamment auprès des autorités financières et monétaires.
Le conférencier du Forum de Paris-Casablanca Round de 2013 est aussi un «people» dans les milieux branchés français, suite à la reprise du magazine culturel de gauche les Inrockuptibles et la prise de participation dans le journal Le Monde, avec deux autres personnages hors norme, Pierre Berger et Xavier Neil.
Pour le banquier d’affaires, les crises financières ne sont finalement que le résultat d’autres crises, morales et idéologiques, qui amènent  les jeunes vers une sorte de «No future». Les symboles en sont les Mouvements des Indignés, dont la version marocaine est sans doute le Mouvement du 20 février. Ils identifient très clairement les maux, mais n’arrivent pas à formuler des programmes.
Même la langue, même les langues se dérobent devant l’ampleur de la désillusion (voir le propos du linguiste Alain Bentolila en page XV).
«Le risque que (les Européens) courent c’est d’être des laissés-pour-compte de la croissance», puisque celle-ci vient intégralement de la mondialisation, où le vieil Occident est  submergé par ses dettes.
Les points d’équilibre sont franchis ou vont l’être très prochainement: les pays émergents, qu’il faut rebaptiser «pays émergés», consomment maintenant une grande part des matières premières, y compris énergétiques. Ils rachètent des entreprises symboles et déplacent  le cœur décisionnaire.
Matthieu Pigasse ajoute encore quelques éléments explicatifs. Des éléments qui parlent peu à un lecteur d’Europe, mais qui prennent un relief considérable, vus d’ici, au Maroc.
Il en va ainsi lorsqu’ en observant la France ou le Vieux continent, l’auteur donne les chiffres des mal ou pas logés, lorsqu’il fait le compte des travailleurs pauvres, de l’accroissement immense des écarts sociaux… Ces phénomènes sont vécus comme une malédiction toute entière venue de la mondialisation. Ils débouchent sur des revendications de  statu quo ou de préservation des avantages acquis. L’aversion pour le risque décourage toutes les mobilités et toutes les initiatives.
«Ce n’est pas le G8 ou le G20 qui gouverne, c’est le GZéro, c’est-à-dire la gouvernance par le vide», écrit Pigasse. Les remises en cause y sont rares: l’Europe tout entière est «gouvernée par les vieux pour les vieux».
Si son analyse «parle» bien aux observateurs extérieurs à l’Europe, en revanche, les solutions qu’il propose en 6 points sont parfois un peu effrayantes.
Certes, il ne parle pas de «relocalisation» à la Montebourg, le ministre français qui a fait des centres d’appels marocains le symbole des fautes de chômage, mais il n’en est pas très loin quand il veut «tout faire pour maintenir le centre de gravité (des entreprises) en France». De manière plus neutre, l’auteur souhaite rétablir l’égalité fiscale entre les revenus du travail et ceux du capital. L’inégal traitement de deux types de revenus est à ses yeux l’un des facteurs les plus puissants pour que les inégalités deviennent cumulatives. Mais il s’oppose fermement à l’idée d’une TVA sociale, dont le principe séduit le patronat et le gouvernement du Maroc.
En revanche, ses lecteurs et auditeurs apprécieront que le célèbre banquier d’affaires prêche pour un «projet européen fort» (qu’il ne définit pas précisément): la plus forte des locomotives du Maroc est européenne.

 

 

N. S.

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